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Quoi de neuf sur la vitamine D ?

 

La vitamine D est surtout connue pour promouvoir la santé de l'os mais elle agit comme une quasi hormone sur de très nombreux types de cellules. C'est une vitamine liposoluble qui se stocke dans les tissus gras de l'organisme. La synthèse de vitamine D se fait via la transformation du cholestérol via les UVB solaires ou par la voix alimentaire et la complémentation sous forme de vitamine D2 ou mieux de D3, la forme active. La complémentation doit se faire au cours d'un repas comportant des apports en corps gras suffisants.

L'apport de vitamine D aux enfants pour lutter contre le rachitisme a été introduit dans les années 30 dans les pays développés, via la supplémentation du lait aux USA et la prise d'un complément en France jusqu'à une date récente où la complémentation du lait a été autorisée. Le rachitisme est une maladie de la période de croissance qui se manifeste par des déformations du squelette. La vitamine D agit en favorisant la fixation du calcium par l'os. L'étendue des carences franches nécessitant une hospitalisation semble faible (lire p. 3/12), mais les états de carences partielles probablement très fréquents sont très mal documentés pour la France et ne donnent lieu à aucune politique de santé publique malgré l'importance majeure des enjeux.

Depuis quelques années on découvre de nouvelles applications potentielles très intéressantes de la vitamine D tandis que parallèlement on s'aperçoit de la très grande fréquence de carences en vitamine D, qui si elles ne sont pas de nature à induire le rachitisme caractérisé de l'enfance sont suffisantes pour induire ou favoriser chez l'adulte et l'enfant différents problèmes de santé. Les spécialistes ont aussi relevé régulièrement le niveau sanguin de vitamine D circulante nécessaire pour assurer une bonne santé. De très larges franges de la population sont en dessous des apports nécessaires en vitamine D, même selon les critères limitatifs actuels. Ceci plaide pour une complémentation d'une partie importante de la population en particulier pendant la période de plus faible ensoleillement.

Il n'est pas facile d'écrire sur la vitamine D compte tenu de l'action variée et très complexe de la vitamine D dans le corps, du flot d'étude qui sortent sur le sujet et de la multitude d'effets positifs de la vitamine D sur le système osseux, cardio-vasculaire, immunitaire et contre le risque de divers cancers. Par ailleurs de nombreux sites écrivent déjà d'excellentes choses sur la question.

Cette page a comme point de départ nos billets consacrés à la vitamine D que nous avons répartis par thème et complètement réécrits et actualisés

Vitamin D Council (site américain)
Qualitycounts (site américain) nous parle de la vitamine D
Synthèse endogène : Les UV du soleil et les UV des lampes à bronzer
Scandale de santé publique sur le apports en vitamine D : minimum et optimum - les dosages efficaces
D2 et D3 : attention aux ratios de conversion - Supériorité de la D3 dans les études cliniques
La vitamine D de l'enfant allaité au sein et de la mère - risque de rachitisme non diagnostiqué
Comment sont fabriqués les compléments alimentaires de vitamine D ?
Vitamine D et pré-éclampsie

Vitamine D : un rôle dans la préservation des fonctions neuro-musculaires ?
Les médicaments inhibiteurs de la vitamine D
La vitamine D et la régulation des fonctions neuro-hormonales
Vitamine D et système nerveux
La vitamine D stimule des peptides anti-infectieux
Vitamine D et tuberculose
Vitamine D et hépatite C
Les anciennes recherches du Dr. Knott sur l'irradiation UV du plasma
La vitamine D et la santé osseuse, les cofacteurs de la vitamine D
Vitamine D et santé cardio-vasculaire
Vitamine D et cancer
La vitamine D semble activer les télomérases
Gestion Santé a contribué à faire reformuler l'un des principaux multi-suppléments US, le Life Extension Mix !


Vitamin D Council (site américain)

Ce site Vitamin D Council est dirigé et a été créé par John Cannell, MD, un homme au parcours attachant et peu courant. C'est un médecin qui a fait tardivement des études de spécialisation en psychiatrie. Homme courageux et de passion, il s'est spécialisé depuis quelques années sur la question des apports en vitamine D qui lui semble un enjeu de santé publique majeur. Cela l’a amené à prendre une retraite anticipée pour lui permettre de se consacrer à plein temps à la promotion de la vitamine D, ce qu'il a pu faire grâce au soutien d'entreprise partenaires et de généreux mécènes. De ce fait la présentation du site devrait sensiblement évoluer en 2011 et 2012.

Outre un site d'information de premier ordre le Vitamin D Council devrait de plus en plus être un des centres d'expertise et de coordination de l'action auprès des décideurs et pouvoirs publics pour une utilisation prophylactique et thérapeutique de la vitamine D à des dosages efficaces dans ses nombreux champs d'application potentiels.

Je vous conseille, si vous lisez l'anglais de vous abonner à sa Vitamin D Newsletter et de lire les archives. C'est une mine d'or par rapport à l'actualité ainsi que pour différentes thématiques en rapport avec la vitamine D. Je vous conseille aussi de prendre le temps de lire les différentes rubriques du site.

Le Vitamin D Council est mon principal site de référence pour me documenter sur la vitamine D.

Le Dr John Cannell a été très longuement interviewé par Richard A. Passwater qui a déjà mis en ligne 5 parties de l'interview sur son site (une 6e est annoncée). A lire absolument si vous maitrisez l'anglais !

Qualitycounts nous parle de la vitamine D

Lettre d'information de http://qualitycounts.com (en anglais)

Il s'agit d'un site publiant une lettre mensuelle qui commente brièvement les études récentes concernant en particulier la complémentation nutritionnelle en donnant des liens vers les études concernées ou les meilleurs articles les commentant avec un bref commentaire introductif.

C'est un site qui est intéressant de connaître et de consulter en dehors de la question de la vitamine D proprement dite, c'est pourquoi je l'avais évoqué dans ma liste des sites de références : Site de décembre 2006 : Lettre d'information Qualitycounts

La vitamine D est régulièrement traitée par la Newsletter de QualityCounts à laquelle je vous conseille de vous abonner si vous lisez l'anglais. Exemple de notes prises sur le vif, lorsque j'ai signalé en 2005 le site pour ses articles sur la vitamine D :

(...) Des suppléments de vitamine D donnés à des résidents âgés de centres de soins non carencés en vitamine D réduit le risque de chute de 27 à 37% confirmant certaines études pécédentes ( http://www.nutraingredients-usa.com ).

(...) Consensus américain sur les apports en vitamine D chez la femme de plus de 50 ans. 70% des femmes de 51-70 ans et près de 90% des femmes de plus de 70 ans n'ont pas des apports adéquats. De plus il faudrait relever les apports journaliers recommandés ( http://www.docguide.com ).

Lire les articles recensés par qualitycounts sur la vitamine D

Synthèse endogène : Les UV du soleil et les UV des lampes à bronzer

Les UVB (ultraviolets B) de la lumière du soleil sont les seuls à permettre la synthèse endogène via la peau de  la vitamine D. C'est d'un point de vue quantitatif la voie principale d'apport en vitamine D. Même avec la complémentation en vitamine D de certains aliments, la voie alimentaire en vitamine D est tout à fait insuffisante et l'apport par des compléments ou pas irradiation solaire est indispensable. Les UVB transforment un dérivé hépathique du cholestérol, le 7-déshydrocholestérol en  cholécalciférol, une pré-hormone inactive, qui après un passage dans le foie puis dans les reins prend sa forme active (calcitriol) (lire les effets des ultraviolets du Soleil sur le corps humain - section b. La photosynthèse cutanée de la vitamine D). Il existe une corrélation positive entre le niveau de cholestérol circulant et le taux de vitamine D selon une étude de 2010, commentée ici. La vitamine D est synthétisée dans les couches profondes de l'épiderme puis diffuse par via la micro-circulation sanguine dans le reste du corps.

Vous pouvez bronzer à travers une vitre ou un pare-brise via les UVA, mais ces écrans suffisent à bloquer 95% des UVB du soleil (mais pas les UVA qui vont être seulement nocifs pour la peau !) et vous ne synthétiserez donc aucune vitamine D ! . Par ailleurs les UVA en quantité importante peuvent détruire la vitamine D créée par les UVB, (lire Dr Mercola, "Shocking Update -- Sunshine Can Actually Decrease Your Vitamin D Levels"). Le site lanutrition.fr propose un article très complet sur les différents UV, leur répartition suivant l'heure et la saison et qui fait également le point sur les risques de cancer de la peau. Cet article, "Ultraviolets et cancer : 9 questions" propose une analyse bénéfice / risque des UV, qui m'a semblé très pertinente, et il réhabilite une exposition raisonnée au soleil sans écran UV.

Beaucoup de personnes passent leur journée dans des bureaux à la lumière artificielle et en hiver ne mettent le nez dehors qu'avant ou après le levé du soleil pour aller et revenir du travail. Elles n'ont donc aucun apport solaire de vitamine D. Par contre l'été si vous exposez visage et bras au soleil dans la journée avec au moins 1/2 heure cumulée par jour (en exposition directe ou semi-directe au rayons du soleil) vous avez assez de vitamine D pour vous passer d'un complément alimentaire ces jours là, sauf si vous êtes enduits d'écran solaire anti UV (à vérifier si vous utilisez une crème de jour). Si vous jardinez tous les jours de l'année pendant une heure en extérieur ou avez d'autres activités du même type par temps dégagé vous avez aussi probablement des apports significatifs en vitamine D de mai à septembre, si vous habitez en France.Pour les mois d'octobre à avril inclus (mais cela dépend aussi de votre région) un supplément de vitamine D pourrait être très utile pour votre santé.

Il faut aussi savoir que, en moyenne, "Chez la personne âgée de 80 ans ou plus, la synthèse cutanée de la vitamine D ne représente plus que 25 % de celle d’un sujet de 20 ans."Une complémentation tout au long de l'année semble donc indispensable pour les plus de 80 ans.

On estime qu'un bain de soleil corps nu en été (sans crème anti-UV) apporte jusqu'à l'équivalent de 10 000 UI (dix mille) en une 1/2 heure à un adulte (il est inutile de prolonger l'exposition les UVA annulant la synthèse après un certain délai et c'est mauvais pour la peau). Ces 10 000 UI correpondent d'ailleurs au dosage de limite supérieur de sécurité généralement admis par les spécialistes pour la vitamine D pour les apports par voie alimentaire.

Il serait très intéressant de pouvoir proposer aux populations ayant des apports naturels faibles en UVB solaire des ampoules de bronzage apportant uniquement des UVB et enlevant par des systèmes de filtres tous les UVA et bien sûr les UVC, sachant que les UVA représentent 95% des ultraviolets du spectre solaire arrivant au sol . Cela constituerait en tout cas un dispositif médical du plus grand intérêt permettant d'effectuer naturellement et en toute sécurité des apports très élevés chez les personnes en ayant le plus besoin. Je ne suis pas le seul à y avoir pensé et le Dr Mercola propose depuis 2008 des appareils dont certains ne délivrent que des UV-B ! Il s'agit du D-Lite Stand-Up System qui ne rayonne pas d'UVA et ne fournit que des UVB (certains appareils de Mercola n'émettent que des UVB, d'autres UVA à un niveau modéré + UVB) avec des infrarouges également bénéfiques. En 10 minutes il est possible de capter un apport optimum d'UVB avec des effets positifs sur la peau et aucun risque de surdosage en UV nocifs pour la peau si l'on respecte la durée conseillée. Ce mécanisme d'apport en UVB par le D-Lite permet d'éviter tous les problèmes d'ajustement un peu compliqué des compléments de vitamine D au cours de l'année, où il est souvent nécessaire d'effectuer des dosages sanguin pour avoir des dosages optimisés. Les UVB permettent de bénéficier des effets de régulation corporels internes et d'avoir des taux circulants et des formes chimiques de la vitamine D correspondant parfaitement aux besoins du corps. Gestion Santé n'a aucun lien commercial avec la boutique du Dr Mercola dont je donne le lien pour information n'ayant trouvé aucun autre fournisseur (notamment en Europe) de ce type de produit. La boutique du Dr Mercola ne livre pas en Europe ces appareils générateurs de rayonnement UVB qui ne sont pas aux normes électriques françaises.

Un intéressant article de News Santé sur les bienfaits de la vitamine D, confirme une information clé concernant les rayons effectivement émis dans les centres de bronzage laquelle m'avait à l'époque stupéfié : "il est illusoire d'aller courir dans les centres de bronzage puisqu'en France, une réglementation stricte impose un maximum de 1,5% d'émission d'UVB par lampe. Les rayons émis par les lampes de bronzage sont principalement des UVA qui n'ont aucun effet sur la fabrication par l'organisme de vitamine D." (mon souligné). Ce point est confirmé par l'Institut National du Cancer : " La faible quantité d'UVB émis par les appareils UV mises à disposition de public ne contribue pas à la production d'une quantité significative de vitamine D."

Le site lanutrition.fr est revenu récemment sur cette importante question, car"Dans un rapport publié vendredi 13 juillet, la mission d’information sur les actes à visée esthétique du Sénat réclame l’interdiction des cabines de bronzage, hors usage médical. Cette mission est présidée par la sénatrice UMP Chantal Jouanno, et le rapporteur en est le socialiste Bernard Cazeau." Lanutrition.fr précise que " Comme nous l’avons expliqué, la réglementation française impose depuis 1997 aux cabines de bronzage un ratio UVA/UVB excessif, alors qu’aux Etats-Unis, ce ratio est conforme à celui que l’on rencontre entre 11 heures et quinze heures en été (qui constitue la bonne fenêtre d'exposition de la peau pour synthétiser la vitamine D). Utilisés avec prudence en hiver (une dizaine de minutes par jour), les cabines nord-américaines peuvent donc contribuer à la bonne santé en restaurant et maintenant des taux protecteurs de vitamine D. Il suffirait de permettre aux exploitants français de cabines de délivrer des UVB pour faire de ces lieux des auxiliaires potentiels de santé." Gestion Santé soutient pleinement la position de Thierry Souccar lorsque celui-ci déclare que " les sénateurs oublient qu'ils sont en partie responsables de la réglementation absurde actuelle. Et ils ratent une bonne occasion de promouvoir vraiment la santé publique."
Gestion Santé souhaite en outre que des appareils proposant des apports élevés en UVB par rapport à UVA comme ceux recommandés par le Dr Mercola soit mis à la disposition des français dans les centres de bronzage avec une information adaptée sur la durée d'exposition journalière utile.

L'académie de médecine et d'autres organismes comme l'INCA, relayés maintenant par les sénateurs, déconseillent les centres de bronzage et on interdit dans le même temps de mettre à disposition du public des cabines ou des appareils pour les particuliers équipés de matériels bénéfiques pour la santé tout en dissimulant au public que le "bridage" anti-UVB est une réglementation obsolète et non une fatalité technique ! Au lieu d'appeler à réformer ces dispositions profondément inadaptées en terme de santé publique, et d'appeler à mettre à disposition du public français, des hôpitaux et des maisons de retraite des produits analogues au D-Lite, on présente des informations parcellaires et tronquées présentées selon des partis pris idéologiques. Pauvre France !

Scandale de santé publique sur le apports en vitamine D : minimum et optimum - les dosages efficaces

Pour commencer et pour savoir si vous avez suffisamment de vitamine D, je vous conseille la lecture du site français de Didier Le Bail sur la vitamine D avec sa page  "Comment interpréter votre test sanguin ?" que je recommande  et avec laquelle je suis en complet accord.

L'apport alimentaire de la population en vitamine D est relativement faible. Les apports nécessaires varient suivant la saison et l'exposition au soleil. Bien que la France ait autorisé l'enrichissement des laitages en vitamine D, le Site LaNutrition estime que "Le niveau de vitamine D dans ces aliments [enrichis] est trop faible pour avoir un effet significatif sur le niveau de vitamine D." Les doses officielles d'apports conseillées sont toujours de 200UI ou 5 μg par jour et les compléments alimantaires sont limités à 400UI ou 10 μg par gélule en France, les dosages plus élevés devraient en théorie être de la compétence du médecin. Les spécialistes considèrent que ces dosages sont en totale incohérence avec les apports nécessaires à la majorité de la population  pour ne pas être en carence de vitamine D et qu'il s'agit d'un vrai scandale de danté publique.

Les spécialistes considèrent que 10 000 UI par jour correspond au dosage de limite supérieur de sécurité pour les apports par voie alimentaire. Evidemment l'incompétence à la française étant particulièrement active dans le domaine de la nutrition, la France a défini un seuil de sécurité de 1000 UI (mille) soit dix fois moins que les 10 000 UI (dix mille) par jour reconnus comme sûr, ce qui est dépourvu de tout fondement scientifique et qui limite l'accès de la population à des dosages adéquats de vitamine D (de toute façon limité à 400 IU !). Comme l'a rappelé LaNutrition, en terme de sécurité d'emploi, "Le chiffre de 10 000 UI/j est en tous points conforme aux résultats des études similaires conduites sur ce sujet. Selon le Pr Reinhold Vieth, de l’hôpital Mont SinaÏ de Toronto (Canada), considéré comme le spécialiste mondial de la vitamine D, « aucune étude scientifique sérieuse (pour laquelle sont connues à la fois la dose de vitamine D ingérée et la concentration sérique) n’a montré d’effet indésirable à la dose de 10 000 UI/jour. »
Les études montrant des effets toxiques, comme l’hypercalcémie, ont toutes utilisé des doses de vitamine D au moins égales à 40 000 UI/jour. "

Je précise ceci afin de rassurer ceux qui s'inquièteraient des risques éventuels liés au surdosage. 

Il paraît important d'évoquer la question et d'apporter des informations fiables, compte tenu des polémiques féroces en cours entre les partisants du statu quo et de nombreux experts professionnels de la vitamine D qui s'étranglent de colère du fait que les autorités de santé publique ne veulent pas relever les apports alimentaires de vitamine D nécessaires, malgré les carences constatées. Lire par exemple pour la France l'appel de David Servan-Schreiber signé par 40 spécialistes internationaux et publié par le site LaNutrition.fr de Thierry Souccar.

Attention en France les UI ne sont pas toujours la référence pour les médecins; 1 mg de vitamine D correspond à 40.000 UI de vitamine D (les médecins ont l'habitude de parler en mg et en supplémentation on parle plus souvent en Unité Internationales UI). La vitamine D3 ( cholécalciférol ) est quasiment la seule forme disponible en complémentation. La D2 se trouve en pharmacie et sur prescription médicale.

Les compléments alimentaires de vitamine D sont en général dosés à 400 UI en France et on trouvait des dosages jusqu'à 1000 UI aux USA jusque vers 2005, mais depuis,on trouve couramment des dosages allant jusqu'à 5000 UI chez plusieurs fabricants américains, suite à la publication de nombreux articles révisant les besoins à la hausse et établissant la sécurité de la vitamin D à ces dosages, mais pas dans les suppléments de vitamine D autorisés en France. La vitamine D2 et D3 ont longtemps été interdite en supplément en France (vente réservée à la pharmacie) mais figure depuis quelque temps dans la directive européenne sur les suppléments alimentaires, mais à des dosages insuffisants, Selon le site bien informé LaNutrition.fr, "La réglementation française a fait d’autres victimes, comme la vitamine D : la dose autorisée en février 2009 est de 5 µg par jour, soit 5 fois moins que la dose retenue par LaNutrition.fr pour ses apports conseillés." (lire ici et ici).

Il est possible de doser le taux de vitamine D plasmatique. C'est le 25(OH)D également appelé 25-hydroxyvitamin D qui est le seul examen fiable et il ne faut pas utiliser l'examen appelé 1,25-dihydroxyvitamin D, un autre examen courant (cf. article du Dr Mercola Test Values and Treatment for Vitamin D Deficiency ), le nom de l'examen est peut-être un peu différent en France. Les américains donnent en général le résultat en ng/ml et donne les apports conseillés avec cet indicateur. Dans le reste du monde on utilise souvent la mesure des nmol/l . Pour passer des ng/ml au nmol/l il faut multiplier par 2,5. Par exemple 16 à 32 ng/mL correspondent à 40 à 80 nmol/L. Lire "How Much Vitamin D Do You Really Need to Take?" pour plus d'information.

Selon Wikipedia, la carence en vitamine D "est définie par un taux de 25-hydroxyvitamine D inférieur à 75 nmol/l (30 ng/ml). Avec cette limite, la carence concerne plus d’un milliard de personnes sur terre et plus de la moitié des femmes ménopausées. Cependant, une carence sévère, à l’origine du rachitisme et de l’ostéomalacie se définit par un taux inférieur à 25 nmol/l (10 ng/ml)."

Dans son Appel pour sensibiliser le corps médical, le regretté David Servan-Schreiber indiquait que " En France, l’étude SU.VI.MAX a démontré que plus de 70% des adultes – hommes et femmes – ont un statut insuffisant. S’agissant des femmes ménopausées, une grande étude européenne estime que 79,6% ont un statut insuffisant sur l’ensemble des pays européens. Ce nombre s’élève à 90,4% en France." Et Wikipedia rappelle que "Selon une étude américaine ayant suivi 13 331 patients sur une dizaine d’années, une carence en vitamine D serait associée à un excès de mortalité de 26 %, toutes causes confondues. [source]"

Le test est intéressant car la réaction des individus à un même apport de vitamine D est très variable d'une personne à l'autre. Il faut bien calculer le moment où on fait le 1er test et le moment ou on le refait. Par exemple 1er test en automne ou au début de l'hiver et deuxième test après 3 mois de supplémentation.

Il y a donc un accord sur les taux de carence en vitamine D, qui sont ceux inférieurs à 30 ng/ml. Malheureusement les taux d'apports conseillés dans les recommandations alimentaires en vigueur en France et dans plusieurs autres pays sont d'un facteur 10 inférieurs aux apports nécessaires pour atteindre dans la population générale un taux supérieur à 30ng/ml en dehors d'une brève période en été pour ceux qui s'exposent au soleil.

Mais la polémique fait également rage chez quand à savoir quels sont les taux optimum de vitamine D. Les pouvoirs publics et les agences de santé sont là aussi sur des positions minimalistes en terme d'apport. Autrement dit même à peine au-dessus du minimum de 30ng/ml, il n'y aurait aucun problème. En réalité, les spécialistes sérieux plaident de plus en plus pour des apports permettant de se situer autour de 50ng/mL circulant ce qui nécessite des apports journaliers élevés ou de bénéficier d'une exposition importante au soleil. Jusqu'à 50ng/mL toute la vitamine D de l'organisme est consommée quasi immédiatement. Au-delà la vitamine D est activement stockée dans les tissus gras et les tissus musculaires pour une utilisation ultérieure. Ce mécanisme physiologique universel de régulation de la vitamine D3 circulante semble indiquer que l'être humain est adapté pour des apports optimum permettant d'atteindre 50ng/mL plasmatique. Lire "Am I Vitamin D Deficient?" sur le site Vitamin D Council pour plus de précisions.

Précisions que les seuils de toxicité de la vitamine D est > à 100ng/mL . La fourchette de 50 à 60-70ng/mL étant probablement une valeur idéale pour le maintien de la santé à long terme.

Une étude toute récente de 2011 confirme que les apports de vitamine D doivent être très élevés pour obtenir les taux optimum évoqués ci-dessus. Selon un article de ScienceDaily, (ma traduction) "Des chercheurs de l'université de Californie, de l'Ecole de médecine de San Diego et de l'Ecole universitaire de médecine de l'Omaha ont rapporté que des niveaux beaucoup plus élevés de vitamine D [que ceux habituellement conseillés] sont nécessaires pour atteindre des niveaux sanguin qui permettent de prévenir ou de diminuer sensiblement l'incidence du cancer du poumon et de plusieurs autres maladies que l'on ne le pensait auparavant." Leurs recherches ont été publiées dans Anticancer Research. Selon un des chercheurs, Cedric Garland "Nous avons découvert que les apports journaliers de vitamine D compris entre 4000 et 8000 IU sont nécessaires pour maintenir des niveaux sanguins des métabolites de la vitamine D dans l'ordre de grandeur nécessaire pour réduire d'environ 50% le risque de plusieurs maladies : le cancer du sein, la sclérose multiple, le diabète de type1." Selon les universitaires, "l'étude rapporte les résultats d'une étude ménée sur plusieurs milliers de volontaires qui ont pris des suppléments de vitamine D à des dosages allant de 1000 à 10,000 IU/jour. Des mesures de dosage sanguin ont été effectuées pour déterminer le dosage de 25-vitamin D, la forme sous laquelle circule la plus grande partie de la vitamine D dans le sang.

La plupart des scientifiques qui travaillent activement sur la vitamine D estiment désormais que 40 à 60 ng/ml sont une cible souhaitable de concentration de 25-vitamin D dans le sang pour prévenir les principales maladies en rapport avec des taux insuffisants de vitamine D (...) Malheureusement, selon une enquête du National Health and Nutrition Examination Survey, seulement 10 % de la population US a des taux dans cette plage, essentiellement des personnes qui travaillent en extérieur."

Récemment des études de dosage sur des peuples pastoraux africains vivant en plein air a confirmé que des doses entre 50 et 60 ng/ml sont des valeurs très largement répandues dans ces populations et qu'elle doivent donc correspondre à l'optimum biologique de la vitamine D chez l'homo-sapiens archaïque africain (New study: Vitamin D levels of the Maasai and Hadzabe of Africa).

Les recommandations d'apport évoquées dans cette section sont 10 à 20 fois supérieures à celles recommandées par la plupart des agences de santé comme l'Institute of Medicine's (IOM) Food and Nutrition Board (FNB) dont les dernières préconisations de 2010, 14 ans après les précédentes et totalement obsolètes d'un point de vue scientifique, ont fait scandale chez les scientifiques spécialistes de la vitamine D. Lire sur différents sites spécialisés : "Today, the FNB has failed millions...
", "Statement on FNB Vitamin D Report: Dr. William Grant", "A Return To The Dark Ages: Bill Sardi".


D2 et D3 : attention aux ratios de conversion - Supériorité de la D3 dans les études cliniques !

La D3 est quasiment la seule forme de vitamine D disponible sur le marché de la complémentation. En médicament et en pharmacie on trouve aussi souvent de la vitamine D2 ( ergocalciférol ) en vente libre ou sur prescription suivant les dosages. On a découvert que "La vitamine D2 semble n'avoir que 20 à 40 % de l'efficacité de la vitamine D3 à maintenir les concentrations sériques de 25-hydroxy-vitamine D parce qu'elle est plus rapidement dégradée dans l'organisme." (Nutranews) Cette efficacité moindre de la D2 par rapport à la D3 auparavant discutée est de mieux en mieux établie.

Selon les toutes dernières recherches publiées dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, “Vitamin D3 Is More Potent Than Vitamin D2 in Humans” Authors: R.P. Heaney, R.R. Recker, J. Grote, R.L. Horst, L.A.G. Armas, ont effecué une recherche sur l'efficacité comparée de la vitamine D2 par rapport à la D3. La différence d'efficacité serait nettement plus importante qu'on ne le pensait précédemment. Cette étude visait a distinguer l'efficacité de la D2 comparée à la D3 et leur vitesse de consommation par l'organisme. Les sujets ont reçu soit de la D2 soit de la D3 en prise hebdomadaire de 50 000 UI pendant 12 semaines. Les résultats ont montré que 17% seulement de la D3 était stockée et le reste était consommé journalièrement soit environ 6500 UI par jour avec une concentration plasmatique de 50ng/ml à la fin du traitement (on considère que les dosages optimaux de la D3 sont dans une fourchette entre 50 et 80 ng/ml). Nous donnons dans la suite d'autres études confirmant l'effet efficace et sans danger de ces dosages élevés.

Selon le compte rendu de l'article (traduction Gestion Santé), "La biodisponibilité des deux formes de la vitamine D est un sujet qui donne lieu a des débats et un intérêt très intense. Plusieurs études ont rapporté que la vitamine D2 est entre 30 et 50 % moins efficace que la forme D3 pour maintenir les niveaux sanguins chez l'homme. D'un autre côté, une étude de 2008 par des chercheurs de la Boston University researchers ont rapporté que les deux formes sont aussi efficaces pour maintenir le niveau de la 25-hydroxyvitamin D (Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, Vol. 93, pp. 677-681)". Selon les chercheurs, “D'après les différentes mesures employées [dans cette nouvelle étude], la D3 était de 56 à 87 % plus puissante que la D2 pour augmenter le taux sérique de 25(OH)D, et plus de trois fois plus puissante pour augmenter le contenu en calciferol des graisses corporelles” ils estiment que “Ces résultats peuvent ... non seulement être généralisé sans risque à la pratique clinique de routine, mais sont également pertinents pour les pratiques de prescription des cliniciens.”

La différence est donc sensiblement plus importante que les valeurs données précédemment. Il s'agit d'un élément d'information très important car pour la pharmacopée française par exemple, le STEROGYL, la spécialité la plus utilisée contient de la D2. Le site pharmacorama donne les spécialités contenant du D3 et du D3. Il faudrait réétudier l'ensemble des études sur la vitamine D à la lumière de ces dernières recherches, la prise de vitamine D2 aboutissant à des dosages de D3 efficace pratiquement à diviser par deux. Le stockage très supérieur dans les graisses corporelles de la D3 devrait aussi avoir des conséquences pour les prises espacées de doses élevées de D2 ou de D3, une pratique courante des médecins. Compte tenu de la nécessité d'une biotransformation de la D2 en D3 et des incertitudes de la D3 finalement disponible il nous semble qu'aucune raison particulière ne justifie plus la prise de D2, pratique qu'on aimerait voire abandonnée par le corps médical.

En ce qui concerne l'efficacité sur la mortalité, le Dr Cannel a récemment attiré l'attention sur une méta-analyse fort bien faite des effets comparés de la complémentation en D2 ou en D3, principalement chez des femmes âgées, par rapport au critère de la mortalité. LeDr. Goran Bjelakovic qui a coordonné l'étude a montré que par rapport au critère de la mortalité (traduction Gestion Santé), "il y avait une réduction du risque relatif de 6% quand on supplémentait avec de la vitamine D3 par opposition à une augmentation relative du risque de 2% lorsque l'on supplémentait avec de la D2."

Ce problème de formes chimiques est un point clé à considérer pour certaines vitamines (ou minéraux), et nous l'évoquons régulièrement sur Gestion Santé, voir par exemple nos remarques sur la vitamine E de l'étude SELECT.

La vitamine D de l'enfant allaité et de la mère - risque de rachitisme non diagnostiqué

Le faible taux de vitamine D dans le lait maternel a toujours intrigué les scientifiques. Ainsi, selon passeportsante.net, "Les pédiatres recommandent souvent la supplémentation pour les nourrissons alimentés exclusivement au sein puisque le lait maternel renferme très peu de vitamine D. En octobre 2008, l’American Academy of Pediatrics a haussé de 200 UI à 400 UI sa recommandation quotidienne pour tous les enfants, de la naissance à l’adolescence."

The Vitamin D Newsletter a fait le recension d'une étude (lire également ici) très complète menée principalement par le Dr. Hollis sur 600 femmes enceintes réparties en 3 bras d'intervention auxquelles on a donné soit 400 UI (dosage habituel), soit 2000 UI, soit 4000 UI. Chez les femmes prenant 4000 UI celles-ci ont réussi à atteindre 40ng/mL, ce qui reste encore inférieur aux 50ng/mL que de plus en plus de spécialiste considèrent comme le dosage plasmatique optimum. Divers effets santé positifs ont été constatés avec 4000 UI sur de nombreux paramètres santé de la grossesse comme la diminution des naissances prématurées, un meilleur poids à la naissance, moins de risque d'infection chez la mère et l'enfant.

Carol Wagner and Bruce Hollis ont également répondu à la vieille interrogation sur la faiblesse du lait maternel en vitamine D. Cela tient à la faiblesse de l'ensoleillement reçu par les femmes contemporaines et ce n'est pas lié à une incapacité du lait à recuillir la vitamine D. Comme le résume John Cannell (section Breast milk ans vitamin D) en s'appuyant sur l'étude "High-dose vitamin D3 supplementation in a cohort of breastfeeding mothers and their infants: a 6-month follow-up pilot study" (ma traduction) :

"D'abord Carol [Wagner ] et Bruce [Hollis] on donné 2 000 IU par jour, puis 4,000 IU par jour et finalement 6400 IU de D3 par jour à des femmes allaitantes. C'est seulement avec 6400 de D3/jour que les femmes réussirent à maintenir à la fois leur propre niveau de 25(OH)D et celui de leur bébé allaitant au-dessus de 50 ng/mL. A 6400 IU/jour, l'activité en vitamine D du lait maternel passa de environ 80 UI [au départ de l'étude] pour atteindre 800 IU/L. Une belle découverte et une nouvelle raison pour nous tous de conserver nos niveaux de vitamine D au-dessus de 50 ng/mL." [mise en gras par Gestion Santé]. Ce que le Pr Hollis a plus précisément montré c'est qu'il fallait que les femmes maintiennent leur propore taux de vitamine D dans la fourchette très élevée de 40-50 ng/ml pour que leur lait ait une "teneur garantie" en vitamine D. En dessous de 40ng, le lait commence à avoir des teneurs très variable en vitamine D et d'un niveau insuffisant pour assurer un apport suffisant à leur enfant qui doit alors être complémenté.

Evidemment dans le climat d'obscurantisme médical actuel, il faudra de longues années pour que cette découverte publiée en 2006 entre dans la pratique pédiatrique courante, mais il nous semblait très important de sensibiliser le public à cette question, d'autant que l'on sait que l'allaitement maternel est de plus en plus conseillé compte tenu de ses bienfaits pour la santé de l'enfant. Pour l'instant la situation évolue hélas de façon très défavorable dans de nombreux pays avec en particulier un incroyable scandale de santé publique qui est une augmentation souvent massive des cas de rachitisme infantile dans plusieurs développés. Pourtant, malgré l'augmentation connue des cas, aucune politique de santé publique volontaire n'est mise en oeuvre pour lutter contre ce phénomène très inquiétant et les préconisations de complémentation des femmes enceintes sont toujours ausi ridiculement inadaptées, et aucune campagne publique sérieuse de communication à destination des femmes enceintes n'est mise en place pour les encourager à se complémenter pendant la grossesse et à complémenter les enfants allaités au sein..

Outre les conséquences sanitaires catastrophiques liée aux carence plus ou moins sévères en vitamine D chez l'enfant, on voit également se multiplier les drames de parents accusés à tort de maltraitances sur enfant alors que ceux-ci sont en réalité atteints de rachitisme et d'os qui se brisent facilement ... ce dont on accuse les parents, à la suite d'expertise et de procédures judiciaires souvent baclées, en faisant comme si les os brisés résultaient de mauvais traitements.

Le Dr John Cannel, dont nous avons parlé au début de cette page, se fait régulièrement l'écho de ces drames épouvantables, fréquents dans les pays anglo-saxons ou des couples, dont les mères sont sévèrement carencées en vitamine D, et nourrissant leur enfant au sein, se retrouvent accusés de mauvais traitement, voire d'homicide, comme dans le cas récent d'un jeune couple, rapporté par le newscientist, Rohan Wray and Chana Al-Alas, finalement acquittés à Londres, en décembre 2011, de l'accusation d'homicide sur leur fils de 4 mois, après un véritable calvaire (emprisonnés, ils n'ont pu n'y revoir leur enfant avant son décès, ni assister à ses funérailles). L'experte qui a fait l'autopsie Irene Scheimberg, a montré que l'enfant était atteint de rachitisme sévère, probablement apparue dès la vie intra-utérine. On pourra lire sur cette même affaire l'article "Vitamin D deficiency Jayden Wray and the tip of a very nasty iceberg". La même experte a été confrontée précédemment à un cas de septicémie mortelle chez Milind Agarwal une petite fille de trois mois, très probablement lié à une carrence aïgue en vitamine D non traitée par le corps médical malgré plusieurs consultations des parents. Elle se déclare effarée de la négligence et de l'indifférence qui entoure  la situation médicale liée à la carence en vitamine D et des accusations fausses régulièrement portées contre les parents.

Selon l'avocate des accusés, (traductions Gestion Santé) "Dans cette affaire, le véritable crime, c'est que si l'argent dépensé pour mener ce procès avait été utilisé pour apprendre aux mères qui nourrissent leur enfant au sein à prendre des compléments de vitamine D, la mort de Jayden ne serait pas survenue. Le rachitisme, qui revient désormais dans des proportions épidémiques aurait pu être éradiqué" En effet, au lieu de classer rapidement l'affaire suite aux expertises réalisées et d'en tirer les conséquences et de corriger les dramatiques carrences en matière d'information santé des mères, le pouvoir politique anglais c'est acharné sur cette famille modeste et a organisé un coûteux procès réunissant 60 experts médicaux et légistes qui se sont affrontés sur l'origine des troubles de l'enfant et l'origine du décès. Sans le soutien de la très respectée pathologiste Irene Scheimberg du Royal London Hospital et son rapport d'autopsie, les parents auraient aussi bien pu être condamnés.

Dans le terrible climat de régression économique et de réaction sociale et politique qui sévit actuellement en Grande-Bretagne contre les classes populaires et avec le développement très rapide des familles avec enfants vivant dans la pauvreté, ce genre d'affaire de négligence parentale ou d'autres du même genre, risquent malheureusment de se développer rapidement. Bien évidemment la sécurité des enfants doit être assurée et les négligences parentales graves et les mauvais traitement sur les enfants sanctionnées, mais si cela n'est pas accompagné d'une politique éclairée et protectrice des pouvoirs publics, on court au désastre. Il est frappant, comme l'a soulignée l'avocate pour ce procès, de voir couler l'argent à flot pour justifier la politique répressive de l'Etat avec d'énormes moyens financiers mis en oeuvre pour tenter de faire condamner les parents, et de constater par ailleurs les moyens dramatiquement insuffisants pour mettre en place la politique de santé publique de base concernant les besoins nutritionnels de la femme enceinte et de l'enfant en bas âge.

Les choses continuent d'ailleurs à s'aggraver du côté répressif, puisque, selon ce qu'explique le Dr Cannel dans sa NewsLetter, "Selon une de mes sources, la police britannique dépose des plaintes contre les experts anglais qui osent s'opposer aux spécialistes des "abus sur enfants" de la police. Récemment la police a réussi à écarter un médecin respecté du groupe d'experts médicaux, lequel a écrit depuis plus de 10 ans sur les erreurs de diagnostic concernant les cas présumés d'abus sur enfants en rapport avec le rachitisme. La police s'attaque maintenant à d'autres experts qui osent remettre en question les charges d'abus sur enfants. Je me demande si le Dr. Scheimberg figure sur leur liste?"

Comment sont fabriqués les compléments alimentaires de vitamine D2 et D3 ?

Une lecteur m'a écrit récemment inquiet après la lecture d'un site ainsi que d'un livre d'un médecin aux conceptions très "alternatives" comme quoi la vitamine D3 viendrait de la cervelle et de la peau de porc... J'ai donc fait quelques vérifications. Je me souvenais que la vitamine D3 qui ne venait pas de  l'huile de foie de morue venait de la lanoline du mouton, mais j'ai voulu rafraichir mes souvenirs.

Une recherche par mot clé m'a amené sur l'excellent site http://vitamined.over-blog.com de  Didier Le Bail, un naturopathe également journaliste à Belle Santé (désormais "Rebelle-Santé"). Celui-ci a écrit un ouvrage sur la vitamine D "Et si vous manquiez de vitamine D ?" (Ed. Mosaïque-Santé) que je n'ai pas lu mais qui doit être de qualité au vu de ce que j'ai lu sur son blog. Je suis heureux que Didier Le Bail puisse contribue à Belle-Santé / Rebelle-Santé, même si je ne connais  pas ses prises de position en dehors de celles concernant la vitamine D. Au moins sur la vitamine D tient-il des propos raisonnables sur les apports nécessaires : "C'est la dose qui fait le remède". C'est très méritant car nous étions encore une poignée en France à défendre ces dosages il y a peu d'années. Je me souviens que j'avais cessé mon abonnement à Belle-Santé il y a déjà de nombreuses années après avoir lu un article d'un ponte de naturopathie qui tonnait contre le danger des apports trop élevés en vitamine B5 et autres vitamines B, tels que ceux que je recommande dans ma page sur les vitamines B . J'avais envoyé une lettre de protestation à Sophie Lacoste, la responsable de la revue, sans que cela ait le moindre impact à l'époque sur la ligne éditoriale du journal. Espérons que Didier Le Bail et d'autres journalistes apportent à la revue une nouvelle approche plus scientifiquement fondée sur les compléments alimentaires.

Pour en venir à la fabrication de la vitamine D, Didier Le Bail donne un excellent descriptif technique de la formulation et du mode de fabrication des compléments de D2 et de D3.

Sur la D3, lorsqu'elle ne provient pas de l'huile de foie de morue (que je déconseille à cause de son mauvais ratio vitamine A /  Vitamine D),  elle provient effectivement de la lanoline du mouton :

"Petit zoom sur la lanoline : produite à partir des sécrétions des glandes sébacées du mouton, elle protège notamment la laine de la pluie. 50 kg de laine de mouton donnent de 1 à 2 kg de lanoline. De cette lanoline, on extrait le cholestérol, que l'on convertit en 7-déhydrocholestérol (7-DHC). Ensuite, le 7-DHC est soumis à un rayonnement UVB. Au terme du processus, le 7-DHC est converti en cholecalciférol. Bref, on ne fait là qu'imiter ce qui se passe naturellement dans notre peau, où la fabrication de vitamine D3 se fait à partir de 7-DHC, sous l'effet des rayons UVB."

Le site http://fred.elie.free.fr/laine.htm précise par ailleurs que "L’opération de dégraissage [de la laine] consiste à séparer la suintine (constituant de la graisse) et à la récupérer (dissolution à l’eau froide du suint ou centrifugation de la lanoline). La graisse, une fois raffinée, pour être utilisée en pharmacie et en cosmétologie pour sa lanoline."

Ajoutons enfin que Didier Le Bail donne des conseils très pertinents sur les modalités pratiques des apports en vitamine D chez le nourrison "Quelle vitamine D pour bébé" en distinguant l'enfant allaité au sein ou au biberon, auxquels nous souscrivons pleinement (lire toutefois notre section précédente sur la teneur du lait maternel en vitamine D pour quelques précisions importantes). La page de Le Bail fait allusion sans la nommer à une alerte lancée par la revue Prescrire, qui bien qu'elle prétende défendre les bébés ne donnait malheureusement guère de conseils utiles aux familles.

Vitamine D et pré-éclampsie

Dans notre page sur "Acide folique (vitamine B9) et autres nutriments pendant la grossesse" nous avions également examiné l'intérêt éventuel de certains nutriments pour limiter le risque de pré-éclampsie. Il s'avère que la vitamine D est une nouvelle candidate majeure à la lutte contre cette pathologie grave et très répandue de la grossesse. Dans le monde développé la pré-éclampsie est responsable de 10% des décès maternels mais ce taux atteint un faramineux 80% dans le monde en voie de développement. Cette pathologie est aussi fortement associée au risque de mortalité infantile.

Les bienfaits reconnus la vitamine D ne cessent donc de s'accumuler sachant que de très larges fractions de la population sont carencées.

Dans ce contexte une étude de l'Université de Pittsburgh publiée dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, "Maternal Vitamin D Deficiency Increases the Risk of Preeclampsia" vient de donner des résultats sensationnels. Des extraits sanguins de 1198 futures mères ont été analysés avant 22 semaines de grossesse et à la fin de la grossesse [Lire compte rendu de l'étude en anglais sur Science Daily]. Le sang du cordon ombilical a aussi été analysé pour connaître le taux foetal à la naissance. Les résultats indiquent que le déficit en vitamine D en début de grossesse est un facteur de risque indépendant de pré-éclampsie. Avec un taux faible de vitamine D, le risque est multiplié par 5 ! La croissance du risque est quasi linéaire (ce qui renforce la valeur démonstrative de l'étude) et les chercheurs ont pu montrer qu'une "diminution de 50-nmol/liter de la concentration de 25(OH)D doublait le risque de pré-éclampsie."

Très important à signaler également est le fait que en France notamment la complémentation en vitamine D est conseillée à la fin de la grossesse car "La carence en vitamine D, fréquente en fin de grossesse, favorise les hypocalcémies néonatales. (Doctissimo)". Or ici c'est dès le début de la grossesse qu'il faut agir. La stratégie de complémentation française en vitamine D pendant la grossesse est donc entièrement à revoir. Elle ne peut passer que par la supplémentation compte tenu des dosages à atteindre en particulier pour toutes les conceptions intervenant en dehors des mois d'été (et encore en supposant dans ce cas que les mères aient l'occasion de fréquentes exposition au soleil sans avoir recours à des anti UV ce qui est loin d'être général).

Vitamine D : un rôle dans la préservation des fonctions neuro-musculaires ?

On se doute bien que la préservation de la masse musculaire et des fonctions neuro-musculaires est un mécanisme complexe que l'on peut attaquer suivant différents angles. C'est un sujet que nous avons abordé sous différents angles sur Gestion Santé (voir liens à la fin de cette section) notamment via l'apport d'acides aminés spécifiques.

Il semble exister un effet antagoniste entre les corticoïdes, hormones du stress et la vitamine D selon des mécanismes complexes, ce qu'évoque cet article de Durk Pearson et Sandy Shaw (DP et SS) " Glucocorticoids Induce Muscle Wasting: Could Vitamin D Provide Protection? ".

Les glucocorticoïdes font partie selon Pharmacorama des stéroïdes sécrétés par la glande corticosurrénale . Le principal glucocorticoïde est le cortisol aussi appelé "hormone du stress". C'est l'hypothalamus qui active la libération d'un peptide qui donne le signal aux corticosurrénales de libérer le cortisol. Malheureusement le veillissement et la complexité des données psycho-comportementales liées à la gestion de l'environnement et du stress font que la régulation fine du niveau de cortisol utile, liés à des mécanismes complexes d'autorégulation, est très difficile à réaliser par l'organisme et se désorganise facilement notamment avec l'âge. La machinerie neuro-hormonale cesse de fonctionner de façon optimale probablement dès le début de l'âge adulte. Les facteurs alimentaires sont également très importants dans cette régulation.

La machinerie neuro-hormonale très délicate à optimiser est liée à de très nombreux facteurs qui se dégradent avec le vieillissement et/ou le stress. La difficulté est notamment d'obtenir ce que les spécialistes du stress appellent la réponse de relaxation. Les dysfonctionnement dans la réaction au stress ont par exemple très probablement une place importante et peu explorée dans la dépression .

La dérégulation du fonctionnement de l'hypothalamus, chef d'orchestre de ces réponses hormonales neuro-adaptatives figure en bonne place dans les théories du vieillissement. Le lecteur intéressé par le sujet pourra lire, par Ward Dean,la série d'article " Neuroendocrine Theory of Aging " inspirés et adaptés par l'auteur des recherches menées dès les années 50 par un gérontologue russe méconnu, aux théories d'avant garde, le professor Vladimir Dilman (1925-1994).

Les recherches sur un dérivé synthétique du cortisol, le dexamethasone montrent que ce glucocorticoïde de synthèse inhibe chez les rats âgés l'activation par la leucine de la synthèse musculaire. Selon le texte précité de DP et SS (ma traduction de l'anglais), "L'un des mécanismes par lequel les glucocorticoïdes affectent la synthèse des protéines musculaires est en induisant la résistance à l'insuline, par l'inhibition de la réponse musculaire à l'insuline, une hormone anabolique." Ces recherches permettent de préciser le rôle des glucocorticoïdes dans la résistance à l'insuline et la perte musculaire. En ce qui concerne l'os on sait aussi que la cortisone inhibe fortement le fonctionnement des ostéblastes et des ostéoclastes et donc la régénération osseuse. Cela montre bien l'impact majeur des glucocorticoïdes sur la fonction musculo-squelettique. Nous reviendrons sur ce point dans la section suivante.

Une étude récente (Vitamin D Inhibits Monocyte/Macrophage Proinflammatory Cytokine Production by Targeting MAPK Phosphatase-1.) commentée par ScienceDaily montre que la vitamine D a un effet inhibiteur spécifique de l'inflammation en régulant la réaction inflammatoire au niveau des globules blancs. Selon ScienceDaily, (traduction Gestion Santé), "des leucocytes humains ont été incubés avec des niveaux variables de vitamine D, puis exposés à des lipopolysaccharides (LPS), une molécule associée aux parois des cellules bactériennes qui est connue pour promouvoir des réponses inflammatoires intenses.
Les cellules qui étaient en incubation sans vitamine D et dans la solution contenant 15 ng/ml de vitamine D présentaient de hauts niveaux de cytokines IL-6 et de TNF-alpha, des médiateurs majeurs, traduisant une réponse inflammatoire. Les cellules incubées dans 30 vitamine ng/ml D ou supérieure ont montré une réponse significativement réduite aux LPS. Les plus hauts niveaux d'inhibition inflammatoire se sont produits à 50 ng/ml."

Les taux correspondent de façon frappante  aux  états carentiels, normaux ou optimum que définissent de plus en plus de spécialistes de la vitamine D. 50 ng/ml notamment est l'optimum que nous défendons dans cette page à la suite de différents spécialistes mais qui n'est pas encore reconnu par la médecine académique / officielle notamment parce qu'il faudrait complémenter la quasi totalité de la population avec des dosages élevés de vitamine D pour obtenir de tels taux.

La réaction inflammatoire est un fléau du veillissement et a tendance à fortement déréguler la machinerie neuro-hormonale et neuro-musculaire. La synthèse de protéines musculaires est fortement perturbée pendant ces épisodes inflammatoires chez le sujet âgé. Des taux élévés de vitamine D apparaissent donc comme indispensables pour limiter les effets de l'inflammation.

Les cellules musculaires disposent également de récepteurs à la vitamine D pouvant expliquer une efficacité de la vitamine D et du calcium dans la prévension des chutes par renforcement de la fonction musculo-squelettique proprement dite.

Enfin, un autre mécanisme par lequel la vitamine D pourrait agir sur l'équilibre et la motricité est via son action directe sur le système nerveux, son action sur les neurones semblant désormais clairement établie, lire également par DP et SS " Potential Antiaging Effects of Vitamin D 3 Protection Against Neurotoxic Agents ". L'action se ferait en particulier sur les neurones dopaminergiques qui jouent un rôle majeur dans le coordination, l'équilibre, l'intégration des conduites et la motivation. La vitamine D prise à des dosages suffisant pourrait ainsi agir selon des mécanismes  complémentaires d'amélioration des fonctions neurologiques et neuro-endocriniennes, de lutte contre l'inflammation etde renforcement de la fonction musculo-squelettique.

En complément on pourra lire sur Gestion Santé :

Sur la leucine (acide aminé) et la protection de la masse musculaire :

billet du 30/12/05 : La L-Leucine et la fonte musculaire

billet du 28/01/06 : Le Monde évoque la supplémentation en Leucine pour ralentir la fonte musculaire liée au vieillissement

billet du 19/05/06 - section 2) L'arginine et le monoxyde d'azote.

Les médicaments inhibiteurs de la vitamine D

Les données rassemblées dans la section précédente concernant la régulation neuro-hormonale soulèvent la question d'un effet antagoniste entre la cortisone et la vitamine D. Or effectivement, les corticoïdes ou corticostéroïdes (souvent appelés steroids par simplification en anglais), sont de puissants inhibiteurs de la vitamine D, un fait évoqué dans les documentations techniques, mais peu connu du public et hélas, semble-t-il, de nombreux médecins prescripteurs !

En effet comme l'explique ce site de rhumathologie, à propos de l’ostéoporose cortisonique, "Tous les médecins savent que la corticothérapie peut être responsable d’un certain nombre d’effets secondaires parmi lesquels l’ostéoporose cortisonique (...) paradoxalement rares parmi eux sont ceux qui prescrivent un traitement préventif de l’OP en démarrant une corticothérapie au long cours." (mise en gras par G.S.)
Parmi les "contre-mesures" figurent en première place la prise de vitamine D et de calcium (les doses de vitamine D conseillées dans l'article sont toutefois notoirement insuffisantes).

L'effet d'ostéoporose est lié à l'effet antivitamine D de la cortisone. Cette fiche détaillée de commentguerir sur les corticoïdes indique bien, en ce qui concerne les effets métaboliques des corticoïdes, "diminution de l’absorption intestinale du Ca++ (effet anti vitamine D). (mise en gras par G.S.)". L'ostéoporose induite par la cortisone est donc liée avant tout à son effet sur la vitamine D qui à son tour inhibe l'absorption du calcium. Il y a également une perte calcique liée à une augmentation de l’excrétion rénale du Ca. Il faut donc ramener à la normale les taux plasmatiques de vitamine D puis compléter le cas échéant par du calcium.

On se pince quand même en consultant ce document de synthèse qui s'appuie  sur les recommandations de l'AFSSAPS (agence de santé française) où on envisage la densitométrie osseuse, voire la prise des dangereux biphosphonates, pour contrer l’ostéoporose, mais pas le suivi du taux de vitamine D circulante pendant le traitement pour ajuster la complémentation en vitamine D !!!!

C'est dans ce contexte d'obscurantisme médical qu'une nouvelle étude menée à l'Albert Einstein College of Medicine de l'Université Yeshiva (Bronx, NY) a mis en évidence un doublement des carences sévères en vitamine D pour la prise de corticoïdes par voie orale. Selon sciencedaily, sur 31 000 personnes examinées dans le National Health and Nutrition Examination Survey 2001-2006, (traductions Gestion Santé) "11% des personnes ayant déclaré avoir utilisé des stéroïdes [au cours des trente derniers jours] avaient une carence sévère en vitamine, comparé à 5% des non utilisateurs -- un doublement du risque de carence sévère. Le risque était particulièrment prononcé pour les utilisateurs de cortocïdes de moins de 18 ans, qui étaient 14 fois plus à risque de carence sévère comparé aux autres jeunes non utilisateurs". (mise en gras par Gestion Santé)

Ces résultats ont amené la principale investigatrice de l'étude, Amy Skversky, à déclarer "Lorsque les médecins écrivent une ordonnance pour des corticoïdes et qu'ils envoient leurs patients faire des analyses médicales, ils devraient également faire mesurer le taux de vitamine D". (mise en gras par Gestion Santé)

Nous ne pouvons que soutenir vigoureusement cette prise de position. compte tenu que la carence en vitamine D de la population générale pose déjà de graves problèmes de santé publique. Pour les malades traités aux corticoïdes et non préalablement complémentés en vitamine D, il faudrait prescrire une forte dose de vitamine D en début de traitement et la faire suivre par une complémentation de routine avec des doses suffisantes de vitamine D. Il serait nécessaire de mener par type de population (jeunes, adultes, femmes, hommes , personnes âgées) des études complémentaires sur ce sujet pour mieux cerner dans quel proportion la vitamine D chute au cours de la corticothérapie et les dosages efficaces pour rétablir des taux circulants normaux. Il faudrait aussi modifier les notices des corticoïdes pour indiquer qu'un suivi des taux circulants de vitamine D et une complémentation devrait impérativement accompagner le traitement. Il conviendrait enfin d'étudier les effets de la cortisone en inhalation et en pommade.

La vitamine D et la régulation des fonctions neuro-hormonales 

La capacité de la vitamine D a réguler les fonctions neuro-endocriniennes, évoquée dans les sections précédentes, par rapport à la question de la gestion du stress et de la régulation des corticoïdes devrait pousser a examiner de façon plus systématique ses effets sur le niveaux des principales hormones humaines.

On vient d'obtenir des résultats intéressants sur la testostérone masculine qui confirment tout un ensemble de données précédentes, sur l'intérêt de la vitamine D3 pour stimuler la testostérone. Dans un essai récent (Association between plasma 25-OH vitamin D and testosterone levels in men) de suivi de 1362 hommes lors d'une étude à partir de la Health Professionals Follow-up Study sur le suivi du cancer de la prostate, a été mise en évidence une forte relation entre niveau de vitamine D3 et le niveau de testostérone (à la fois de la testostérone libre et liée). La testostérone monte de façon linéaire par quintile de vitamine D croissant avant d'atteindre un plateau sur les deux derniers quintile d'apport supérieurs pour la testostérone totale. Toutefois la fraction utile (libre) de testostérone continue à augmenter jusqu'au dernier quintile.

Comme le rappelle le Life Extension Magazine, (traduction Gestion Santé - notes retirées) "Lorsque les niveaux de testostérone déclinent chez les hommes, leur risque de décès augmente de façon marquée.
La maladie cardiaque, l'ostéoporose et la fonte musculaire sont fortement associés à la déficience en testostérone, tout comme l'inflammation chronique et les désordres neurodégéneratifs. La plupart des médecins sont surpris d'apprendre que les hommes ayant de taux faibles de testostérone ont une incidence plus élevée de cancer de la prostate.
Bien avant l'apparition de risques vitaux, le déficit en testostérone peut se manifester sous la forme de troubles psychologiques tels que la dépression, une réduction du désir sexuel, et une perte du sentiment de bien être."

La vitamine D3 doit donc faire partie des stratégies de base de complémentation pour stimuler la testostérone. D'autres nutriments sans danger peuvent également être utilisés (il est, par exemple, bien connu que des niveaux adéquats de Zinc suffisants sont indispensables).

Vitamine D et système nerveux

Dépression de la personne âgée : Le précieux Vitamin D Council du Dr. Cannell nous informait en décembre d'une étude récente du Dr. Consuelo Wilkins faisant le lien entre le déficit en vitamine D chez la personne âgée et le risque de dépression et de déclin cognitif. Dans l'échantillon sélectionné 58% des personnes avaient un score anormalement bas de vitamine D. Le risque de présence de symptômes dépressifs étaient multiplié par plus de 11 en cas d'insuffisance de vitamine D par rapport à un taux normal ! Deux sur quatre des échelles de mesure du décin cognitif étaient également associées à un taux faible de vitamine D. Ces données préliminaires (l'échantillon des personnes examinées n'est pas très important) font de la vitamine D, pour laquelle le déficit chez la personne âgée est très fréquent, une des vitamines clé potentielle dans la lutte contre la dépression et le déclin cognitif. Cela en ferait avec la vitamine B12 une vitamine indispensable et, compte tenu de la très grande fréquence de son déficit chez la personne âgée, la complémentation devrait de toute façon être envisagée quasi systématiquement pour protéger le système nerveux et de nombreux autres paramètres de la santé de la personne âgée (lire aussi pour la vitamine B12 à la fin de la section en lien le passage où nous évoquons la question des personnes âgées).

Maladie d'Alzheimer : Selon le résultat d'une étude récente de l’université de Californie (UCLA), la vitamine D serait efficace pour activer un mécanisme protecteur contre la plaque de protéines bêta-amyloïdes qui sont une des manifestations les plus importantes de la maladie et qui détruisent les cellules nerveuses. La vitamine D activerait seule certains macrophages dits de Type II et agirait en synergie avec les curcumines (des extraits du curcuma) sur les macrophages de Type I. Ces résultats proviennent de la même équipe que celle qui avait travaillé sur la curcumine, travaux dont Gestion Santé avait rendu compte en détail dans un billet de 2007 "Le curcuma et les plaques neuronales dans la maladie d'Alzeimer". Selon santélog, "Les chercheurs constatent que dans les macrophages, l’ajout de  dihydroxyvitamine D3 joue un rôle clé dans l'ouverture de canaux chlorure importants dans le processus de phagocytose. Ils suggèrent que des formes actives de la vitamine D3 peuvent être un régulateur important de l’activité immunitaire des macrophages, en les aidant à effacer les plaques amyloïdes en régulant l'expression des gènes ou en modifiant les ​​structures physiques des cellules."
Il n'est pas du tout certain que la vitamine D seule ou associée au curcuma soit un traitement miracle pour la maladie d'Alzheimer. Probablement que cette complémentation ne ferait que ralentir l'évolution de la maladie. Par contre au dosage relativement élevés conseillés dans cette page pour optimiser l'état de santé général et prise sur une ou deux décennies, la vitamine D, éventuellement associée à des compléments d'extraits de curcuma et à d'autres compléments connus pour être bénéfiques pour le système nerveux, pourrait certainement retarder de façon considérable la survenue de la maladie et probablement l'empêcher dans de nombreux cas, d'autant plus que la vitamine D contribue selon plusieurs autres paramètres à la santé du système nerveux comme l'explique l'ensemble de cette section.

Traumatisme cranien : En novembre 2009, j'ai fait un exposé sur les bénéfices de la progestérone en injection sur les suites de traumatismes craniens. Il s'avère que selon une étude iranienne la vitamine D (200UI par kg de poids corporel pendant 5 jours consécutifs), améliorerait sensiblement l'effet de la progestérone selon une étude iranienne. Le groupe progestérone + vitamine D a nettement mieux évolué que le groupe progestérone seul, lequel évoluait également mieux que le groupe placebo sous soins standard. D'autres vitamines devraient avoir probablement des effets synergiques intéressants dans la même indication, même si elles ont été testés sur des accidents vasculaires cérébraux, comme certaines formes de vitamine E et la vitamine C.

Maturation du système nerveux : La vitamine D est associée, à l'autre bout de la chaîne de la vie, à la maturation du cerveau des animaux au stade foetal. Dr. Cannell a fait une synthèse détaillée des principales données disponibles sur la question. Le fait est très bien documenté chez le rat où, même pour une diminution modeste des apports en vitamine D, on peut repérer une diminution du développement du système nerveux. Chez l'homme des études par régions montrent que les déficits cognitifs de l'enfant sont étroitement liés aux apports de vitamine D de la mère pendant la grossesse. Lorsque l'enfant a été porté pendant la saison ensoleillée où la mère fabrique plus de vitamine D il est moins à risque et inversement. Cela pourrait être un problème clé pour la population noire des USA chez laquelle les carences en vitamine D sont beaucoup plus prononcées (la peau des noirs filtrant beaucoup plus les UV-B). Selon Cannel (précité), "Les femmes enceintes de toutes les races devraient garder le taux de vitamine D mesuré via le niveau de 25(OH) autour de 40 ng/ml tout au long de la grossesse. Hollis and Wagner ont montré qu'il faut jusqu'à 4000 unités de vitamine D par jour pour cela, dix fois les recommandations gouvernementales." Notons que le dosage de 400 unités (400 UI) correspond à 10µg et que c'est le dosage recommandé également en France pour les femmes enceintes que les études citées par Cannel considèrent comme notoirement insuffisant en tout cas pendant les mois de la saison froide quand les femmes dépendent pour l'essentiel des apports alimentaires compte tenu du déficit d'ensoleillement.

Effet anti-dépresseurs généraux ? Le Dr. Cannell s'est aussi intéressé dans un document précédent et suivant une perspective plus générale au rapport entre dépression et vitamine D. Le Dr. Cannell qui est psychiatre rappelle en introduction qu'il faut éviter de donner des espoirs infondés aux personnes souffrant de dépression majeure. Il évoque les nutriments utiles en dehors de la vitamine D en précisant qu'il ne s'agit pas de remède miracles mais de produits utiles, comme la SAMe, le ratio d'apport entre omega-3/omega-6, ou la baisse du taux d'homocystéine avec des apports adéquats de vitamines B et de TMG agissant sur la méthylation.

Le Dr. Cannell passe en revue différentes études qui suggèrent plus des pistes de recherche et de réflexion que des données démontrées sur le lien possible entre dépression et vitamine D. L'un des passages les plus intéressant de la page est la section :

"La vitamine D a-t-elle un effet sur le cerveau ?" où l'on apprend que "La vitamine D augmente rapidement l'expression génétique in vitro de la tyrosine hydroxylase (l'enzyme qui limite le taux de biosynthèse des catécholamines) par un facteur trois. (...) [NDT : lire info Wiki sur les catécholamines. Parmi les catécholamines la dopamine est un bon candidat à la lutte contre la dépression - Lire notre billet du 15/10/06 sur la tyrosine]. La Vitamine D est très largement impliquée dans le fonctionnement du cerveau avec des récepteurs dans les noyaux cellulaires pour la vitamine D dans les neurones et les cellules gliales [NDT : lire info Wiki sur la cellule gliale]. Les gènes codant les enzymes impliquées dans le métabolisme de la vitamine D sont exprimés dans les cellules nerveuses. Les effets rapportés de la vitamine D dans le système nerveux incluent la biosynthèse de facteurs neurotrophiques [NDT : lire définition], l'inihibition des voies de la synthèse de la nitric oxide synthase et une augmentation des taux de glutathion, suggérant un rôle dans les mécanismes de détoxification du cerveau."

Ainsi si l'on a aucune certitude quant à un lien direct entre vitamine D et dépression, la vitamine D apparaît comme un facteur important pour la santé et l'équilibre du système nerveux à tous les âges de la vie et comme le suggère le Dr. Cannell il paraît important de conserver dans cette optique des niveaux adéquats de vitamine D tout au long de l'année et de la vie.

La vitamine D stimule des peptides anti-infectieux 

Les propriétés de la vitamine D en font un bon candidat pour la prévention de certaines maladies virales et bactériennes et en accompagnement des traitement habituels de celles-ci.

Une étude de 2006 " Toll-Like Receptor Triggering of a Vitamin D-Mediated Human Antimicrobial Response " a été très commentée et a stimulé différentes recherches sur l'activation des peptides antimicrobiens par la vitamine D agissant comme de quasi antibiotiques. Une étude récente d'octobre 2011 parue dans Science Translational Medicine  confirme et précise les effets immunitaires de la vitamine D à propos de la tuberculose, mais cet effet devrait concerner de nombreuses pathologies (source : eurekalert.org) : "Dans leur étude, Robert Modlin et ses collègues montrent que la vitamine D permet aux deux bras de la réponse immunitaire, l'innée et l'acquise, de se coordonner contre le bacille de la tuberculose. Les cellules de la réponse immunitaire innée sont les premières lignes de défense de l'organisme contre les pathogènes, les pions déjà en place pour se mobiliser aux premiers signes d'une infection. Les cellules de la réponse immunitaire acquise, au contraire, développent une réponse spécifique de l'agresseur et le corps a besoin de plus de temps pour la mettre en oeuvre. Les chercheurs ont trouvé que la vitamine D poussait les lymphocytes T de la réponse acquise à libérer une molécule appelée interféron gamma (IFN-g) qui active à son tour des cellules de la réponse innée, les macrophages, pour qu'ils s'attaquent à la bactérie responsable de la maladie. Les macrophages produisent alors un peptide antimicrobien appelé cathelicidine.

Cette stimulation et régulation de la réponse immunitaire implique potentiellement bien d'autres pathologies infectieuses que la tuberculose.

Les peptides antimicrobiens humains se trouvent sous deux formes, les défensines (qui existent sous plusieurs formes) et la cathelicidine qui existe sous une seule forme chez l'homme, le peptide LL-37 qui est la forme activée du peptide. La vitamine D active à la fois les défensines et la cathelicidine.

L'expression de la cathelicidine qui peut être stimulée par la vitamine D a des effets identifiés sur de nombreux tissus comme la peau où la cathelicidine exerce également une action anti-inflammatoire (paradoxale car LL-37 participe à la réponse inflammatoire mais semble aussi réguler la réponse de la protéine AIM2 et éviter les réactions inflammatoires liées à une stimulation trop forte des cellules comme les macrophages). Elle protège aussi le système urinaire, les ongles et elle a un effet anti-carie en inhibant les bactéries nuisibles (en plus de l'effet renforçant de la vitamine D sur le tissu dentaire), les cellules du système immunitaire, macrophages et les granulocytes

Vitamine D et tuberculose

Outre la recherche fondamentale sur le fonctionnement du système immunitaire, on dispose de rares études d'interventions utilisant la vitamine D en plus de l'antibiothérapie de référence. Ainsi, l'étude indonésienne de 2006 " The effect of vitamin D as supplementary treatment in patients with moderately advanced pulmonary tuberculous lesion. " ou l'étude plus ancienne de 1998 " Vitamin D administration to tuberculous children and its value. " Ces deux études montrent des résultats tout à fait spectaculaire lorsque l'on ajoute de la vitamine D au traitement standard de la tuberculose. Le dosage de la première étude est de 0.25mg soit 10 000 UI (Vitamine D sur Wikipedia).

Une étude récente, High-dose vitamin D3 during intensive-phase antimicrobial treatment of pulmonary tuberculosis: a double-blind randomised controlled trial, semble indiquer que le temps de guérison de la tuberculose est raccourci par la vitamine D (5 semaines de traitement contre 6 semaines pour le groupe ne prenant pas de vitamine D). Toutefois l'effet n'est pas significatif statistiquement sauf pour une fraction du groupe traité ayant un type particulier de recepteur à la vitamine D. Selon ScienceDaily, tous les patients, traités en Angleterre étaient carencés en vitamine D, peut-être à cause du pays concerné, peu ensoleillé, ou, hypothèse non évoquée dans l'article, parce que des taux bas de vitamine D favorisent la contamination. En tout cas la carence constatée en vitamine D de la population à traiter plaiderait pour une complémentation systématique de tous les malades tuberculeux en vitamine D dans l'hémisphère Nord.

Une étude sur des enfants d'âge socalaire  a été menée en Mongolie, "Vitamin D, tuberculin skin test conversion, and latent tuberculosis in Mongolian school-age children: a randomized, double-blind, placebo-controlled feasibility trial." Selon lanutrition.fr, cette étude a été mené par des chercheurs de l'université de Harvard, la plus grande école de nutrition au monde. Tel que Gestion Santé comprend la conception de l'étude, la Mongolie a été choisie parce que la carence en vitamine D y est courante (les taux de concentration plasmatique des 120 enfants étudiés étaient effroyablement bas, cf. résumé) et la tuberculose est fréquente en Mongolie (Taux internationaux d'incidence de la tuberculose).

Les enfants ont été séparés en groupe traité et groupe placebo, le groupe traité recevant 800UI de vitamine D3 par jour (4 fois les AJR français et non 2 fois comme l'indique lanutrition.fr car il s'agit d'écolier âgés de plus de 4 ans (lire "Le rapport qui change la donne" pour les AJR actuels par tranche d'âge). Selon lanutrition.fr, "Tous les enfants présentaient un déficit en vitamine D au début de l'étude (7 ng/mL en moyenne) et la supplémentation a augmenté leur taux de 12,7 ng/mL environ. Au bout de 6 mois, 11% des enfants qui ont reçu la vitamine D ont développé la tuberculose contre 27% dans le groupe recevant le placebo. De plus parmi les enfants dont le taux de vitamine D a dépassé 20 ng/mL, seulement un a développé la maladie. Pour finir les chercheurs constatent que la supplémentation en vitamine D a également amélioré la croissance des enfants."

Bien que cette étude mette en évidence les bénéfices évidents de la vitamine D en prévention de la tuberculose chez l'enfant, Gestion Santé souhaiterait souligner que l'étude présente des manquements éthiques graves (notamment par rapport aux articles 6 et 32 de la Déclaration d'Helsinki de L'AMM - Principes éthiques applicables à la recherche médicale impliquant des êtres humains). Le taux initital des enfants était de 7 ng/mL en moyenne, soit une carence avérée en vitamine D. A ces taux les enfants présentent un risque de rachitisme et d'autres risques santé liés à la carence en vitamine D. La constitution d'un groupe placebo constitués d'enfants en carence avérée non traités est dans de telles conditions totalement incacceptable. En outre, la méthodologie d'intervention, peut-être définie de façon trop rigide en amont de la réalisation sur le terrain, n'est pas adaptée par rapport à la situation initiale des taux de vitamine D constatés. Des taux nettement plus important de vitamine D auraient du être apportés en "traitement d'attaque" pendant un mois ou deux. Notre interprétation est d'ailleurs confirmée par les taux notoirement insuffisants de vitamine D plasmatique constatés dans le groupe traité à la fin des 6 mois de complémentation.

Confirmant ces éléments, une étude récente menée en Tanzanie relatée dans BMJ Open montre que après suivi des patients traités sur plusieurs années, ceux qui avaient un niveau de vitamine D inférieur à 30 ng/ml au début du traitement avaient un risque de rechute augmenté de 66%.

La vitamine D agissant en stimulant l'immunité via des mécanismes complexes, il est probable qu'il faut un temps de charge d'une durée variable pour commencer à avoir des effets évidents dans la tuberculose et qu'il faudrait une prise de vitamine D importante en début de traitement, adaptée en fonction des taux plasmatique observés à l'entrée dans le traitement. Le traitement antibiothérapeutique durant de 5 à 6 semaines, cela devrait notablement améliorer l'efficacité. Dans le cas de la tuberculose, on commence la prise de la vitamine D en même temps que les antibiotiques et il n'est pas possible d'évaluer une montée en charge de la vitamine D avant lancement du traitement. On verra dans la suite que c'est par contre possible pour d'autres traitements comme celui de l'hépathite C.

La durée standard du traitement antibiothérapeutique étant brève, le cotraitement à la vitamine D a surtout un intérêt majeur pour minorer les échecs thérapeutiques et ainsi éviter la diffusion de formes de tuberculoses résistantes au traitement standard, qui est un des problèmes majeurs de la lutte contre la tuberculose au niveau international. La prise de doses importantes de vitamine D par les personnes contact du tuberculeux, apparaît également comme une stratégie de santé publique particulièrement prometteuse, mais qui reste encore à mettre en place. La logique voudrait que le traitement par des doses élevées de vitamine D des tuberculeux et des contacts soit intégrée rapidement dans les recommandations de l'OMS pour la lutte contre la tuberculose.

Cela est d'autant plus vrai que les découvertes de l'effet de la vitamine D sur l'immunité innée et acquise ont été mis en évidence spécifiquement sur la tuberculose comme nous l'avons expliqué dans la section précédente.

Les études précédement cités, tant théoriques que pratiques, confirment que les préjugés font prendre des décennies de retard à la médecine. On sait depuis longtemps que les noirs sont, à situation d'ensoleillement identique, nettement plus à risque de tuberculose que les blancs et qu'ils ont des taux plus faibles de vitamine D circulant, que leur peau synthétise plus difficilement. Par ailleurs l'effet des cures au soleil (en sanatorium en montagne et dans les régions ensoleillées) est une stratégie de lutte contre la tuberculose qui remonte au XIXeS). Pourtant aucune étude systématique de l'effet de la vitamine D comme cofacteur possible des traitements standard de la tuberculose n'a été initiée jusqu'à tout récemment, alors que la tuberculose est théoriquement une priorité de santé publique dans de nombreux pays. Ajoutons que de telles études sont extrèmement simples et peu coûteuses à monter et que l'origine du blocage ne vient donc pas de là. Il en va de même pour la quasi totalité des autres vitamines et nutriments, notamment de la vitamine C qui est également une vitamine d'efficacité probable en complément du traitement habituel de la tuberculose. Mais pratiquement aucune étude n'a été menée sur ce sujet depuis les années 70 ! Thomas Levy, dans son ouvrage classique " Vitamin C, Infectious Diseases, and Toxins " (Xlibris, 2002) a lu et commenté de nombreuses études allant pourtant dans le sens d'une efficacité probable de la vitamine C dans cette indication. Il faudrait faire des contrôles des carences nutritionnelles des patients en cas de tuberculose, ce qui serait facile à faire et peu couteux dans les pays développés.

Vitamine D et hépatite C

Il y a presque chaque semaine des résultats remarquables concernant la vitamine D. Les derniers résultats dont nous allons parler concernent un effet antiviral possible sur le virus de l'hépatite C. Rappelons que la vitamine D stimule des facteurs cellulaires qui interviennent dans la production de peptides antimicrobiens et de facteurs qui stimulent la différenciation des cellules immunitaires. On soupçonne donc la vitamine D d'être un antiviral et un antibactérien puissant, même si l'importance de l'effet serait encore à préciser selon les souches virales et bactériennes et à démontrer par des études ad hoc. Etant donné que la quasi totalité de la population française est déficiente en vitamine D en hiver par manque d'irradiation par les UB-B solaires et que d'autre part les chercheurs relèvent constamment les besoins en vitamine D (lire le dossier vitamine D du site Lanutrition.fr et notre section supra sur les dosages), ces données sont très importantes et il est important de suivre l'actualité scientifique sur ces questions.

C'est dans ce contexte qu'une nouvelle étude vient d'être publiée concernant le traitement de l'hépatite C. Un chercheur israélien, Saif M. Abu-Mouch, sans doute suite à tout ce qui s'est publié récemment sur la question de la vitamine D a eu l'idée de rajouter de la vitamine D à la bithérapie standard de l'hépatite C. [ma traduction de l'anglais dans la suite de l'article "Vitamin D has benefits in chronic HCV infection (Medscape - 9 Nov 2009)"

Le traitement de référence de l'hépatite C consiste en une bithérapie longue et souvent invalidante avec un pourcentage d'échecs élevé. Le traitement étant très coûteux les firmes pharmaceutiques lancent régulièrement des essais thérapeutiques pour tenter de concurencer la bithérapie de référence qui est une association d'une variété d'interféron et de ribavirine. Les résultats actuels restent dans l'ensemble décevants même si on parle beaucoup des effets plus ou moins importants sur la charge virale des différents traitements nouveaux ou anciens pour masquer les échecs à obtenir une véritable guérison ou même une baisse durable de la charge virale chez plus de la moitié de patients après la fin du traitement, celui-ci étant par ailleurs extrèmement invalidant.

"Dans cette étude, 58 patients atteints d'un HCV confirmé (de génotype 1) ont été distribués au hasard pour être traités avec du peginterferon-alfa2b (1.5 µg/kg toutes les semaines) plus ribavirin (1000 to 2000 mg/jour). 31 patients ont également reçu de la vitamine D (1000 à 4000 IU/jour ; serum level >32 ng/mL).

Le groupe sous vitamine D avait un plus fort taux moyen d'index de masse corporelle (27 vs 24 kg/m2 ; P < .01), de charge virale (68% vs 58% ; P < .01), et de fibrose (Metavir scores > F2, 55% vs 18% ; P < .001) que le groupe ne recevant pas de vitamine D. Les critères démographiques, les caractéristiques de la maladie, l'ethnicité, les paramètres biochimiques de base et l'adhésion au traitement ont été similaires dans les deux groupes étudiés.

Une réponse virologique rapide a été observée à la semaine 4 dans 44% du groupe sous vitamine D et dans 18% du groupe contrôle. A la 12e semaine, comme le Dr. Abu-Mouch l'a expliqué à Medscape Gastroenterology, 96% du groupe sous vitamine D (26 des 27 patients) étaient HCV RNA-négatif, selon une estimation effectuée par la reverse-transcriptase polymerase chain reaction, comparé à 48% du groupe de contrôle (15 des 31 patients), ce qui est une différence significative (P < .001), a-t-il déclaré.

La combinaison de peginterferon et de ribavirine, le traitement standard pour le HCV chronique, obtient une réponse virologique prolongée dans 40% à 50% de la population de patients naïfs de traitement atteints pour le génotype 1, ont expliqué les chercheurs dans le compte rendu de présentation. La vitamine D en combinaison avec le peginterferon-ribavirine "pourrait avoir des effets de synergie" a expliqué le Dr. Abu-Mouch."

Le résultat de cette recherche est en tout point remarquable. L'échantillon est faible mais le résultat est démonstratif du fait de la puissance de l'effet obtenu avec 26 des 27 patients sous vitamine D séro-négatifs en fin de traitement.

Le compte rendu est intéressant mais il manque le taux de vitamine D plasmatique du groupe non supplémenté en vitamine D comparé au groupe traité. On ne comprend pas bien non plus ce qu'il faut comprendre par la prise de vitamine D de 1000 à 4000 IU/jour. S'agit-il d'une variation dans le temps ou de dosages différents pour les patients en fonction du taux de vitamine D sanguin initial, de façon à avoir un taux plasmatique relativement uniforme dans le groupe traité ? Une des choses qui m'a le plus étonnée est qu'un tel effet puisse être atteint avec ces apports en vitamine D que je trouve assez modestes. Comme le rappelle le Dr Mercola, les cliniciens en pointe sur la vitamine D préconisent d'atteindre des taux plasmatiques sensiblement supérieurs, surtout lorsqu'un effet thérapeutique est recherché. Dans cette optique le taux plasmatique optimum serait dans la fourchette 50-65 ng/mL, bien supérieur au 32ng/mL de l'étude, mais là encore prudence, car le résumé indique seulement serum level >32 ng/mL ce qui là encore est assez vague. Ajoutons que l'étude se passe dans un hôpital israélien une région nettement plus ensoleillée que le l'Europe occidentale, ce qui explique probablement que l'on ait pu augmenter le taux plasmatique avec des apports relativement modestes de 1000 à 4000 UI de vitamine D qui seraient probablement nettement insuffisants ailleurs.

Il serait en tout cas intéressant d'étudier la vitamine D en monothérapie en visant des taux plasmatiques de 50-65 ng/mL, voire même une cible thérapeutique de 65-90 ng/mL, la limite de sécurité thérapeutique de la vitamine D étant de 100ng/mL, afin d'étudier les effets de quelques mois de traitement sur la charge virale. Ces recherches seraient à rapprocher de celles ayant mis en évidence que de l'ordre de 20% des personnes atteintes par l'hépatite C guérissent spontanément. Ces guérisons spontanées sont probablement liées à l'intensité de la charge virale initiale qui serait plus faible chez les personnes ayant guéri, mais aussi, selon la revue Science "à l'action de gènes capables de supprimer le système de freinage de certaines des défenses immunitaires de l'organisme, les cellules naturelles tueuses." Or nous retrouvons là le mode d'action spécifique de la vitamine D sur le système immunitaire.

Un forum www.hepatites.net spécialisé dans les problèmes de patients confrontés à l'hépathite a mis un lien vers notre billet, avec divers commentaires dont l'un m'a plus particulièrement intéressé car il annonce un petit essai très bien conçu (lire pdf p. 18-19) qui devrait permettre d'en savoir plus sur l'intérêt de l'ajout de la vitamine D au traitement de référence par bithérapie de l'hépathite C. Il s'agit d'un essai ouvert : "Lorsque le patient et l'expérimentateur connaissent tous deux l'appartenance au groupe, on parle d' étude ouverte", wikipedia". L'effet placebo n'est donc pas neutralisé, mais cela permet, si l'essai donne des résultats médiocres, d'éliminer l'hypothèse testée. Si par contre les résultats sont conformes à l'étude israélienne, cela devrait encourager à lancer des études complémentaires. Le recrutement est très bien conçu : des échecs de la thérapeutique de référence pour des souches de génotype 1 et 4 auquel on propose un nouveau traitement similaire avec ajout de vitamine D. De plus les personnes recrutées doivent avoir une hypovitaminose D définie par une valeur inférieure à 30 ng/ml (30ng/ml est un niveau faible de vitamine D, mais on aura de nombreuses carences franches dans la population sélectionnée sous ce seuil). Par ailleurs les apports proposés sont de 100 000 UI /semaine de vitamine D renouvelés 4 fois, puis une bithérapie classique avec 100 000 UI toutes les 4 semaines jusqu'à fin du traitement antiviral. Ces dosages sont vraiment excellents, fixés à un niveau élevé, tout en restant dans les limites de sécurité thérapeutique. L'essai sera donc parfaitement démonstratif quel qu'en soit le résultat. Les inclusions des patients dans l'essai ont commencé au 2e semestre 2010 et le suivi par patient sera de 78 semaines. Il est trop rare de nos jours où les essais les plus douteux sont acceptés par de pseudo comités d'éthique, de voir un essai d'une telle qualité. Vraiment bravo ! En plus en cas de succès l'essai servira probablement de référence en matière de dosage pour la vitamine D et évitera les dosages misérabilistes comme ceux que l'on voit parfois dans les essais pour la protection osseuse chez la personne âgée.

Lire aussi nos remarques ci-dessus sur la biotransformation hépathique de la D2 en D3, la seule utile. Comme je l'ai expliqué, si on prend de la D2 le montant réel des apports est quasiment à diviser par deux par rapport à la D3 (lire pharmacorama pour savoir si le médicament qui vous est prescrit est de la D2 ou de la D3). De plus le malade hépathique pourrait ne pas transformer correctement la D2 en D3 du fait de la maladie hépathique. Il faut donc qu'il lise soigneusement le résultat de ses analyses pour avoir le ratio D2 et D3 - si ses apports se font sous forme de D2 - pour s'assurer qu'il biotranforme correctement en D3.

Par ailleurs, lors de la prise de monodose style UVÉDOSE 100 000 UI (à base de D3), les médecins français ont tendance à trop espacer les prises. A mon avis, il faudrait une dose mensuelle d'UVÉDOSE 6 mois par an dans notre pays qui est relativement peu ensoleillé (sauf cas particulier des personnes allant souvent au soleil sans écran UV). Et probablement plus rapprochée pour les malades hépathiques en particulier en traitement d'attaque.

Les anciennes recherches du Dr. Knott sur l'irradiation UV du plasma

Ces intéressants résultats préliminaires ont amené John Jacob Cannell du Vitamin D Council ( un organisme non commercial qui mène des activités pédagogiques en faveur de la vitamine D) à se demander si ces résultats ne pourraient pas être dose-dépendants, c'est-à-dire à se demander si de très fortes doses de vitamine D donnéees brièvement dans le temps ne pourraient pas avoir des effets antiviraux et antibactériens intéressants allant d'ailleurs bien au-delà de l'action probable sur la seule tuberculose (l'apport ponctuel de très fortes doses de vitamine D en une seule fois est une pratique médicale courante en cas de carence et ne pose pas de problème de sécurité d'utilisation).

Le Dr Cannell a eu connaissance de résultats anecdotiques de lecteurs du Vitamin D Council allant dans le sens d'un effet anti-infectieux de fortes doses de vitamine D, mais surtout il s'est replongé dans une thérapeutique, celle du Dr. Knott, qui a eu beaucoup de succès à partir des années 30 et jusqu'au début des années 50 aux USA et à fait l'objet de nombreuses publications dans des revues scientifiques prestigieuses de l'époque avant de tomber dans un oubli quasi total. Cette technique consistait a irradier à l'extérieur du corps une fraction du sang circulant (jusqu'à 10% du sang total) avec des rayons UV et à le réinjecter ensuite au patient. Je laisse le lecteur intéressé lire en détail ce texte très stimulant du Dr Cannell dont je ne reprend que quelques points. Celui-ci explique qu'on ne connaissait pas encore la relation entre la vitamine D et les UV à l'époque, et il décrit en détail les nombreux éléments faisant penser que dans cette thérapeutique l'irradiation activait la synthèse de vitamine D. Par exemple le traitement traite tous les signes d'une déficience en vitamine D, en particulier le rachitisme. L'auteur montre même que chez les chiens dont l'intégralité du sang est irradié (au lieu d'une fraction dans le traitement normal) ceux-ci décèdent dans les jours suivants avec tous les signes cliniques d'une intoxication aïgue par la vitamine D.

Evidemment le fait que l'on devrait obtenir les mêmes résultats avec de la vitamine D à haute dose sans avoir désormais à utiliser cette ancienne technique n'échappe pas à l'auteur. Mais hormis l'intérêt de comprendre rétrospectivement les modalités d'efficacité d'une ancienne thérapeutique, ce qui l'intéresse ce sont les autres résultats thérapeutiques démontrés à l'époque avec cette technique : "La raison pour laquelle c'est important [la thérapie du Dr. Knott] est que ces centaines d'études ont été publiées, dont de nombreuses dans les meilleures publications, décrivant des effets indiscutables similaires à ceux des antibiotiques à la suite d'irradiations du sang."

Dans cette thérapeutique les quantités délivrées de vitamine D se chiffrent en dizaines de milliers d'UI et même plus probablement en centaine de milliers. Les résultats documentés à répétition sont des guérisons très efficaces en milieu hospitalier d'infections sévères très diverses engageant le pronostic vital des sujets traités.

L'intérêt possible pour une utilisation de nos jours serait évidemment de conforter l'efficacité des traitements classiques par antibiothérapie dans le cas d'infections graves nécessitant des mesures thérapeutiques rapides et énergiques (pour les infections chroniques comme la tuberculose des dosages plus modestes au long cours seraient probablement suffisant et le dosage de 10 000 UI ci-dessus évoqué probablement suffisant).

Le Dr Cannell expose ensuite les circonstances dans laquelle cette thérapeutique a été abandonnée "Alors qu'est-ce qui a mis fin à la recherche sur l'irradiation aux ultraviolets aux Etats-Unis ? D'abord, davantage d'antibiotiques devinrent disponibles, ayant de bien meilleurs résultats (cela se passait avant que de nombreuses bactéries ne développent des résistances aux antibiotiques). Ensuite, le mécanisme d'action proposé par Knott— la destruction directe des bactéries dans le sang irradié ou la stérilisation du sang — s'est révélé être erroné après investigation. Quand vous réfléchissez au raisonnement de Knott, cette explication n'a jamais eu de sens. Seule une petite fraction du sang est irradiée aussi les bactéries dans le sang non irradié seraient libres de se reproduire à l'intérieur du corps. Non, la stérilisation du sang n'a jamais été un mécanisme vraisemblable d'action. Toutefois, sans un mécanisme d'action vraisemblable, le protocole était condamné, au moins aux Etats-Unis." [Le Dr Cannel veut dire, je crois, que les nouveaux antibiotiques sont devenus plus efficaces, pas que les antibiotiques étaient plus efficaces que la thérapie du Dr Knott dont l'efficacité était à peu près équivalente aux traitement par antibiothérapie - De toute façon l'objectif n'est pas de substituer l'un à l'autre mais de trouver des traitements agissant en synergie]

L'explication du Dr Cannell me semble bien courte par rapport au reste de son article qui est très bien observé et fort perspicace. La disparition de cette thérapeutique éprouvée est surtout à mon sens très illustrative de l'extraordinaire capacité d'amnésie des sciences médicales et de l'extrême difficulté qu'il y a dans ce domaine à effectuer une accumulation raisonnée du savoir scientifique en dépit d'effets thérapeutiques absolument avérés. Il est frappant de constater qu'on ne semble plus, tout à coup, savoir si ces effets existent vraiment ou pas et ils semblent soudain se dissoudre et disparaître sous nos yeux comme s'ils n'avaient jamais existé, disparaissant avec une technique soudain passée de mode, phénomène qui, je dois l'avouer, laisse l'observateur sans préjugé que je suis absolument médusé.

C'est que les sciences médicales sont des sciences molles qui se font passer pour des sciences dures. L'interaction entre ce qui est étudié, l'investigateur et la théorie crée des boucles d'interactions qui provoquent aisément des distorsions massives des observations et des théories. Ceci explique les étranges phénomènes de mode qui parcourent le champ médical. Pour s'en préserver il faut articuler les sciences médicales aux sciences humaines et surtout éviter tout dogmatisme, favoriser l'interdisciplinarité, faire preuve de prudence, d'ouverture d'esprit et de tolérance à l'égard des innovateurs. Bref tout le contraire de ce qui caractérise la science médicale, livrée aux coteries et au népotisme, hypnotisée par le réductionisme scientiste, livrée au pouvoir de l'argent et aux interférences des multinationales, etc.

Le Dr Cannell explique ensuite que la thérapeutique du Dr Knott a ensuite migrée en Allemagne puis en Russie où elle était encore ces dernières années couramment pratiquée. Le Dr Cannell donne de nombreux résumés d'études publiées disponibles sur Pubmed. Dans ces études d'origine russe souvent très récentes, la thérapeutique découverte par le Dr Knott est également utilisée pour les infections graves avec toujours le même succès. Mais ces études ont été publiées en russe et il est impossible de savoir, d'après les très brefs résumés disponibles, si certains auteurs ont compris que le mécanisme d'action était lié à l'activation de la vitamine D par le traitement.

Aussi le Dr Cannell demande-t-il aux patients qui utiliseraient cette thérapie avec un thérapeute alternatif soit la Photoluminescence Therapy (auparavant appelée Ultraviolet Blood Irradiation) et qui utilisent l'appareillage allemand Euphoton EN 600 NT de bien vouloir mesurer leur taux de 25(OH)D avant l'intervention et quelques jours après l'irradiation pour vérifier l'hypothèse d'une augmentation majeure du taux de vitamine D circulant suite à ce traitement.

Comme le note avec humour le Dr Cannell nous sommes presque dans le domaine de la science fiction. Et il est vrai que déjà les résultats solides évoqués au début, pourtant sortis dans des revues de vulgarisation aisément accessible, sur la stimulation des pepdides antimicrobiens par la vitamine D ne semble pas avoir provoqué la plus minime réaction d'intérêt dans les milieux médicaux chargés du traitement de la tuberculose. Alors on peut imaginer de ce qu'il peut en être des théories et recherches d'avant-garde du Dr Cannell...

La vitamine D et la santé osseuse, les cofacteurs de la vitamine D

Le site www.sciencedaily.com rend compte de la dernière conférence de l'IOF World Congress on Osteoporosis organisé par l'IOF qui s'est penchée sur de multiples questions, dont l'intérêt des apports en nutriments pour la solidité osseuse. L'IOF semble un temple de Big Pharma et sciencedaily est un site qui traite de façon assez conventionnelle de la nutrition et des suppléments nutritionnels. Le repérage de l'évolution du discours dans ce type d'instances est donc intéressant à suivre. Il est déjà instructif en terme d'évolution des mentalités de noter que l'IOF ait sorti une synthèse des résultats du congrès portant sur la nutrition et la supplémentation à destination des agences de presse que l'on trouve à l'identique sur plusieurs site Internet traitant de la santé.

Voyons maintenant les quelques études du congrès commentées par sciencedaily. Selon une étude de Dr. Reina Armamento-Villareal menée sur 3 groupes de femmes, le groupe calcium alimentaire et le groupe calcium alimentaire plus des suppléments de calcium donne de meilleurs résultats sur la densité osseuse que le groupe qui prend seulement des suppléments [sic]. Malgré mes recherches l'étude détaillée ne semble disponible nulle part, donc impossible d'avoir des détails sur la durée de l'étude ou sur la nutrition exacte donnée aux femmes prenant "seulement un supplément" (supplements alone) de calcium ni de savoir quel type de supplément a été utilisé. Impossible de savoir également si les femmes alimentation + supplément font mieux que celles en alimentation seule, le seul élément de l'étude qu'il aurait été intéressant de connaître...

Les formes de calcium de l'alimentation étant plus variées et comportant évidemment divers cofacteurs utiles il n'est pas étonnant qu'ellse soient mieux utilisées que le calcium apporté seul. D'autant que les formes chimiques proposées par l'industrie pharmaceutique sont souvent peu assimilables. Il est vrai que la recherche des formes les plus assimilables de calcium ne présente aucun intérêt pour les gros industriels de la pharmacie, ces produits n'étant pour la plupart pas brevetable. En l'état l'évocation des recherches de cette chercheuse est donc relativement vide de sens. Elle nous invite en tout cas à toujours regarder de très près la forme de calcium apportée dans tel ou tel étude de supplémentation.

Ceci d'autant plus que dans le domaine de la supplémentation nutritionnelle, on propose désormais des suppléments de calcium très intéressants. Le meilleur produit actuel semblant être le "microcrystalline hydroxyapatite complex" (MCHC) un extrait d'os préservant la matrice crystalline du calcium et apportant de très nombreux cofacteurs contenus dans la structure osseuse. Nutranews a brièvement rendu compte de ce produit dans cet article (bas de page). AOR un site de de vente de suppléments canadien qui a une bonne revue d'information a évoqué ce produit dans l'article "Bone building basics". Il est vrai qu'il ne s'agit pas de calcium isolé mais de calcium avec des nombreux cofacteurs et que cela ne conviendrait donc guère à l'idéologie monocausale dominante en médecine. Cela dérange aussi l'idéologie dominante en médecine sur un autre de ses présupposés, selon lequel l'alimentation c'est bien, la supplémentation c'est inutile ou cela ne donne au mieux que des résultats médiocres. Mais en réalité la supplémentation encourage une alimentation équilibrée et essaie de développer des produits innovants magnifiant les propriétés les plus intéressantes des aliments.

Pour en revenir au congrès, des recherches menées au Pays-Bas et en Belgique (par Dr. Steven Boonen et d'autres auteurs) montrent que la supplémentation en vitamine D nécessite des apports suffisants en calcium pour être efficace et permettre de lutter contre l'ostéoporose. Il s'agit ici en fait des résultats d'un passage en revue par les auteurs des publications scientifiques portant sur le sujet. C'est donc plus une confirmation qu'une découverte. D'ailleurs il est probable que l'on pourrait en continuant dans cette direction de recherche montrer l'importance de nombreux autres nutriments.

Une autre étude plus surprenante et novatrice est celle du Dr. Olivier Bruyere qui "montre que la plupart des femmes post ménopausée vivant en Europe seraient déficiente en vitamine D, les mettant a risque élevé de perte osseuse et de fracture (...). Les experts suggèrent que les besoins du corps sont au minimum de 50 à 80 nanamoles de vitamine D par litre de serum sanguin pour une santé optimum de l'os. [Relire le billet du 29/12/05 pour la correspondance entre nmol/l et ng/l]

Bruyere et ses collègues ont analysé les niveaux de vitamine D de 8,532 européennes post ménopausées. Parmi ces femmes, presque 80% avaient des taux circulant de vitamine D en dessous de la limite supérieure de variation acceptable [(levels below the high end of the acceptable range): Je suppose que ça veut dire que 80% avait des taux inférieurs à 80nmol/l ]. A peu près un tiers avaient des taux inférieurs à 50 nanomoles par litre, suggérant qu'elles avaient un risque sérieux de fractures liées à l'ostéoporose.

Bruyere dit que ces découvertes étaient retrouvées indépendamment du lieu d'habitation des femmes, que ce soit dans les pays ou le soleil est abondant ou ailleurs. Ceci est remarquable parce que la vitamine D est produite dans la peau par une réaction qui nécessite la lumière du soleil. "C'est l'un des résultats intéressants de notre étude" déclare Bruyere. "Nous avons testé des femmes en France, Belgique, Danemark, Italie, Hollande, Hongrie, Espagne, en Grande Bretagne et en Allemagne, mais les résultats étaient indépendant de la latitude. Sur cette base, nous pouvons faire l'hypothèse que les niveaux de vitamine D pourraient être faibles partout dans le monde."

Les chercheurs ont observé des niveaux identiques de déficience en vitamine D chez les femmes âgées de moins de 70 ans. Bruyere suggère que ces découvertes complémentaires indiquent que l'âge a peu d'influence sur le degré de déficience. "Même les femmes post-ménopausées les plus jeunes devraient prendre une forme de supplémentation en vitamine D" dit-il. "Les suppléments ne devraient pas être réservés seulement aux personnes les plus âgées". (ma traduction de l'anglais, avec mon commentaire inséré entre [ ] )

Enfin une dernière étude citée évoque l'importance d'un apport suffisant de protéines pour protéger les femmes ménauposées des fractures. Une des découvertes importantes de l'étude est que ces protéines peuvent être d'origine végétales ce qui est une bonne nouvelle pour les végétariens qui doivent toutefois surveiller la teneur de leurs apports protéinés, le régime végétarien mal conçu étant très facilement déficient en protéines. Un apport relativement important de protéines protège des fractures de la hanche, mais le compte rendu ne dit pas si c'est via la solidité de l'os ou via des chutes moins fréquentes ou moins graves liées au maintien de la masse musculaire.

En complément, nous recommandons la lecture de la section de notre page sur la vitamine K, "La vitamine K2 et la calcification", les vitamine D et K2 agissant de façon synergique.

Vitamine D et santé cardio-vasculaire

Un effet positif de la vitamine D sur le système cardio-vasculaire est souvent évoqué. LaNutrition.fr  rappelle que "Les hypertendus qui s’exposent régulièrement au rayonnement UVB voient leur niveau de vitamine D dans le sang augmenter et dans le même temps leur pression artérielle baisser significativement. Des résultats similaires ont été obtenus avec des suppléments de vitamine D, celle-ci entraînant également une diminution du pouls." Le site donne comme référence sur les UVB un article du Lancet, "Ultraviolet B and blood pressure." Il s'agit d'une petite étude en double aveugle ou les patients avec une hypertension modérée recevaient 3 séances d'UVB par semaine pendant 3 mois et ou on a constaté une réduction significative de la tension. [Remarque  : les appareils de  bronzage français délivrent un ratio UVA / UVB qui ne permet pas d'augmenter la vitamine D, lire supra.]

Selon l'étude de 2001, "Effects of a short-term vitamin D3 and calcium supplementation on blood pressure and parathyroid hormone levels in elderly women." lorsque la vitamine D3 est apportée [à 800UI seulement, dose relativement faible] avec du calcium versus calcium seul chez des femmes ayant des taux faibles de vitamine D, on observe (ma traduction de l'abstract) un "diminution de la tension artérielle systolique [la pression haute correspondant à la contraction du coeur] de 9.3% (P = 0.02), et une diminution de la fréquence des battements cardiaques de 5.4% (P = 0.02)." La pression diastolique n'est pas modifiée de façon significative.

En 2007 est parue une étude de synthèse sur la relation inverse entre taux de vitamine D et calcification artérielle, "Vitamin D and vascular calcification". Il en ressort que la vitamine D protège de la calcification (mais un surdosage en vitamine D - à des doses très élevées de vitamine D prises de façon souvent accidentelles - peut aussi provooquer des calcifications gravissimes, ce. affaire récente mais heureusement rarissime de Gary Null). Ces résultats sont confirmés par des études variées, comme en 2011 "Vitamin D Deficiency Is Associated With Subclinical Carotid Atherosclerosis", qui montre que des taux faibles de vitamine D sont associés à la cacification artérielle, ou une autre étude de la Emory/Georgia Tech Predictive Health Institute sur la capacité de relaxation artérielle.

On peut en déduire que la complémentation en D3 ou les UVB pris régulièrement baisse la pression systolique et le pouls à court et moyen terme et que la prise à long terme diminue probablement également la pression diastolique lors du veillissement en limitant la calcification. D'autres nutriments joue également un rôle dans la cacification comme nous l'avons expliqué dans notre page "Quoi de neuf sur la vitamine K ?"

A noter qu'à des dosages très élevés, relevant à mon sens d'un début d'intoxication à la vitamine D (dosages plasmatiques supérieurs à 100 ng/dL), intervient selon une étude rapportée par LaNutrition, un "risque de fibrillation auriculaire, un trouble du rythme cardiaque, multiplié par 2,5. La fibrillation auriculaire est un trouble de synchronisation des fibres musculaires des oreillettes du coeur, elle multiplie par deux le risque de décès." Normalement ces phénomènes n'interviennent qu'avec des surdosages de vitamine D de l'ordre de 40.000 UI par jour, pris sur une longue période.

Une petite étude récentesur des personnes en surpoids semble être la première à s'être intéressée l'effet de la vitamine D sur les lipides sanguins. On note une amélioration  du  HDL (le "bon" cholestérol) et  une hausse  modérée du LDL  ("mauvais" cholestérol), mais celle-ci est accompanée d'une améliorationde la répartition des apolipoprotéines avec une amélioration du rapport Apo B/Apo A qui est un facteur de risque cardiovasculaire.

Vitamine D et cancer

Il existe beaucoup de recherches sur cette question, la vitamine D semblant avoir un effet préventif dans beaucoup de cancers. J'ouvre donc ce sujet et vais l'enrichir progressivement au fur et à mesure de mes lectures.
L'establishment médical en cancérologie ne recommande pas pour l'instant la supplémentation en vitamine D. Lire par exemple l'article du National Cancer Institute.

Cancer du sein : Le cancer du sein fait partie des cancers pour lesquels on a de bons indices de corrélation positive entre taux de vitamine D et risque de cancer (plus de vitamine D = moins de cancer !). Une étude récente et inovante a testé chez 155 femmes atteintes de cancers du sein la relation entre taux de vitamine D et l'agressivité de la tumeur. Elle a montré une corrélation très forte entre les tumeurs les plus agressives et un taux de vitamine D insuffisant. Lire la présentation des travaux de Luke Peppone, Ph.D. "Aggressive Breast Tumors Linked to Vitamin D Deficiency" sur le site de University of Rochester Medical Center.

Cancer de la vessie : Selon une importante étude espagnole rapportée par sciencedaily.com qui comparait des patients atteint de ce cancer avec des contrôles sains, les taux élevés de 25(OH)D3 étaient protecteurs de ce cancer. La vitamine D semble aussi réguler positivement l'expression de la protéine FGFR3 qui joue un rôle important dans le développement des formes invasives de ce cancer.  

Cancer du colon : Nous tirons nos informations de sciencedaily.com et de la lettre du Dr Cannell (voir la section du début sur le Vitamin D council). L'article de sciencedaily s'intitule : "Confirmation That Vitamin D Acts as a Protective Agent Against the Advance of Colon Cancer" [Confirmation que la vitamine D agit comme un agent protecteur contre la progression du cancer du colon]

Sciencedaily rappelle d'abord ce qui est déjà connu à ce propos, "L'indication que la vitamine D et ses dérivés ont un effet protecteur contre des types différents de cancer n'est pas nouvelle. Dans le domaine du cancer du colon, de nombreuses études expérimentales et épidémiologiques montrent que la vitamine D3 (ou le cholecalciferol) et certains de ses dérivés inhibent la croissance des cellules cancéreuses."

Les mécanismes biochimiques de ces effets sur les cellules du colon via une protéine spécifique commencent à être mieux compris grace à une étude récente d'importance majeure : Vitamin D Receptor Deficiency Enhances Wnt/β-Catenin Signaling and Tumor Burden in Colon Cancer. Selon Sciencedaily "Cette protéine, connue sous le nom de beta-caténine, qui est normalement trouvée dans les cellules épithéliales intestinales où elle facilite leur cohésion, s'accumule en grandes quantités dans d'autres régions des cellules quand la transformation tumorale commence. À la suite de ces changements, la protéine est retenue dans le nucléus des cellules, où elle facilite le processus cancérigène et c'est le point auquel la vitamine D intervient, ou plutôt le récepteur cellulaire (VDR) à la vitamine D. "Notre étude a confirmé le rôle essentiel du VDR dans le contrôle du signal anormal qui suscite la croissance et la prolifération non maîtrisée de cellules du colon qui, dans une phase plus avancée, finissent par devenir une tumeur proprement dite " explique Héctor Palmer, le coordinateur de cette étude et qui est à la tête du laboratoire du VHIO sur les Cellules souches et le Cancer. Il continue, "la stimulation de ce récepteur réprime l'action de la protéine béta-caténine, en interférant avec la série d'événements qui changent la cellule intestinale en une cellule de tumeur maligne." "

Il est nécessaire que le récepteur VDR soit présent en quantité suffisante pour que l'effet préventif de la vitamine D soit efficace. Mais plus le cancer est avancé, plus les cellules perdent leurs recepteurs VDR. La vitamine D intervient donc dans les phases initiales de la cancérisation et des apports élevés de vitamine D sont de nature à prévenir, bloquer, ralentir ou minorer la gravité du cancer colorectal. Par contre il y a peu à en attendre dans les formes avancées, sauf pour éviter la récidive après ablation d'un polype.

Bien que les données soient seulement tirées de l'épidémiologie on estime que l'effet de prévention de niveaux de vitamine D qui seraient maintenu  au-dessus de32 ng par mL serait diminé de 36%. Des apports élevés de calcium (590 mg par jour) permettraient une diminution de 37% supplémentaire ( Vitamin D again linked to lower colorectal cancer risk). Comme les apports optimum de vitamine D sont plutôt de 50ng, ces dosages pourraient être plus protecteurs encore du cancer colorectal.

La vitamine D semble activer les télomérases

Selon Wikipedia, "La télomérase est un enzyme qui, lors de la réplication de l'ADN chez les eucaryotes, permet de conserver la longueur du chromosome en ajoutant une structure spécifique à chaque extrémité : le télomère (du grec τέλος, extrémité ou fin)." ... "Sans l'action des télomérases qui remettent la partie perdue à chaque division cellulaire, au bout d'une quarantaine de divisions, le chromosome perdrait les informations de ses derniers gènes et la cellule deviendrait non viable et mourrait (apoptose)."

La déficience en télomérase est donc fortement liée à la sénescence cellulaire. Mais il faut trouver des produits qui l'activent  sans danger pour l'organisme car,  par exemple, les cellules cancéreuses contiennent un fort taux de télomérase qui est une des étapes clé de la cancérisation en rapport avec "l'immortalité" des cellules cancéreuses.

Le Dr John Cannell dans une de ses récentes NewsLetter  a popularisé les résultats d'une étude tendant à montrer une activation importante de la télomérase de 19% avec une dose de 60,000 IU par mois (environ 2000 UI par jour). Rappelons toutefois que donner une forte dose de vitamine D n'est pas la même chose que de donner dela vitamine D tous les jours, ce qui correspond mieux à la biosynthèse naturelle dans l'organisme. La population traitée, des noirs américains en surpoids, sont passés de 16 to 40 ng/ml de vitamine D circulante en fin de traitement.

Comme 16 ng/ml indique une carence claire en vitamine D on ne peut pas encore déterminer si la vitamine D augmente vraiment l'activité de la télomérase où s'il faudrait plutôt dire, ce qui n'est pas du tout la même chose, que la carence en vitamine D entraine un sous-fonctionnement de la télomérase qui se régulariserait à partir d'un certain seuil, qu'il serait particulièrement important de connaître ! Une autre hypothèse serait que le fonctionnement de la télomérase pourrait est vitamine D dépendant jusqu'au seuil de  l'optimum de vitamine D circulante (un peu au-dessus de 50 ng/ml) ce qui serait un résultat plus intéressant. En l'état actuel de cette étude, on n'en sait encore rien. Peut-être suffit-il tout simplement d'avoir 30ng/ml pour maximiser le fonctionnement de la télomérase.

En faisant une recherche sur Internet, j'ai trouvé une étude similaire de 2007 menée chez des femmes sur un échantillon plus important qui semble indiquer que l'augmentation est linéaire avec l'augmentation du taux de vitamine D. Les femmes en question n'était pas incluses dans une étude de complémentation, donc les données de ces deux études se complètent bien. Dans ces études les télomères mesurés sont ceux des différentes cellules immunitaires sanguines, les PBMC. Les télomères des PBMC semblent de bons indicateurs du veillissement et on extrapole ces résultats au reste du corps.

Il s'agit donc d'une question très importante pour les personnes soucieuses d'optimiser leur complémentation qui semblent plaider pour des apports permettant des taux circulant de vitamine D supérieurs à 50 ng/ml. Il est probable que l'on ne va pas tarder à avoir de nouveaux résultats sur ces questions vu leur intérêt en matière de santé.

On voit qu'il n'est pas forcément nécessaire de se précipiter sur l’astragaloside IV un extrait standardisé d’astragale (Astragalus membranaceus) vendu au prix de l'or pour des proprités similaires !

Sur la vitamine D et la longévité, lire aussi "La vitamine D allonge de 33 % la durée de vie moyenne… du nématode (d'après le Quotidien du Médecin)"

Continuez à lire Gestion Santé pour faire des économies sur votre budget complémentation nutritionnelle !

Gestion Santé a contribué à faire reformuler l'un des principaux multi-suppléments US, le Life Extension Mix !

Un petit autosatisfecit pour Gestion Santé en cette fin d'année [il s'agissait de 2009], ça fait toujours du bien et nous n'en abusons pas, je crois !

Donc voici l'histoire. Il y a à peine plus d'un an le 30 novembre 2008 arrivait dans ma boite au lettre mail la Vitamin D Newsletter de décembre 2008 du Dr John Cannell un médecin psychiatre passionné par la vitamine D qui gère le site Vitamin D council que nous évoquons régulièrement lorsque nous traitons de la vitamine D, compte tenu de ce qu'il rend compte de façon très pédagogique et très pointue de l'état des connaissances sur cette vitamine.

La lettre de décembre évoquait les effets antagonistes de la forme active de la vitamine A, le rétinol sur la vitamine D. C'est pourquoi la lettre expliquait que l'huile de foie de morue qui contient beaucoup de vitamine A en plus de la vitamine D n'est pas un bon supplément malgré sa teneur élevée en omega 3 utiles.

En fait il y a deux formes de vitamine A, les caroténoïdes d'origine végétale, dont fait partie le beta-carotène des fruits et légumes et la vitamine A retinol, dont les formes physiologiquement actives sont le rétinol, le rétinal et l'acide retinoïque, que l'on trouve dans le foie des animaux terrestre et marins. Le retinol a une toxicité en cas de surdosage (notamment chez la femme enceinte) et c'est le seul qui ait un effet inhibiteur par rapport à la vitamine D. "Le surdosage par prise de très fortes doses de rétinol est bien documenté : hypertension intracrânienne, vertiges, alopécie, arthralgies, hépatomégalie et splénomégalie. Le surdosage de rétinol peut engendrer une hypovitaminose C et surtout un risque fracturaire. En effet de fortes doses de vitamine A peuvent stimuler la résorption osseuse et inhiber les ostéoblastes, contribuant ainsi au risque d'ostéoporose et de fracture du col du fémur" (Dr Catherine De Goursac) Il faut savoir que 6 mg de béta-carotène ont la même activité que 1 mg de rétinol. "Lorsqu'on consomme 5 fruits et légumes par jour, on reçoit 5 à 6 mg de bêta-carotène. Les caroténoïdes sont absorbés à moins de 50% et ont ensuite une activité rétinol like qu'à 1/12°" (même source Dr Catherine De Goursac - cet auteur dont l'article contient des informations factuelles pertinentes que j'utilise ici mais alimente par ailleurs les peurs habituelles en France à l'encontre des suppléments en se fondant sur une analyse superficielle des études publiées).

En lisant la lettre du Dr Cannell, je me suis souvenu que je m'étais parfois interrogé sur le niveau de vitamine A retinol de mon supplément de base, le Life Extension Mix (LEM) de la Life Extension Foundation (LEF) (je prend seulement 2/3 de la dose recommandée par le fabriquant), que je trouvai très élevé. Ce supplément contenait à l'époque comme source de vitamine A 54% de Betatene® D. salina, un extrait naturel de béta-carotène et accompagné de divers caroténoïdes; le reste étant sous forme de rétinol. Le Betatene® est un extrait breveté de l'algue verte Dunaliella salina réputée pour la qualité de son beta-carotène et de ses caroténoïdes.

C'est toujours le problème avec les suppléments "tous en un", très pratiques d'utilisation, mais où on est pas toujours en accord avec le détail de la composition. Malgré les hauts standards de qualité le LEM a d'ailleurs d'autres défauts par ex. il ne contient qu'une seule forme de vitamine E ce qui oblige à prendre les autres formes séparément. Mais dans le cas d'espèce je me suis concentré sur le problème du retinol, ayant un interlocuteur potentiel via le Dr Cannell.

Comme je l'écrivais peu après au Dr Cannel, le LEM m'apportait , avec mon dosage des 2/3 du montant recommandé, quand même un peu plus de 1500 UI de vitamine A acetate, ce que je trouvai trop élevé. Dans le mail, je suggérai au Dr Cannell d'utiliser son autorité en matière de vitamine D pour écrire une sorte de lettre ouverte amicale à LEF les invitant à reformuler leur produit en remplaçant l'essentiel de la vitamine A acetate par du beta carotène. Je me disais aussi que la reformulation de ce produit leader su marché aurait un effet positif sur d'autres prosuits du marché.

Je devais m'apercevoir que le Dr Cannell qui semble bien connaître les gens de LEF (qui font régulièrement depuis quelque temps allusion à son travail dans leur magazine - ici par exemple) leur avait tout simplement envoyé un petit mot avec copie de mon mail, accompagné de divers articles scientifiques pour défendre la position que je lui avais suggérée. C'est ainsi qu'à la mi-décembre 2008 j'eu la bonne surprise d'être mis en copie d'un mail de réponse de Bill Faloon un des co-fondateurs de LEF indiquant au Dr Cannell qu'il allait faire étudier par ses équipes les articles fournis par le Dr Cannell pour savoir si le rapport bénéfice - risque de l'acide rétinoïque justifiait son remplacement partiel ou total par du béta-carotène. Pas de nouvelle jusqu'à ce que ces jours-ci où j'ai eu l'occasion de consulter la formulation du LEM et de découvrir une mise à jour probablement toute récente avec :

Vitamin A (as 90% Betatene® 1 D. salina natural ------------------ 5000 IU
beta-carotene with mixed carotenoids and 10% acetate)

Autrement dit le béta carotène est passé de 54% dans la version précédente à 90% dans la version actuelle, ce qui est tout à fait satisfaisant puisque l'acide rétinoïque ne constitue plus que 10% de l'apport soit 500UI. En parallèle la dose de vitamine D est passée de 1000UI à 2000UI.

Donc un an pour faire reformuler un produit aussi connu et important, c'est très raisonnable. Gestion Santé est vraiment heureux et fier de sa modeste mais réelle contribution dans cette affaire.

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Créé le 25/11/05. Dernière modification le 29/12/12.