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"Pas d'accord !" : LaNutrition.fr (sous)note le multicomplément Life Extension Mix (de Life Extension) dans le cadre d'une évaluation des multicompléments du marché et Gestion Santé vous propose une contre-expertise approfondie

 

Une évaluation des multicompléments du marché par le site LaNutrition.fr donne l'occasion à Gestion Santé d'exprimer son désaccord avec les modalités d'évaluation proposées et leur incidence sur l'évaluation du Life Extension Mix (LEM) de Life Extension, un produit qui fait référence sur le marché américain et que Gestion Santé apprécie.

Cela nous donnera l'occasion de rappeler l'importance d'un multicomplément bien conçu comme base pour une complémentation prise au sérieux et bien pensée et de proposer des critères généraux pour évaluer un multicomplément. Nous utilisons le terme de multicomplément plutôt que l'usuel "multivitamines", ces produits comportant en général une beaucoup plus large gamme de composants que les seules vitamines ou même vitamines + minéraux. L'essentiel de la discussion sera consacrée aux vitamines, minéraux et oligoéléments, pour lesquels il y a beaucoup à dire et sur lesquels portent en outre l'essentiel des arguments d'appréciation de LaNutrition.fr auxquels nous souhaitions répondre. Les autres ingrédients et leur intérêt feront toutefois l'objet d'une présentation détaillée et d'une évaluation, en partant de ceux qui sont présents dans le LEM qui comporte de très nombreux ingrédients en sus des vitamines et minéraux.

Nous proposons dans cette page à partir de l'exemple du LEM une contre-expertise approfondie et détaillée de l'évaluation proposée par le site LaNutrition.fr. Nous montrerons les nombreuses insuffisances de cette évaluation, tout en posant en contrepoint nos propres critères pour une évaluation scientifique rationnelle d'un multicomplément.

Le découpage de la page permettra au lecteur qui n'a pas le temps de faire une lecture complète du document, au vu de sa longueur, de se reporter aux sections qui l'intéresse plus particulièrement et nous permettra aussi d'utiliser par la suite ce document comme une base de référence pour de futurs articles et discussions.

Le site LaNutrition.fr vu par Gestion Santé
Evaluation des multicompléments : "Pas d'accord" !
Le multicomplément est la clé de voûte incontournable d'une complémentation prise au sérieux
Les critères d'évaluation d'un multicomplément selon Gestion Santé
Les critères d'évaluation d'un multicomplément et du Life Extension Mix selon LaNutrition.fr
Les commentaires de LaNutrition.fr sur le
Life Extension Mix (LEM) - Catégorie "On n'aime pas" "La dose assez élevée de calcium"
LaNutrition.fr : " la présence simultanée de vitamines C et E et de fer, cuivre et manganèse pouvant faire craindre un effet pro-oxydant.'" Sur le LEM : "La présence de manganèse et de cuivre potentiellement néfastes": Le manganèse
Le cuivre
LaNutrition.fr "Les doses trop élevées de zinc" du LEM
LaNutrition.fr "Le type de magnésium utilisé, peu biodisponible"
Autre métal et oligoélements du LEM : potassium, iode, sélénium, chrome, bore et molybdene
La position de LaNutrition.fr sur les vitamines du groupe B
Gestion Santé considère qu'il faut se référer au métabolisme des vitamines B et non à la notion de vitamine B "synthétique,"source de confusion. Discussion à propos des exemples de LaNutrition sur les vitamines B9 et B6
La question des dosages de sécurité de la  la vitamine B9 et le problème de sa coenzymation
Les déficiences de la coenzymation de la B9 et les résidus non métabolisés UMFA
B9, acide folique, 5-MTHF, UMFA et cancer : quels rapports ?
Quelle portée pratique pour les apports des vitamines B et notamment de la B9 des compléments et du LEM  ?
Dosages et formulations des autres vitamine B du LEM - La vitamine B1
La vitamine B2
La vitamine B3
La vitamine B5
La vitamine B6

La vitamine B8 (biotine)
La vitamine B12
La vitamine E
La vitamine A (acetate ou bétacarotène) et autres caroténoïdes
La vitamine D
La vitamine K
Autres ingrédients
Un riche éventail d'extraits végétaux particulièrement bien étudiés
Le pourquoi de l'avertissement sur le LEM : "This product contains a chemical known to the State of California to cause birth defects or other reproduction harm."
Gestion Santé s'interroge et s'inquiète de la qualité du travail d'évaluation de LaNutrition.fr
Remarque sur le  prix annoncé du LEM
Les différents conditionnements et les formulations du LEM, les dosages conseillés, les reformulations régulières du produit, quelques effets particuliers liés à la prise
En conclusion

Le site LaNutrition.fr vu par Gestion Santé

Je ne suis pas un très grand fan du site LaNutrition.fr de Thierry Souccar, même si celui-ci fournit des informations utiles. Le site tranche parfois avec le conformisme français ambiant, en prenant des positions argumentées qui vont à contre courant du politiquement correct, et je suis de ce fait plutôt enclin à le considérer avec bienveillance, d'autant que Thierry Souccar qui en est le maître d'oeuvre, est un des pionniers français de l'utilisation des compléments alimentaires. Ses ouvrages sur les compléments alimentaires ont fait référence et ont sensibilisé de nombreux lecteurs français à l'importance de la complémentation nutritionnelle. Ceci dit le site est en partie payant, comporte de nombreuses publicités, des articles sponsorisés et une boutique, et beaucoup d'informations sont trop souvent la reprise de dépêches d'agence rapidement mises en forme. De temps à autre, des articles plus fouillés retiennent toutefois mon attention. J'avais donné, par exemple, des liens vers LaNutrition, à propos des controverses autour de la vitamine D, parce que le site avait fait des mises au point intéressantes et étudié des spécificités françaises ou européennes, informations souvent non disponibles ailleurs (cf. par ex. notre billet du 01/08/12). Récemment, notre article très étoffé, "De SUVIMAX à NutriNet-Santé en passant par le PNNS : Echecs et impasses de la politique d'amélioration française des comportements alimentaires sur fond d'hostilité de principe à la complémentation alimentaire" a référencé d'assez nombreux articles de LaNutrition publié par le site au fil des ans. Mais ces articles de fond sont trop rares à mon goût et portent surtout sur les questions de santé publique en France, ce qui fait que, surtout si on lit l'anglais, et pour ce qui concerne les stratégies d'utilisation des compléments alimentaires, le site n'a, la plupart du temps, rien d'incontournable.

  Evaluation des multicompléments : "Pas d'accord" !

Je me départis de ma "bienveillante neutralité" envers LaNutrition à propos d'un enjeu d'importance et d'une question de principe. Notre réaction fait suite à un article récent du site, un "Comparatif des compléments alimentaires multivitaminés pour adultes" qui compare 35 produits différents. Il s'agit apparemment d'une évaluation qui a vocation à être annuelle, un des administrateurs du site indiquant dans les commentaires de bas de page que "Cette année le comparatif a été plus poussé et plus rigoureux." [sic]

Cet article est à l'origine du présent billet de mise au point. J'ai trouvé que le site sous-notait nettement le Life Extension Mix (LEM) de Life Extension, que je considère comme le meilleur multicomplément du marché, et que je conseille à mes lecteurs, lorsque ceux-ci cherchent un produit à multiples ingrédients bien conçu. Personnellement je le conseille au 2/3 de la dose recommandée, car il est assez fortement dosé, ceci dans un souci d'utilisation raisonnée du produit et de limitation des dépenses de complémentation. A noter que LaNutrition évoque cette possibilité pour un seul produit concurrent pour relever sa note et le placer en haut du classement...

Certains de mes lecteurs se sont inquiétés de la notation du LEM par LaNutrition et je les ai rassuré. J'ai vu aussi que les réactions de lecteurs de LaNutrition qu'on trouve en bas de page de l'article traduisaient parfois une certaine perplexité à l'égard de l'évaluation proposée. Comme on trouve dans un commentaire un lien vers la page de Gestion Santé sur les vitamines B, je précise que je n'ai pas "infiltré" les disussions ni envoyé de lecteurs en "opération commando"!

Gestion Santé, ainsi que le rédacteur de cet article, Jacques Valentin, sont sans conflit d'intérêt ni liens publicitaires ou commerciaux pouvant altérer nos prises de positions. Bien évidemment nous ne détenons pas pour autant la vérité révélée et le lecteur est invité à se forger sa propre opinion. C'est pourquoi nous lui proposons dans cette page une argumentation approfondie qui lui apportera, j'espère, de nombreuses informations utiles. Cette analyse est fouillée, parfois assez technique, lorsque cela a été nécessaire pour clarifier aussi complètement que possible un critère d'évaluation ou la composition d'un constituant du produit. Ceci explique la longueur du présent document et le fait que certains passages demandent une lecture attentive. Nous avons essayé, selon notre habitude, de vulgariser toutes les questions techniques de façon aussi claire et attrayante que possible.

Nous espérons, sans espoir excessif, que nos commentaires pourront utilement influer sur les évaluations futures des multicompléments par LaNutrition

Le multicomplément est la clé de voûte incontournable d'une complémentation prise au sérieux

Je plaide sur Gestion Santé, depuis ses débuts, il y a 12 ans, pour une architecture rationnelle de l'alimentation et de la complémentation (Lire Les compléments alimentaires, une nouvelle approche santé), dont la première version, à peine toilettée depuis, date de 2001). Dans cette architecture, le multicomplément à une place clé. L'évaluation d'un multicomplément ne peut donc être faite à la légère. Prendre de trop nombreux compléments peut vite constituer un problème, car cela devient vite très difficile à avaler et à digérer, et il est donc fondamental de disposer de produits "tout en un" bien conçus, limitant au maximum enveloppes et excipients, dont la prise peut être répartie sur les trois repas quotidients et qui apportent de nombreux nutriments sous une forme aisément digestible. On peut ensuite éventuellement ajouter à ce multicomplément de base d'autres compléments judicieusement choisis.

  Les critères d'évaluation d'un multicomplément selon Gestion Santé

Les critères clés, pronés par Gestion Santé, pour une évaluation rationnelle de ce type de produit, sont les suivants :

- le grand nombre de constituants utiles dans un volume raisonnable,
- la formulation chimique sous laquelle les constituants sont apportés (sels sélectionnés pour les minéraux et oligoélements, apport sous forme de coenzymes pour certaines vitamines, titrage en constituants actifs pour les plantes,....), qui doit correspondre aux dernières connaissances sur l'assimilabilité et l'efficacité biochimique des constituants,
- absence de constituants nuisibles ou présentés sous une forme chimique inadéquate (aspect complémentaire du précédent),
- dosages adéquats : pas de sous dosage (efficacité), ce qui oblige à reprendre le constituant via un autre complément, ni de surdosage (respect des limites de sécurité fondées sur des données scientifiques validées et non des apriori ou des règles bureaucratiques ineptes).

Les critères d'évaluation d'un multicomplément et du Life Extension Mix selon LaNutrition

Les éléments d'appréciation annoncés de son côté par LaNutrition sont les suivants "5 spécialistes de LaNutrition ont confronté les compositions et les dosages aux données scientifiques actuelles disponibles concernant les bénéfices et la sécurité (...) Parmi les éléments notés négativement : la présence de formes synthétiques, en particulier pour la vitamine E et les vitamines du groupe B, la présence simultanée de vitamines C et E et de fer, cuivre et manganèse pouvant faire craindre un effet pro-oxydant. Parmi les éléments notés positivement : la présence des 8 isomères de la vitamine E, la présence de choline, la présence de vitamines D3 et de vitamine K, la biodisponibilité des sels minéraux."

Les 5 "spécialistes" de LaNutrition ne sont pas cités, sauf  Julien Venesson, qui selon le site "a participé à la formulation de deux des produits du comparatif (NuVitamin' et NuPower de Nutriting), et ces produits ont donc été noté par les 4 autres spécialistes." Comment peut-on néanmoins participer à la notation des autres produits dans de telles conditions ? Quand aux 4 autres spécialistes, aucune information n'est apportée sur leurs compétences ou expérience dans le domaine de la complémentation... Un minimum aurait été un CV pour chacun d'eux.

LaNutrition se fixe moins que nous des positions de principe et descend presque immédiatement à des critères par constituants. Nous examinerons en détail les argumentaires utilisés par LaNutrition pour les justifier.

Par rapport au Life Extension Mix lui-même, le commentaire proposé par LaNutrition est le suivant :

"On n’aime pas : La dose assez élevée de calcium. La présence de manganèse et de cuivre potentiellement néfastes. Les doses excessives de vitamines B. Les doses trop élevées de zinc. Le type de magnésium utilisé, peu biodisponible.
On aime : l’absence de fer. Le mélange d’extraits végétaux. La dose de vitamine D. La quantité de lutéine. L’acétylcystéine."

Nous examinerons la pertinence de ces éléments d'appréciations ainsi que leur application au LEM et nous étudierons si le produit à d'autres qualités ou défauts qui ne sont pas évoqués. Nous nous reporterons aussi aux évaluations des autres produits chaque fois que cela sera utile pour compléter notre évaluation sur tel ou tel constituant présent ou absent du Life Extension Mix. Nous examinerons aussi si les responsables du site ont donné des réponses utiles dans d'autres articles donnés dans les liens de bas de page ou via des réponses aux questions des internautes (que l'on peut consulter en fin d'article).

 Les commentaires de LaNutrition sur le Life Extension Mix (LEM) - Catégorie "On n'aime pas" "La dose assez élevée de calcium"

Quelle est la raison de l'inquiétude de LaNutrition ? En comparant avec l'évaluation d'autres produits, on se rend compte que la présence de calcium est systématiquement mal notée, en proportion de l'apport effectué. Mais aucune raison n'est fournie ! Précisions, ce que ne fait pas LaNutrition, que le LEM apporte 22% des AJR.

Quelles pourraient être les raisons d'éviter le calcium dans les compléments ? Gestion Santé s'est brièvement penché sur cette question dans sa page consacrée à la vitamine K, section "La vitamine K2 et la calcification", sous-section  "Calcium, vitamine D et vitamine K2". J'y écrivais que "Il a par contre été démontré un effet négatif important de la prise de compléments de calcium sur le risque cardiovasculaire à partir d'une analyse d'une section des participants à la European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition (EPIC). Le risque était augmenté de 86% pour les compléments combinés riches en calcium et de 100% pour ceux comportant uniquement du calcium. Par contre il n'y a pas de relation claire entre apport en calcium et risque cardiovasculaire lorsque les apports sont uniquement alimentaires."

On peut aussi se reporter à "Calcium Supplements Linked to Significantly Increased Heart Attack Risk, Study Suggests" pour plus de détails.  Il en ressort que ceux qui avaient des apports  normaux de calcium, recevant les Apports Journaliers Recommandés via l'alimentation + éventuellement des compléments modérément dosés en calcium,  n'avaient pas de risque supplémentaire. Le problème vient des dosages élevés de calcium via les compléments.

On peut supposer que la réticence de LaNutrition à les mêmes origines, sans pouvoir en être sûr, compte tenu de l'absence de toute explication de leur part.

Comme indiqué précédemment, le LEM n'apporte que 22% des AJR de calcium aux dosages recommandés (et encore moins à ceux que je propose). Compte tenu de ce dosage très raisonnable et des cofacteurs utiles à l'os et favorisant la fixation du calcium dans l'os présents dans le produit, le risque posé par le calcium est à mon avis nul.

De plus les apports en calcium du produit viennent du calcium d-glucarate, du calcium ascorbate et du d-calcium pantothenate. Le d-glucarate (que l'on trouve dans différents fruits et légumes) est un important détoxifiant hépathique et biliaire et un régulateur des hormones stéroïdes via la glucuronidation. Eventuellement on pourrait apporter un produit équivalent sans calcium sous forme de glucuronolactone, mais l'enjeu est mince, le produit ne contenant que 12% de calcium, de plus l'extrait semble provenir d'un concentré de brocoli spécifique apportant de nombreux autres nutriments utiles. Les autres composés apportant du calcium proviennent d'une partie de la vitamine C du LEM, qui est stabilisée avec du calcium et de la vitamine B5 qui est classiquement stabilisée avec du calcium dans les compléments.

D'après différents calculs et consultations que j'ai effectués, et sauf erreur de ma part, il faut compter environ 10% de calcium par rapport à la quantité de B5 qui est de 600mg, soit 60mg, 12% de calcium dans le calcium d-glucarate à 200 mg, soit 24mg, et il resterait donc 134mg provenant du calcium ascorbate, autrement dit comme sel de la vitamine C. Nous reparlerons plus loin du calcium ascorbate à propos de la question du magnésium.

Le "problème" du calcium du LEM me semble largement être... un non problème ! Je ne pense pas que pour des apports de calcium inférieurs à 25% des AJR on puisse sérieusement l'envisager comme un critère d'évaluation d'un produit.

 LaNutrition : " la présence simultanée de vitamines C et E et de fer, cuivre et manganèse pouvant faire craindre un effet pro-oxydant.'" Sur le LEM : "La présence de manganèse et de cuivre potentiellement néfastes"

Le manganèse : Selon wikipedia, "Le manganèse agit comme cofacteur de nombreuses enzymes (glycosyltransferase, pyruvate carboxylase, GTP oxaloacetate carboxylase, isocitrate deshydrogenase, malic deshydrogenase, arginine synthetase, glutamine synthetase) intervenant dans des processus métaboliques variés. Il est particulièrement présent dans le métabolisme des hydrates de carbone et la synthèse des mucopolysaccharides. C'est aussi un métal essentiel pour la synthèse d'enzymes (Mn-SOD) participant à la lutte contre le stress oxydant et qui préviennent des dommages causés par les radicaux libres."

J'ignore la stabilité du gluconate de manganèse et son caractère pro-oxydant en cas de décomposition ionique lors de la digestion. Je pense que l'effet pro-oxydant est bien moindre que celui du cuivre et la quantité de 1mg contenu dans la dose journalière de LEM, très faible, ne pose, à mon avis, guère de problème de ce point de vue. Peut-être que LEF pourrait passer à une forme TRACCS (cf. section suivante sur le cuivre) pour une stabilité optimum du produit.

L'excès de manganèse peut être toxique et a des effets neurologiques néfastes. Le niveau total de manganèse de l'organisme semble assez bien régulé. Le manganèse se trouve essentiellement dans le cerveau, le squelette, le foie et les reins. Le turn over organique est relativement élevé et les besoins journaliers alimentaires sont d'environ 3mg. En cas d'excès d'apport c'est le cerveau qui est le plus impacté, car c'est au niveau du cerveau que la demi-vie du manganèse est la plus longue. Le cerveau ayant plus de difficulté à se débarasser de l'excès de manganèse que les autres organes, cela explique les formes essentiellement neurologiques des troubles observés en cas d'intoxication.

Il faut limiter l'exposition professionnelle et éviter les eaux de boisson ayant des niveaux excessifs de manganèse car le manganèse en solution dans l'eau est très biodisponible. Il y a en outre une très grande variabilité des apports alimentaires en manganèse. Dans une monographie  très complète (en anglais), le Linus Pauling Institute conseille, compte tenu du manque de connaissance sur les seuils de toxicité et de la grande variabilité des apports alimentaires, d'éviter les compléments alimentaires apportant  plus de 100% des AJR (2mg), à comparer au 1 mg proposé par le LEM.

A noter que LaNutrition ne fait aucune différence dans ses commentaires entre des produits contenant 1mg et d'autres allant jusqu'à 3,5mg de manganèse, alors que par rapport aux AJR la différence est énorme! Le LEM apporte donc une dose très raisonnable de seulement 1mg de manganèse.

Bref, pour reprendre la formule utilisé à propos du calcium, le "problème" du manganèse du LEM me semble largement ... un non problème !

Le cuivre : Selon wikipedia, "Après absorption du cuivre au niveau de l’intestin, il est acheminé vers le foie, lié à l’albumine. Le métabolisme et l’excrétion du cuivre sont contrôlés par la fourniture au foie de céruléoplasmine, et le cuivre est excrété dans la bile. Au niveau cellulaire, le cuivre est présent dans nombre d’enzymes et de protéines, y compris le cytochrome c oxydase et certaines superoxydes dismutases (SOD). (...) Chez l'homme et les mammifères, le cuivre est notamment nécessaire à la formation de l'hémoglobine, il intervient dans la fonction immunitaire et contre le stress oxydant. Comme il facilite l’assimilation du fer, un déficit en cuivre peut souvent donner lieu à des symptômes analogues à une anémie."

LaNutrition reprend régulièrement sur son site le thème que le cuivre serait une "bombe oxydative". On pourra lire par ex. la mise en garde  du dr Jean-Paul Curtay sur le fer et le cuivre, qui utilise des images terrifiantes, que je trouve passablement ridicules : "Mais quand on le donne, [le cuivre] (...) il agresse le tube digestif et mitraille tout ce qui passe. C’est comme ci vous aviez un terroriste dans un aéroport et le soldat en kaki tire à la mitraillette. Il va tuer plus de voyageurs que de terroristes."

Autant nous avions beaucoup apprécié, dans des temps déjà anciens, lorsque Thierry Souccar avait pris de gros risques professionnels, en défiant les mandarins de la nutrition française, pour souligner les dangers de l'excès de fer, les dangers du fer en complémentation dans la population générale et lorsqu'il avait déconseillé la prise systématique de complément de fer par les femmes enceintes, autant la petite guéguerre sur le manganèse et le cuivre, me paraît assez futile et surtout manque singulièrement de discernement et de sens de la mesure concernant les dosages effectivement proposés et les formes chimiques utilisées.

Le LEM ne contient pas de fer et propose une quantité très raisonnable de cuivre (1mg, 50% des AJR) et des formulations du LEM sans cuivre sont également proposées. Le cuivre n'y est pas sous forme ionique (susceptible d'induire des réactions d'oxydations en chaine) mais sous forme de TRAACS® une marque déposée par ALBION, le fabriquant international de référence pour les minéraux chélatés. Le cuivre est chélaté avec l'acide aminé glycine, ce qui assure que le cuivre est mis à disposition de l'organisme comme s'il était intégré à des aliments aisément digestible, sans entrainer de stress oxydatif dans le complément ou au cours de la digestion. Cela fait des minéraux TRACCS des produits particulièrement intéressants pour la fortification de produits fragiles comme le lait (source du fabricant).

Après avoir, j'espère, rassuré mes lecteurs qui croient peut-être, après avoir lu le Jean-Paul Curtay, que les comprimés de LEM vont leur exploser dans les intestins après avoir été piégés au cuivre, il reste à examiner la question des dosages du cuivre. J'avais examiné la question de façon relativement approfondie dans un billet de septembre 2006 auquel le lecteur pourra se reporter. J'y reprenai pour le compléter et parfois le corriger un article de Le Journal Santé (un site qui n'existe plus, ce magazine en ligne était également, si je me souviens bien, piloté par Thierry Souccar, avant qu'il ne fonde LaNutrition).

Les conclusions étaient plutôt rassurantes. Déjà à l'époque je plaidai pour des apports limités à 1mg pour le manganèse et pour le cuivre. En soulignant aussi que la prise de cuivre ne devait pas être évitée dans les multicompléments, "En ce qui concerne le ratio Cuivre / Zinc il faut aussi savoir que ces minéraux ont tendance à entrer en compétition et que le niveau élevé de zinc d'un supplément devrait neutraliser une partie du cuivre. Le cuivre entre aussi dans différents systèmes enzymatiques cellulaires tout à fait vitaux qu'il optimise et il ne s'agit pas non plus de considérer a priori le cuivre comme un toxique dont les taux alimentaires devraient être aussi bas que possible !"

J'ajouterai que les apports de zinc dans  l'alimentation et les compléments étant  beaucoup plus élevés que ceux de cuivre, c'est en pratique le zinc qui inhibe l'absorbtion du cuivre et non l'inverse. Cet effet zinc contre cuivre s'exerce par l'induction de la synthèse des métallothionéines de façon dose dépendante par le zinc, lesquelles séquestrent le cuivre au niveau de la paroie intestinale, ce qui entrave son absorption.

Dans ces conditions et le niveau de zinc du LEM étant relativement élevé, je préconise sauf situation très spécifique, d'utiliser les formes du LEM qui contiennent du cuivre plutôt que celles qui en sont dépourvues. Je me demande d'ailleurs si la Life Extension Foundation n'a pas elle même succombée à la paranoïa anti-cuivre, la mise à disposition d'une forme de LEM sans cuivre ne me semblant guère utile.

Nous pouvons, là encore, reprendre notre formule habituelle et dire que le "problème" du cuivre du LEM semble largement... un non problème !

LaNutrition "Les doses trop élevées de zinc" du LEM (35mg dans le LEM). Plus de 200 métalloenzymes dépendent du zinc et concernent des processus métaboliques très variés. Selon wikipedia, "Le zinc joue ainsi un rôle central dans la régulation du système immunitaire, mais aussi dans les mécanismes de division cellulaire et de croissance tissulaire, dans la réponse aux radicaux libres, dans la reproduction (le zinc est très présent dans le liquide séminal), dans certaines pathologies neurologiques et endocriniennes." "le zinc est un des cofacteurs essentiels de certaines enzymes impliquées dans la synthèse de plusieurs composants de la trame osseuse, et joue ainsi un rôle important dans la régulation de la formation ou de la résorption du tissu osseux. Le zinc joue aussi un rôle structural dans la formation de la trame osseuse." On sait aussi depuis peu que le zinc joue probablement un rôle important dans la conformation structurelle normale des protéines.

Toujours selon wikipedia, les "Apports Nutritionnels Conseillés sont de 12 mg/jour pour les hommes adultes et de 10 mg/jour pour les femmes adultes dans une population bien portante." Le LEM apporte 35mg de zinc, soit 233% des AJR (selon les normes américaines). Selon l'opinion du Scientific Committee on Food de l'Union Européenne, Tolerable Upper Intake Level of Zinc", traduction Gestion Santé,  "Le zinc n'est pas stocké dans l'organisme et des apports excédentaires entrainent une absorption réduite et une excrétion accrue". Les problèmes de toxicité se rencontrent pour des doses beaucoup plus élevées que celles qu'apportent les compléments alimentaires.

Inversement les carences sont difficiles à détecter et très probablement sous repérées, car comme l'explique wikipedia, "dans le cas d'un déficit modéré en zinc, il n'y a pas de répartition uniforme du déficit à travers les divers tissus, et ce sont les compartiments ayant le turnover le plus important, foie, peau et phanères, et cellules sanguines circulantes (comme les lymphocytes, les neutrophiles et les plaquettes) qui souffrent d'un déficit disproportionné. Il est ainsi possible d'avoir un déficit modéré en zinc avec un taux de zinc plasmatique dans les limites de la normale, mais un zinc capillaire, ou lymphocytaire rapidement diminué, ou encore une thymuline circulante à des niveaux très bas."

Zinc et cancer de la prostate : Le zinc a une très forte affinité pour les tissus de la prostate (10 fois plus de zinc que dans d'autres tissus mous) et le sperme contient également des quantités élevées de zinc. La concentration de zinc dans les tissus cancéreux de la prostate est approximativement cinq fois inférieure à sa concentration dans les cellules normales (source). Les anomalies non cancéreuses de la prostate ont des niveaux de zinc cellulaire qui restent identiques aux tissus sains. Il n'existe pas de test fiable de dépistage du cancer de la prostate, le test PSA, bien qu'il soit probablement utile sous certaines conditions, entre les mains du clinicien expérimenté et avisé, a montré dans des études que son utilisation (versus non utilisation) sur la mortalité finale après 11 ans est quasi nulle. Les biopsies sont souvent faites sur des critères discutables (PSA, touché rectal...) et elles peuvent endommager la prostate tout en étant pas toujours fiables en terme de gravité et d'évolution du cancer (lire Gestion Santé d'octobre 2011). Des espoirs très sérieux existent que les taux différenciés de zinc entre cellules saines et cancéreuses permettent l'utilisation d'outils de diagnostic par imagerie médicale non-invasifs, étudiant in-vivo les tissus de la prostate en différenciant la teneur relative en zinc des tissus. Ce serait un progrès gigantesque pour le suivi et le traitement raisonné de ce cancer.

LaNutrition donne en bas de page de son article sur les multicompléments un lien vers un article payant, "Les suppléments de zinc augmentent-ils le risque de cancer ?" que nous avons pu consulter. Dans cet article LaNutrition conseille de ne pas dépasser 15mg de zinc par jour.

Ce conseil s'appuie sur le passage en revue de plusieurs études. On est très surpris lorsque l'on constate que LaNutrition oublie une des meilleures études récentes, de 2009 tirée de la cohorte VITamins And Lifestyle (VITAL), qui a été spécialement conçue pour établir des liens entre la prise de compléments alimentaires et le risque de cancer. Est-ce parce qu'elle indique que  le risque de cancer de la prostate décroit pour ceux qui prennent un complément, dont les dosages moyens sur dix ans sont supérieurs à 15 mg de zinc (par rapport aux non utilisateurs) ... ce qui correspond précisément au seuil que LaNutrition conseille, à l'inverse, de ne pas dépasser !!!

Certes l'article de LaNutrition cite d'autres études aux résultats contradictoires qui méritent qu'on s'y arrête et le dosage de zinc des compléments ne peut pas s'appuyer, sans discussion argumentée, sur la seule étude VITAL. Ainsi, une étude antérieure que cite LaNutrition, publiée en 2003, donnait des résultats inverses de l'étude VITAL. Néanmoins, comme l'explique les auteurs de l'étude VITAL sur le zinc, dans l'introduction, leur méthodologie d'étude est très supérieure à celle de toutes les études menées précédemment sur le même sujet. Ils ont, en particulier, un grand nombre d'utilisateurs de compléments, avec la composition et le dosage précis de ces compléments, et très important, ils connaissaient les utilisateurs prenant du zinc pour des affections de la prostate, ce qui permet de traiter un biais très important de ce genre d'étude, la sureprésentation des utilisateurs présentant un cancer latent dans la branche utilisateur zinc des études.

Une autre réserve de notre part, heureusement de moindre conséquence que l'oubli de l'étude VITAL, c'est lorsque LaNutrition cite un autre résultat qui peut sembler inquiétant au premier abord, à propos d'une recherche sur le zinc dans le cadre de l'étude française SU.VI.MAX : "Lorsque les auteurs de l’étude s’intéressent au niveau de PSA, un marqueur de l’activité de la prostate, qui peut lorsqu’il est élevé signaler qu’un cancer se développe, ils constatent que les hommes dont le taux de PSA était normal ont bénéficié du supplément antioxydant puisque leur risque est pratiquement divisé par deux par rapport à ceux qui ont pris le placebo. En revanche, chez ceux dont le PSA était élevé, ce risque augmente de 54% avec la prise de suppléments." LaNutrition.fr conseille donc de "Faire établir un bilan biologique (taux de PSA). Les hommes dont le PSA est élevé ne devraient pas consommer de grandes quantités de zinc sur de longues périodes". LaNutrition.fr oublie toutefois de dire que le rédacteur de l'étude SU.VI.MAX sur le zinc indique que la signification statistique des résultats et forte pour le premier résultat, mais est marginale [borderline en anglais] pour le 2e résultat, autrement dit que le risque que le résultat soit du au hasard pour le PSA élevé est important.

La dose fait le poison, dit-on souvent, mais on a du mal à comprendre comment les 20mg de zinc de l'étude SU.VI.MAX, un dosage relativement modéré, font baisser les cancers en cas de PSA faible et augmentent le risque en cas de PSA élevé, en contradiction avec d'autres études et sans que l'on ait la moindre hypothèse pour expliquer ce phénomène. Rappelons aussi que l'étude SU.VI.MAX a entraîné une baisse générale significative des cancers chez les hommes de l'étude prenant le complément (mais pas chez les femmes).

Bref le taux de 15mg proposé par LaNutrition.fr repose sur des bases arbitraires et on peut aussi bien proposer des taux plus élevés en étudiant la littérature scientifique. On peut estimer que des dosages de 100mg que l'on peut encore trouver dans certains produits américains sont inutiles, même pour des affections spécifiques et que des dosages de plus de 50mg n'ont pas d'utilité avérée non plus. Il faut aussi vérifier que l'on ne prend pas plusieurs produits différents contenant du zinc. Personnellement je fixerai plutôt la limite de sécurité et d'utilité à 50mg, sans certitude évidemment, et les dosages de 35mg du LEM avec de nombreux cofacteurs protecteurs du cancer de la prostate ne me posent vraiment pas de problème.

Le problème que pourrait poser le zinc aux dosages proposés par le LEM concerne également la compétition entre minéraux. Nous avons déjà expliqué dans la section précédente sur le cuivre comment le zinc était un antagoniste du cuivre et pourquoi nous conseillions, pour cette raison d'éviter la version du LEM sans cuivre. Un effet inhibiteur sur le fer ne se produit probablement que pour des apports bien supérieurs à ceux des compléments. Le zinc serait également protecteur vis à vis de l'intoxication au mercure et au cadmium.

Il existe des incertitudes sur le meilleur dosage des compléments en zinc. Les préconisations de Lanutrition.fr sont basées sur une interprétation partielle et subjective des principales données scientifiques disponibles. Il n'y a pas d'indication solide que des apports de 15 à 50mg soient dangereux pour la santé, même vis à vis du risque de cancer de la prostate. Pour Gestion Santé, déconseiller le LEM sur la base de son contenu en zinc est arbitraire.

LaNutrition.fr "Le type de magnésium utilisé, peu biodisponible"

Le magnésium est un nutriment particulièrement utile et nous plaidons pour un apport de 100% des AJR avec des formes facilement assimilables. LaNutrition.fr ne donne pas la répartition des sels de magnésium utilisés dans le LEM. Après de fastidieuses recherches nous avons pu nous les procurer : magnesium oxide (335.96 mg elemental), magnesium citrate (35.28 mg elemental), magnesium glycinate (11.74 mg elemental), magnesium taurinate (7.83 mg elemental), magnesium arginate (5.87 mg elemental), magnesium ascorbate (3.40 mg elemental) [source].

Le
magnesium oxyde est apporté en quantité beaucoup trop importante dans le LEM. De l'avis général, ce n'est pas une forme très assimilable de magnésium. Mon impression est qu'il est utilisé dans le LEM pour des raisons de volumétrie du complément. Dans le magnésium citrate le Mg n'occupe que 11%, contre... environ 60% dans le MgO ! Lorsque l'on veut apporter 100% des AJR, soit 400mg de Mg élément, ce ne sont pas des questions de détail.

Les tablettes de LEM étant déjà assez volumineuses, on comprend la difficulté du problème. Une solution que je proposerai serait de remplacer le sel d'ascorbate de calcium (qui apporte, si je ne me suis pas trompé dans mes calculs, environ 130mg de calcium) par de l'ascorbate de magnésium, une forme considérée comme ayant une bonne assimilabilité biologique. De plus une partie (quantité non précisée) de la vitamine C du LEM est, semble-t-il, sous forme d'acide ascorbique pur (non liée sous forme de sel). Là aussi on pourrait peut-être lier l'acide ascorbique au magnésium. Ces ajustements devraient permettre d'éliminer la moitié du MgO, voire sensiblement plus, suivant la quantité d'acide ascorbique pur contenu dans le LEM, ce qui serait déjà un important progrès et permettrait d'éliminer une bonne partie du MgO sans être confronté à des problèmes insolubles de volumétrie du LEM liés à la substitution du MgO par des sels à faible teneur en Mg.

Le LEM contient aussi une petite quantité de potassium (37.4 mg), sous forme de potassium chloride, sans utilité, qui pourrait être utilisé pour ajouter un peu de Mg. On pourrait aussi enlever le TMG du LEM qui n'est pas vraiment nécessaire (voir section finale "Autres ingrédients")

Ainsi bien que LaNutrition.fr ne donne pas la répartition des formes de Mg utilisés dans le LEM, après recherches complémentaires et vérifications, Gestion Santé confirme que le mauvaise note sur le magnésium est justifiée. Nous conseillons la prise d'une gélule de citrate de Mg apportant 1/3 des AJR en complément du LEM.

Autre métal et oligoélements du LEM : potassium, iode, sélénium, chrome, bore et molybdene

Nous les évoquons plus brièvement ces différents éléments, les commentaires de LaNutrition.fr étant succincts.

Le potassium sous forme de potassium chlorhyde (37.4 mg de potassium environ 60mg de potassium chlorhyde), constituant inutile et qui pourrait être remplacé par un composant plus utile (cf. magnésium supra). Elément non nocif mais inutile à ces dosages et sous cette forme chimique et donc à supprimer. LaNutrition ne fait pas de remarque à ce propos.
L'iode est apporté à 150 mcg, soit 100% des AJR sous forme de potassium iodide, la forme la plus utile. L'iode est un composant important dans la synthèse des hormones thyroïdiennes et permet aussi de détoxiquer les autres halogènes potentiellement toxiques lorsqu'ils s'accumulent dans l'organisme, comme le fluor et le brome. Plusieurs types de tissus ont des cellules dotées de transporteurs d'iode et l'iode participe probablement à la santé des tissus concernés (lire wikipedia). La carence en iode est un fléau dans beaucoup de pays du tiers monde et les niveaux d'apport sont probablement loin d'être optimum pour la majorité de la population française (lire nos informations sur l'iode et la grossesse). LaNutrition.fr regrette l'absence d'iode lorsque les multicompléments n'en contiennent pas, sans commenter les dosages ni les formes chimiques. Gestion Santé estime qu'un bon complément doit apporter 100% des AJR. La formulation du LEM est conforme à nos recommandations.
Le sélénium : Nous avons  dans une section sur l'étude SELECT et le sélénium, expliqué quelles étaient les meilleures formes de sélénium. Le LEM contient 200mcg de Se (50% Se-Methyl L-Selenocysteine, 25% L-selenomethionine (yeast free) (SelenoPure4), 25% sodium selenate). Les recommendations de LaNutrition.fr sur le sélenium sont floues, le site juge 200mcg excessif pour un autre produit (dont les formes de Se ne sont pas conformes à nos recommandations), auquel il donne cependant la note maximum du classement, mais il ne fait pas de commentaire sur le dosage du LEM, sans que l'on sache si cela est du au dosage élevé de 50% Se-Methyl L-Selenocysteine, que Gestion Santé recommande pour son absence de toxicité, ce qui permet des dosages relativement élevés de Se en toute sécurité. La formulation du LEM est conforme à nos recommandations.
Le chrome est apporté à un dosage relativement élevé dans une formulation sophistiquée et avec des cofacteurs organiques et botaniques (le produit et sous forme de complexe avec du shilajit et un extrait de fuit d'amla (Phyllanthus emblica). La dose sans effet toxique observable (NOAEL, de l'anglais no observable adverse effect level) du chrome est très élevée et le dosage proposé est donc satisfaisant. LaNutrition regrette l'absence de chrome de certains multicompléments, mais ne fait pas de commentaire, même pour  des dosages que nous qualifierions de ridiculement faibles. La formulation du LEM est conforme à nos recommandations.
Le bore (boron citrate/aspartate/glycinate) est apporté à 3mg, une dose usuelle dans les compléments (pas d'AJR pour le bore). Le bore participe au développement des os, en participant au métabolisme du calcium, du magnésium et de la vitamine D et protège probablement du cancer de la prostate, tout cela selon des modalités encore mal comprises.
La Life Extension Foundation a mis en ligne en novembre 2015 un bon article de synthèse "Boron Reduces Prostate Cancer Risk" qui donne les dernières recherches qui confirment ces effets anticancéreux.
LaNutrition.fr ne formule pas de recommandation pour cet élément. La formulation du LEM est conforme à nos recommandations.
Le molybdène "entre, chez l'homme, dans la constitution de 3 enzymes : la xanthine oxydase (catalyse la transformation de la xanthine et de l’hypoxanthine en acide urique), l’aldéhyde oxydase (détoxifie un grand nombre de molécules organiques) et la sulfite oxydase (convertit les sulfites en sulfates) (Friberg HW DO., 1979) [source]". Le LEM contient 125 mcg de molybdène (sodium molybdate), soit 167% des AJR. LaNutrition.fr ne formule pas de recommandation pour cet élément. La formulation du LEM est conforme à nos recommandations.

La position de LaNutrition.fr sur les vitamines du groupe B : "la présence de formes synthétiques, en particulier pour la vitamine E et les vitamines du groupe B" "Les doses excessives de vitamines B."

Gestion Santé considère qu'il faut se référer au métabolisme des vitamines B et non à la notion de vitamine B "synthétique", source de confusion. Discussion à propos des exemples de LaNutrition sur les vitamines B9 et B6

Voyons maintenant la question des vitamines B. LaNutrition.fr nous met, depuis quelque temps déjà, régulièrement en garde contre les vitamines B "synthétiques". Autant je suis d'accord pour mettre en garde contre la vitamine E synthétique (j'en reparlerai plus loin) autant je dois dire qu'introduire comme le fait LaNutrition.fr la notion de "formes synthétiques de vitamines B" me semble très arbitraire et source de confusion.

Remarque préliminaire : La vitamine B6 du LEM est, depuis plusieurs années, quasi exclusivement présente sous forme coenzymée et la totalité de l'apport en vitamine B9 du LEM est désormais apporté, depuis la reformulation du produit en février 2016, sous forme coenzymée (5-MTHF) de folinate de calcium à la place des folates (même dosage de 400mcg que précédemment). Nous avons toutefois maintenu les explications techniques approfondies des sections suivantes compte tenu de l'intérêt des sujets théoriques évoqués et par rapport à la question de la méthodologie de l'évaluation des produits.

Le site LaNutrition.fr a mis un article "théorique" en ligne sur la question, dans sa section payante,  "Vitamines : naturelles ou synthétiques ?" que j'ai pu consulter. Bien que LaNutrition évoque régulièrement les formes "synthétiques" de vitamines B, l'article ne propose un argumentaire sur cette question que pour la vitamine B9 et la vitamine B6 et le raisonnement de LaNutrition se fait donc "par analogie" pour les autres vitamines B. Nous examinerons d'abord la question de la B9 qui est assez longuement développée selon plusieurs points de vue sur le site de LaNutrition, puis la question de la B6. Les formes et les dosages des autres formes de vitamines B seront examinées un peu plus loin, dans les sections qui leurs sont consacrées. Si l'article précité, que nous allons examiner, ne m'a pas du tout convaincu, je dois aussi ajouter que LaNutrition utilise dans d'assez nombreux documents en libre accès cette notion de vitamine B "synthétique", sans la définir, et que j'étais moi-même plongé dans la plus grande perplexité quand au sens que LaNutrition lui donnait, avant de consulter le document de la partie payante, qui donne une esquisse d'argumentaire sur cette question. Nous allons examiner tout cela plus en détail pour clarifier la question.

La vitamine B9 soit-disant "synthétique" : Rappelons d'abord les étapes de l'assimilation de la B9. Notre section sur la vitamine B9, explique que les aliments apportent "de grosses molécules complexes (polyglutamates) qui doivent être décomposées lors de la digestion, grâce à des enzymes ayant des affinités pour le zinc, avant d'être assimilées sous forme d'acide folique (monoglutamate) (...) L'acide folique subit ensuite des transformations très complexes au niveau du foie où il est transformé en méthyltétrahydrofolate (méthylTHF), principale forme retrouvée dans le plasma et distribuée aux tissus."

On a donc polyglutamates (alimentaires) > monoglutamate (= folate après passage de la barrière intestinale) ou acide folique (si prise de complément)  > forme coenzymée méthyltétrahydrofolate (5-MTHF) par transformation hépathique complexe ou folinate de calcium (si prise de ce complément) > mise à disposition cellulaire dans l'organisme du 5-MTHF.
En pratique les compléments alimentaires apportent soit de l'acide folique qui est un excellent équivalent du monoglutamate soit du 5-methyltetrahydrofolate (5-MTHF) (dont le folinate de calcium est un précurseur direct), qui est la forme coenzymée finale de la B9. Le folinate de calcium est un complément alimentaire plus sophistiqué et coûteux  que l'acide folique, mais qui est disponible en complément alimentaire depuis plusieurs années. C'est un produit intéressant car la transformation des folates en 5-MTHF est une coenzymation particulièrement complexe.

Mais à quoi correspond la dénomination de B9 "synthétique" de LaNutrition par rapport à ces différentes molécules ?

Dans l'article précité, l'argument que LaNutrition donne pour justifier la dénomination de vitamine B9 "synthétique" est que, "Dans l'acide folique qui est la forme synthétique, le noyau ptéridine est réduit (par de l'hydrogène), ce qui lui donne plus de stabilité."

Il s'agit en réalité d'une modification chimique tout à fait mineure qui a comme seule conséquence que l'acide folique "synthétique" est plus facilement biotransformé que le monoglutamate ! Du fait que l'acide folique des compléments alimentaires est plus efficament biotransformé par les systèmes de coenzymation hépathiques, il faut en tenir compte pour évaluer folates alimentaires + folates des compléments, ces derniers étant plus efficaces.

La forme en complément n'altére donc pas la coenzymation des folates des compléments alimentaires et il est probable qu'elle favorise au contraire l'efficacité de la coenzymation. Aussi, introduire la notion de vitamine B9 "synthétique", est une grave source de confusion, surtout lorsqu'en plus, on l'accole à la question de la vitamine E synthétique qui est, au contraire, une forme chimique profondément altérée par rapport aux formes naturelles de vitamine E et qui elle pose un vrai problème (voir section vitamine E).

Avec cette histoire de vitamine B9 et B6 "synthétiques" LaNutrition plonge délibérément ses lecteurs dans la confusion sans leur expliquer clairement de quoi il retourne, et pour cause, car un examen sérieux montre la vacuité de cette histoire de vitamine "synthétique" ! C'est un manquement au devoir d'information très préoccupant pour un site qui avait habitué ses lecteurs à une vulgarisation scientifique d'excellent niveau. Ajoutons que sur la question de la sécurité des dosages, LaNutrition apporte des arguments dont nous verrons qu'ils sont eux aussi de piètre qualité ! Tout cela avance hélas, de concert !

La vitamine B6 "synthétique" : L'argumentaire de LaNutrition est le même que pour la B9, à savoir que la forme "synthétique", stabilisée sous forme d'hydrochlorure de pyridoxine (pyridoxine HCl)  serait "trop" biodisponible ! On retombe donc sur la question des dosages utiles.

En plus de cet argument LaNutrition émet l'hypothèse que l'excès de pyridoxine HCl pourrait saturer les sites enzymatiques de biotransformation de la B6, autrement dit bloquer sa coenzymation, la forme coenzymée étant la seule biologiquement active. Bien que LaNutrition ne l'écrive pas à cet endroit, Thierry Souccar écrit ailleurs que le même problème concerne aussi la B9 (voir plus loin la section sur les résidus non métabolisés UMFA de la B9). Enfin, cela pourrait expliquer, selon LaNutrition, l'échec d'études d'interventions avec des vitamines contenant de la B6, HOPE-2 et NORVIT ( voir ce pdf qui récapitule les différentes études sur la question).

Ces hypothèses sur la B6, que LaNutrition ne cherche pas sérieusement à étayer, et qui sont plus du registre de l'impression que de la démonstration, nous laissent profondément sceptique. Dans notre section sur les vitamines B consacrée à la B6, nous avons évoqué relativement en détail la toxicité de la vitamine B6 à haute dose, qui peut se manifester par des "neuropathies sensitives (polynévrites dues à des dégénérescences axonales). Les symptômes en sont une perte de sensibilité aux extrémités, mais les symptômes préliminaires sont plus discrets. L'hypothèse la plus couramment admise sur ce phénomène est que des doses très élevées dépassent la capacité du foie à transformer la vitamine B6 en sa forme coenzymée P5P (laquelle serait par contre dépourvue de toxicité). D'où également l'importance d'apporter les cofacteurs minéraux et vitaminiques qui vont faciliter la coenzymation par le foie."

Mais quels sont les dosages à partir desquels la coenzymation se fait mal ? Des recherches comme celle de  Karl Folkers, un spécialiste de la vitamine B6, menées avec de la pyridoxine sur le syndrome du canal carpien semblent indiquer que la la pyridoxine optimise la coenzymation jusqu'à un plateau d'efficacité qui est atteint vers 100mg par jour de pyridoxine. Ces apports qui ne sont pas dépassés dans les multicompléments, ne posent donc, à mon avis, pas de problème de sécurité et l'argumentaire de LaNutrition ne nous semble pas sérieux. [Voir aussi notre section, plus loin, sur la B6]

L'échec d'une étude comme NORVIT menée, pour un des bras de l'étude, pendant 3 ans avec des niveaux adéquats de B9, B6 et B12 sur des personnes qui venaient de faire un infarctus aigu du myocarde indique seulement que la baisse de l'homocystéine recherchée via la prise de ces vitamines, et qui a été obtenue, n'est pas une intervention permettant d'améliorer l'état de santé de cette population ayant une grave pathologie cardiovasculaire. Dans NORVIT, l'étude a même montré une augmentation du risque du groupe B9, B6 et B12 par rapport au groupe B9 + B12 seulement, au lieu d'une protection, et c'est (peut-être...) pourquoi LaNutrition suppute un effet contre-productif de la B6 sous sa forme pyridoxine, mais franchement aucun élément sérieux ne permet d'étayer l'hypothèse qu'aux doses retenues (40mg de B6), la coenzymation de la B6 se ferait mal et que cela puisse avoir un quelconque rapport avec le résultat décevant obtenu.

Outre les lacunes de son "expertise" sur les vitamines B, LaNutrition en vient, pour donner un peu de consistance à ses positions sur ses préconisations de faibles dosages des vitamines B, à chercher des soutiens qui risquent de lui faire perdre une bonne partie de ce qui faisait son originalité et son intérêt. Ainsi dans un article récent, LaNutrition commente une étude de complémentation au long cours avec un produit faiblement dosé, "Compléments multivitaminés : moins de cancers mais autant de maladies cardiovasculaires ?". Un des derniers paragraphes nous explique que : "Une autre préoccupation est celle de la qualité des vitamines B : fréquemment synthétiques, certaines d’entre elles pourraient devenir dangereuses à fortes doses (Lire "Vitamines : naturelles ou synthétiques ?"). Pour Serge Hercberg, chercheur à l’INSERM à l’origine de la vaste étude Française SU.VI.MAX cette question du dosage est importante et il estime judicieux d’utiliser de faibles doses. Il déclare que « cette publication est l’une des rares, avec l’étude SUVIMAX, montrant que les multivitamines à faible dose possèdent un effet positif modeste»."

On retrouve donc dans ce passage la fixation de LaNutritition sur les vitamines B "synthétiques" (à haute teneur garantie en fantasmes !), à laquelle s'ajoute maintenant des préconisations de dosage minimalistes qui ramène LaNutrition sur les positions de Serge Hercberg, un des mandarin français les plus influents dans le domaine de la nutrition, et un des plus féroces adversaires de la complémentation nutritionnelle en France. Que LaNutrition en soit à chercher la caution de tels personnages pour étayer son "expertise" des compléments alimentaires, c'est plus qu'inquiétant... Le temps semble désormais lointain où ce genre de personnages étaient moqués sans ménagement et avec à propos par Thierry Souccar, par ex. dans  "Les maîtres Yoda de la nutrition française".

Par rapport à la question des dosages et des formes chimiques, notons que le LEM apporte 105 mg de vitamine B6 dont la quasi totalité (100mg) sous forme de P5P coenzymée et le reste (5 mg) sous forme de pyridoxine HCI. Cela ne suscite aucune remarque de LaNutrition malgré l'importance décisive qu'elle semble accorder au critère de la coenzymation et alors que la B6 et la B9 sont les vitamines B dont le dosage et la forme chimique lui semble le plus important...

La vitamine B9 du LEM était apportée à 400mcg (100% des AJR) sous forme plus conventionnelle de folate (non coenzymée) jusqu'en février 2016, date où elle a été reformulée et apportée entièrement sous forme coenzymée de folinate de calcium. LaNutrition fixe pour la B9 un seuil de "sécurité" de 200mcg qui est de toute façon nettement inférieur, sans qu'on sache s'il s'applique à la B9 soit disant synthétique ou à toutes les formulations de la B9 y compris sa forme coenzymée..

La question des dosages de sécurité de la  la vitamine B9 et le problème de sa coenzymation

[Cette section et les 2 suivantes où nous apportons la contradiction à LaNutrition sur la question des dosages de sécurité  de la B9 sont plus techniques car il nous a fallu examiner différentes études et résultats en détail. Le lecteur qui le souhaite pourra y revenir par la suite et peut passer aux conclusions pratiques.]

LaNutrition.fr évoque des questions de dosage de sécurité. Ainsi, dans un commentaire en bas de la page d'évaluation des multivitamines, en réponse à un lecteur, Thierry Souccar écrit que "Sur les vitamines B à haute dose : la plupart sont synthétiques et semblent moins bien métabolisées que les formes naturelles. Le cas de l'acide folique a bien été étudié : lorsqu'on en absorbe plus de 200 mcg/j (environ), une partie demeure dans l'organisme. Cet acide folique non métabolisé (UMFA) pourrait alors exercer des effets proliférateurs indésirables. Une étude estime que 40% de la population des 60 ans et plus aux USA présente un taux d'UMFA détectable dans le sérum, probablement lié à la prise de suppléments et la consommation d'aliments enrichis (enrichissement en B9 obligatoire depuis janvier 1998 aux USA). Compte tenu de ces incertitudes, nous conseillons des doses faibles à modérées de vitamines B, en particulier B1, B6, B9." [TS donne une référence pour justifier sa position, voici le lien pdf de l'aticle in extenso qu'il référence.]

Nous avons déjà expliqué dans la section précédente ce qu'il fallait penser des amalgames confusionnant entre vitamine "naturelle", "synthétique" "haute dose" et "métabolisation" efficace. Notons que la remarque de Thierry Souccar selon laquelle les vitamines B "synthétiques" "semblent moins bien métabolisées que les formes naturelles" fait croire à tort au lecteur que les formes synthétiques présentent des anomalies biochimiques alors que, dans d'autres documents, que nous avons examiné précédemment, LaNutrition explique au contraire que la vitamine B9 synthétique est mieux métabolisées (voir section précédente). Ces incohérences nuisent évidemment considérablement à la clarté du débat...

Par ailleurs, Thierry Souccar se réfère, implicitement, dans le passage cité (quand il parle de la métabolisation déficiente de la B9) au rendement de l'enzyme hépatique de coenzymation de la B9, la dihydrofolate reductase (DHFR), qui doit transformer les folates en leur forme coenzymée biologiquement active, la 5-MTHF. On constate en effet chez l'homme une efficacité relativement médiocre de l'enzyme de coenzymation de la B9, dont je parle dans la section B9. Celle-ci explique que "Le rendement de l'enzyme hépatique dihydrofolate reductase (DHFR) pour transformer l'acide folique en tetrahydrofolate est très inférieur à ce que l'on avait estimé précédemment. On s'est aperçu que le rat qui avait servi de référence à un rendement efficace de l'enzyme DHFR énormément supérieur à celle de l'homme où elle n'est que de 2% seulement de ce qui est observé chez rat. Le rendement de l'enzyme humaine outre qu'il est inférieur connaît aussi des variations très importantes entre individus et peut atteindre un facteur 5. [Source : Bailey SW, Ayling JE. The extremely slow and variable activity of dihydrofolate reductase in human liver and its implications for high folic acid intake. Proc Natl Acad Sci U S A. 2009 Sep 8;106(36):15424-9. [http://www.pnas.org/content/early/2009/08/21/0902072106.abstract]

Autrement dit, l'enzyme DHFR fonctionne assez mal chez l'homme, car c'est une voie de coenzymation complexe, demandant des cofacteurs vitaminiques, et il existe des variations importantes de son efficacité dans la population, sans qu'on sache encore comment tout cela se manifeste en terme de pourcentage de folates non correctement transformés et de perte d'efficacité croissante éventuelle du rendement enzymatique en fonction des apports alimentaires croissants (effets seuils, par ex. 70% de biotransformation jusqu'à 200mcg puis 50% jusqu'à 300mcg, etc. mais il s'agit de chiffres imaginaires donnés à titre illustratif et on ignore encore comment les choses se passent réellement !).

Les conclusions à en tirer en terme d'apport non rien de limpide non plus ni d'univoque, contrairement aux mises en garde de LaNutrition : Vaut-il mieux limiter les apports du fait de l'apparition de B9 plasmatique non coenzymés ou au contraire les augmenter pour métaboliser davantage de 5-MTHF, la forme coenzymée cellulaire utile de la B9, même si cela augmente les résidus non métabolisés de B9 ? On ne peut pas répondre en tirant à pile ou face, il faut réfléchir à la question et examiner les données scientifiques de plus près.

Nous allons voir dans ce qui suit qu'il n'y a pas de toxicité démontrée des reliquats de B9 non coenzymée et que des niveaux adéquats de 5-MTHF nécessitent des apports suffisants de B9 et que rien ne justifie de limiter les apports à 200mcg comme le propose LaNutrition.

Les déficiences de la coenzymation de la B9 et les résidus non métabolisés de folates UMFA

La faible efficacité de la DHFR (enzyme de transformation de la B9) chez l'homme explique que l'on retrouve assez fréquemment dans la population des folates non métabolisés (UMFA) dans le plasma. Autrement dit, le DHFR ne parvient pas toujours à transformer toute la B9 en 5-MTHF, la forme coenzymée biologiquement active de la B9, et cela peut se manifester  par une hausse variable du taux de B9 (folates) dans le plasma que l'on peut constater lors d'une prise de sang chez le patient à jeun. On écrira UMFA+ si ces folates sont présents et UMFA- s'ils sont absents.

Mais quelle conclusion faut-il en tirer ?
S'agit-il d'un résultat inquiétant lié à un excès d'apport en B9 dans la population générale, elle-même liée à la fortification des aliments en acide folique aux USAet à la prise de compléments apportant de la B9 par une partie de la population ? Ces sous-produits non métabolisés posent-ils un quelconque  problème pour les systèmes biologiques, notamment un risque cancéreux ?

Nous allons montrer que ces hypothèses sur lesquels reposent les mises en garde de LaNutrition ne résistent pas à un examen sérieux.

Si on lit l'article scientifique cité par Thierry Souccar, on s'aperçoit d'abord que la présence d'UMFA est corrélée avec les apports d'acide folique, mais que cette corrélation est faiblement liée aux apports car, comme le dit la conclusion (traduction Gestion Santé), "la présence d'UMFA n'est pas facilement expliquée dans NHANES [National Health and Nutrition Examination Survey - données de 2001 à 2002] par les apports d'acide folique seuls." Dans cette étude sur les plus de 60 ans, "Le groupe avec UMFA (UMFA+) avait une proportion significativement plus grande d'utilisateurs d'acide folique que le groupe sans UMFA (60% contre 41%)." La section discussion précise toutefois que "15% du groupe UMFA+ se trouvait dans le quartile inférieur des apports totaux d'acide folique (0–100 mcg) et 23% du groupe UMFA- se trouvait dans le quartile le plus élevé des apports totaux d'acide folique."

Autrement dit, on note une tendance significative à avoir des personnes prenant des compléments dans le groupe UMFA+, mais on constate aussi que :
- de nombreux utilisateurs de compléments de B9 restent dans le groupe UMFA- et métabolisent sans problème des niveaux relativement élevés d'acide folique,
- inversement d'assez nombreuses personnes métabolisent mal l'acide folique et sont dans le groupe UMFA+. Les résultats montrent qu'une fraction de la population métabolise mal l'acide folique, quel que soit l'apport, donc même si les apports de B9 sont normaux, voire nettement insuffisants.

Il existe une tendance, avec des apports plus élevés d'acide folique, à ce qu'une portion croissante d'acide folique échappe à la transformation enzymatique. Mais la faible corrélation s'explique par des variations individuelles importantes dans l'efficacité de la DHFR qui fonctionne mal pour une partie significative de la population quelque soit l'apport de B9. Chez d'autres personnes il existe probablement des effets seuils d'apport entrainant des défauts, probablement partiels de coenzymation, mais on ne sait pas les définir et ils sont visiblement très hétérogènes. L'efficacité de la transformation est aussi à mettre en rapport avec la présence optimum ou pas des cofacteurs vitaminiques, minéraux et des acides aminés qui jouent un rôle très important dans la biotransformation de l'acide folique par la DHFR et qui ajoutent un autre élément de variabilité. Les problèmes de fonctionnement hépathique pourraient également jouer un rôle significatif dans les résultats (lire section discussion p. 6/7).

Thierry Souccar croit pouvoir s'appuyer sur l'article que nous sommes en train d'examiner pour nous faire savoir que "lorsqu'on en absorbe plus de 200 mcg/j (environ) [d'acide folique], une partie demeure dans l'organisme." 200mcg correspondent à 50% des AJR et c'est apparemment pourquoi LaNutrition estime dans son évaluation des multivitamines que les compléments apportant plus de 200mcg d'acide folique comme le LEM (qui apporte 100% des AJR soit 400mcg) sont surdosés en B9. Cette mise en garde est-elle sérieusement fondée ?

En fait, ces données proviennent d'une autre recherche, menée par Kelly (lire section discussion p. 4/7), qui a cru pouvoir identifier un seuil de saturation de la DHFR vers 200mcg, ce que les auteurs de l'article que nous étudions discutent pour indiquer au contraire que leurs résultats contredisent ceux de Kelly : "Nos données n'identifient pas un niveau spécifique ou une zone d'apports alimentaires d'acide folique à partir de laquelle de l'UMFA commencerait à apparaître."

Dans ce qui précède, nous avons distingué un segment de la population qui métabolisait sans trop de problème des apports relativement élevés d'acide folique et un autre qui métabolisait mal l'acide folique du fait d'un défaut de l'enzyme DHFR. Ce deuxième groupe aura donc un risque important d'être déficient en 5-MTHF, la forme coenzymée utile aux cellules, malgré la présence d'UMFA+. Mais l'enzyme de ces personnes n'est que partiellement défectueuse ; autrement dit,  si leur enzyme fonctionne à 70%, il leur faudra une quantité plus importante d'acide folique pour fabriquer la même quantité de 5-MTHF (élément favorable) et elles augmenteront d'autant leur UMFA+ (le critère soit-disant inquiétant...). Peut-être l'enzyme dysfonctionne-t-il de plus en plus avec l'augmentation des apports, mais on sait pour l'instant très peu de choses sur ces possibles effets de seuil. Il est certain en tout cas que le seuil de 200mcg n'a pas de base sérieuse.

Autrement dit s'alarmer des taux d'UMFA+ que ce soit à titre individuel ou collectif peut amener à donner des conseils défavorables à la santé d'une partie de la population. La complémentation des aliments et la prise de compléments à peut-être augmenté les taux d'UMFA+ (mais on ne dispose pas de données à ce sujet faute de mesures avant / après). Mais ce qui est important c'est que la population ait un taux adéquat de 5-MTHF. Il faut visiblement accepter qu'une bonne partie de la population ait des de l'UMFA+  dans le plasma pour qu'elle puisse fabriquer des taux suffisants de 5-MTHF.

Ceux qui prennent un complément de B9 vont synthétiser plus de 5-MTHF et, pour une partie des utilisateurs, cela augmentera en outre leur UMFA+. Pour qu'il y ait risque pour la santé pour une fraction de la population, il faut établir soit que le 5-MTHF élevé est dangereux pour la santé, soit que l'UMFA+ est dangereux pour la santé, ce qui est loin d'être évident !

Il faudrait supposer que la fenêtre de sécurité de la B9 est tellement étroite qu'alors que 400 à 800mcg de complémentation (100 à 200% des AJR) sont recommandés pour les femmes à projet de procréation (en plus de la complémentation des produits alimentaires), un apport supérieur à 200mcg sous forme de complément poserait par contre un problème de santé au reste de la population ! N'est-il pas plus cohérent de supposer, à la suite de différentes études, qu'à des doses de 400mcg la B9 permet d'atteindre des niveaux adéquats de B9 coenzymée 5-MTHF chez la quasi totalité de la population en toute sécurité, surtout avec des multivitamines qui comportent les cofacteurs vitaminiques et minéraux facilitant la coenzymation ? Nous allons examiner cette question un peu plus en détail dans la section suivante.

B9, acide folique, 5-MTHF, UMFA et cancer : quels rapports ?

Nous allons maintenant examiner la question "des effets proliférateurs indésirables" (= cancérigènes) que pourrait poser la B9 non coenzymée (UMFA) selon Thierry Souccar.

Rappelons que la fortification des aliments en acide folique et la prise de compléments en acide folique est avant tout destinée à protéger les foetus des futures mères des anomalies du tube neural et d'autres malformations très graves du nouveau né liées à des apports insuffisants en vitamine B9 (lire notre article de synthèse sur la question). On s'est aussi aperçu que la fortification avait des effets bénéfiques après la naissance (diminution des cancers de l'enfant, du risque d'autisme et des retards sévères dans l'acquisition du langage). Dans cet objectif, le dosage recommandé se situe dans une fenêtre de 400mcg à 800mcg de vitamine B9. Nous plaidons sur Gestion Santé pour un dosage de 800mcg avec des cofacteurs vitaminiques et minéraux et pouvons nous appuyer sur la formulation du principal produit de prescription américain.

Par contre concernant l'effet de la fortification ou de la complémentation sur le reste de la population, les avis des chercheurs sont plus partagés. Quelques études statistiques portant sur la fréquence du cancer colorectal, un cancer très fréquent, avant et après la fortification de l'alimentation en acide folique, évoquent notamment une possible augmentation de la fréquence de ce cancer (mais le lien de causalité est loin d'être démontré). Cela vient en contradiction d'autres études sur les apports alimentaires élévés de B9 protecteurs pour ce type de cancer dans des études de complémentation.

En août 2008, dans "Folates (vitamine B9) et cancer colorectal" Gestion Santé proposait une étude serrée des arguments en présence, et les résultats parus depuis ne me font pas penser qu'il convienne de réviser cette position, fondée notamment sur une étude très démonstrative ""Prediagnostic Plasma Folate and the Risk of Death in Patients With Colorectal Cancer" qui apportait des arguments très convaincants selon lesquels la vitamine B9 était protectrice vis à vis du cancer du colon.

L'article sur les UMFA et leur métabolisation dont nous avons traduit des passages dans la section précédente, nous semble devenir franchement très spéculatif quand il écrit que le fait que l'on trouve de l'UMFA+ dans une partie importante de la population des plus de 60 ans (40%) pourrait apporter des informations intéressantes sur une corrélation éventuelle entre vitamine B9 et risque de cancer. L'article, par ailleurs intéressant, présente selon nous sur ce point une grande faiblesse théorique.

Rappelons que les partisans des effets cancérigènes de la B9 supposent que la forme coenzymée 5-MTHF, en favorisant la division cellulaire, pourrait être cancérigène dans certains segments de la population prédisposés au cancer. Mais la 5-MTHF diminue aussi les anomalies génétiques et favorise la réparation cellulaire et la division de cellules saines. Le débat porte sur la question de savoir quel facteur l'emporte sur l'autre. Le problème pour les partisans de l'effet cancérigène est que l'argument prolifératif est mis en défaut, même dans des situations où la présence de cellules cancéreuses est augmentée et où la B9 conserve pourtant un effet protecteur (le cas typique sont les femmes, vis à vis du risque de cancer du sein. Celles qui ont des apports en alcool >= 15g/j  et des apports élevés de B9 bénéficient d'un facteur de protection en particulier si la B9 est amenée par des compléments.

Voilà pour la "corrélation" entre 5-MTHF et cancer. Mais qu'en est-il par ailleurs d'une corrélation entre le taux d'UMFA c.a.d. de la B9 non coenzymée et le cancer ?

Si l'UMFA d'un individu est élevé, cela veut juste dire qu'il a du mal à transformer l'acide folique (B9) en 5-MTHF, pour des raisons qui peuvent être très diverses : enzyme dysfonctionnelle, absence de cofacteurs en quantité suffisante, tout cela faisant qu'une partie de la B9 n'est pas coenzymée et qu'elle se retrouve dans le plasma (UMFA+)... Mais cela ne nous apprend pas grand chose, car l'enzyme sature à partir d'un seuil d'acide folique si variable d'une personne à l'autre qu'on ne peut définir ni un seuil ni une zone à partir desquelles l'enzyme DHFR saturerait pour des apports d'acide folique donné (voir discussion précédente). Faire une recherche sur le taux d'UMFA que l'on peut trouver dans un échantillon d'une population comme dans l'étude examinée à la section précédente ne nous apprend pas grand chose sur ce qui peut faire varier le taux d'UMFA. Le fait que 40% de la population des plus de 60 ans aient de l'UMFA+ dans le plasma à jeun et que la prise d'un complément entraine une hausse modérée de ce phénomène indique plutôt, selon nous, que c'est un phénomène inévitable pour atteindre des niveaux adéquats de 5-MTHF et non un problème de santé publique ! Il faut un grande imagination aux auteurs pour en déduire que le fait qu'une partie significative de la population présente des UMFA indiquerait que cette population pourrait recevoir "trop" de B9 ou qu'il y aurait un risque d'augmentation du risque cancéreux dans la population...

Quoi qu'il en soit, en l'état actuel des connaissances, la corrélation positive ou négative entre cancer et B9 est en relation avec la 5-MTHF biotransformée par l'organisme ou apportée sous forme de folinate de calcium, pas avec l'acide folique apporté ni avec l'UMFA résiduel. Si la B9 est cancérigène, plus de 5-MTHF = plus de cancer. Si la B9 protège du cancer, comme c'est probable au vu des résultats disponibles, plus de 5-MTHF = moins de cancer.

La quantité d'UMFA n'a a priori par elle-même aucun rapport avec le risque de cancer... à moins de supposer que l'acide folique non métabolisé ne soit un agent cancérigène majeur et jusqu'alors inconnu, une pure spéculation qui n'est d'ailleurs évoquée nul part dans l'article en question ni, à ma connaissance dans la littérature scientifique. Les auteurs indiquent d'ailleurs que "On sait peu de chose sur la façon dont les UMFA pourraient modifier les voies métaboliques des folates et quels autres effets ils pourraient avoir sur les organes dont les recepteurs [cellulaires] transportent l'acide folique sans qu'il soit métabolisé dans des formes naturelles de folates [= 5-MTHF]. Aujourd'hui on ne sait pas si les UMFA peuvent être utilisés comme un biomarqueur significatif des apports en acide folique ou s'ils sont en rapport avec un quelconque problème fonctionnel." (lire section discussion p. 4/7). Bien que les UMFA soient encore présents dans le plasma après quelques heures de jeune, ce qui se passe est a priori très simple, soit la B9 en excédent est métabolisée en 5-MTHF, avec quelques heures de décalage, lors d'un nouveau passage dans le foie, soit elle est éliminée régulièrement et sans difficulté particulière de l'organisme, comme les autres vitamines hydrosolubles. Bref, à mon avis, beaucoup de bruit pour pas grand chose !

Une fois examinées en détail, on voit que ces spéculations sur UMFA et cancer ne tiennent pas vraiment  la route et on en revient juste aux faits que nous avons passés en revue, que l'enzyme DHFR ne fonctionne pas de façon optimum chez l'homme, que cela est corrélé de façon très lâche avec des apports croissants d'acide folique, ainsi qu'aux spéculations sur la relation peu vraisemblable entre vitamine B9 (coenzymée) et cancer, mais c'est une question par rapport à laquelle le taux d'UMFA n'apporte pas d'information utile... Evidemment mieux connaître le fonctionnement de l'enzyme DHFR dans la population est un sujet de recherche passionnant, mais gardons nous de tout mélanger et de créer des liens de causalité imaginaires !

Il est possible qu'avec des apports très élevés de compléments de B9 sous forme d'acide folique, on atteigne progressivement un plafond de biosynthèse de la 5-MTHF et que de tels apports soient contre-productifs. Il semble que ce soit le cas pour des apports de l'ordre de 1000mcg par jour. Peut-être qu'à ces doses, on augmente considérablement les UMFA et que cela peut entrainer des dysfonctionnements dans la signalisation cellulaire. Pas forcément des effets cancérigènes, mais des effets qui pourraient pertuber le fonctionnement de la5-MTHF ou d'autres enzymes. On en est pas sûr, mais on a en tout cas des indices que ces dosages élevés n'ont de toute façon pas d'intérêt avéré.

Mais lorsque les apports sont de  400mcg pour un adulte (100% des AJR) et 800mcg pour une femme enceinte, on ne fait qu'augmenter de façon significative le 5-MTHF (vitamine B9 coenzymée) pour arriver à des taux satisfaisants et cela sans augmenter exagérément les UMFA (B9 résiduelles non coenzymée). Il n'y a pas d'argument sérieux concernant la sécurité d'utilisation de la B9 qui justifient de limiter les apports de B9 à 200mcg voire moins, comme le propose LaNutrition.

Quelle  portée pratique pour les apports de vitamines B et notamment de la B9 des compléments et du LEM ?

Il ne reste évidemment plus grand chose de défendable après ce tour d'horizon dans les critères d'évaluation impressionnistes et les spéculations proposés par LaNutrition pour évaluer les vitamines B aux doses où celles-ci sont proposées dans la plupart des compléments et dans le LEM en particulier. On a vu ce qu'il en était pour les formes soit-disant "synthétiques", de la coenzymation et des dosages de sécurité et cela vaut en particulier pour la B6 et pour la vitamine B9 où nous avons examiné en outre la question de la vitamine B9 non métabolisée...  Nous examinerons plus brièvement la sécurité des autres formes de vitamine B dans les sections qui leurs sont consacrées.

D'une façon générale, la coenzymation utilise de nombreux cofacteurs ce qui plaide pour l'apport conjoint des cofacteurs minéraux et vitamiques optimisant le fonctionnement des systèmes enzymatiques des vitamines B, ce qui est le cas du LEM. Elle plaide aussi que pour des apports supérieurs à 400mcg / jour d'acide folique (par exemple pour les compléments destinés aux femmes enceintes) les apports soient faits sous forme de folinate de calcium qui ne nécessitent pas de transformation hépatique et de coenzymation. Le folinate de calcium est un complément alimentaire dont le prix a beaucoup baissé mais qui attend malheureusement toujours son introduction dans la plupart des multi-compléments de référence où il serait souhaitable qu'il représente 50% des apports et des AJR. Cela assurerait que les personnes qui ont un déficité de fonctionnement  dès des apports faibles de l'enzyme de conversion DHFR bénéficient bien d'un taux élevé de 5-MTHF.

Néanmoins avec 400mg d'acide folique fractionnés sur les trois repas et avec les cofacteurs vitaminiques et minéraux contenus dans le LEM, la constitution de celui-ci est satisfaisante. Evidemment en tant que puriste, j'aimerai bien que 50% des apports du LEM, soit 200mg, soient faits sous forme de folinate de calcium. Ce serait un plus, mais c'est loin d'être un problème décisif et 400mg me semble un dosage adéquat qui correspond bien aux études sur les effets positifs sur la santé de la vitamine B9. Comme nous l'avons expliqué précédemment et répondant finalement à nos attentes, la totalité de la B9 du LEM est apportée depuis février 2016 sous forme de folinate de calcium.

Dosages et formulations des autres vitamine B du LEM

La vitamine B1 (lire B1 sur Gestion Santé) est une des formes les plus sures de vitamine B. On ne connait pas de cas d'intoxication et si 125mg (le dosage du LEM), constitue une dose relativement élevée, cela ne pose pas de problème de santé connu. La vitamine B1 a été utilisée à des doses nettement supérieures chez l'animal et chez l'homme, sous une forme non coenzymée pour réduire plusieurs indicateurs de pathologie rénale des diabétiques. Le disfonctionnement rénal est la cause d'innombrables intoxications aux médicaments. Que la B1 soit inoffensive dans ce contexte montre sa sécurité d'emploi. L'alerte de LaNutrition.fr sur les dosages de B et leur forme "synthétique" ne semble pas très cohérente avec la sécurité d'emploi de la vitamine B1. En outre, la coenzymation ne semble pas un facteur important d'efficacité pour les compléments de B1.
Le LEM ne contient pas de benfotiamine, une forme synthétique liposoluble de vitamine B1, un produit antivieillissement très intéressant par ses effets nettement supérieurs à la B1 classique sur la glycation. La benfotiamine ayant le statut de médicament dans certains pays, cela explique probablement son absence. Le prix de la benfotiamine est devenu très accessible, par ex. Doctor's Best, Benfotiamine 150 mg, 360 gélules pour 36€ environ.

La vitamine B2 (lire B2 sur Gestion Santé) est également très sure, 50mg d'apport ne devrait pas poser de problème particulier de dosage. 2mg sont sous forme coenzymée. La coenzymation ne semble pas un facteur important pour la B2. A ces dosages l'évacuation urinaire de la B2 augmente la couleur jaune des urines.

La vitamine B3 (lire B3 sur Gestion Santé) est une vitamine sure qui permet des dosages relativement élevés. Selon la sensibilité à la niacine et les problèmes hépathiques éventuels (qui doivent conduire à éviter des doses élevés de niacine) on pourra utiliser la forme normale du LEM (190mg de B3 = 53% niacinamide, 38% niacin, 9% niacinamide ascorbate) ou sa forme "with extra niacine" (862 mg =58% niacinamide, 40% niacin, 2% niacinamide ascorbate). Les doses élevées de niacine peuvent entrainer une rougeur de la peau, le "flush" qui peut être désagréable même s'il est inoffensif. Si celui ne s'estompe pas rapidement avec des prises régulières du LEM, il faut revenir à l'autre forme du LEM avec ses doses plus faibles de niacine. La niacine et la niacinamide contenue dans le LEM ne sont pas coenzymées. La coenzymation ne semble pas un facteur important pour la B3. Nous conseillons plutôt de prendre le LEM classique et d'ajouter du Niagen si vous visez une complémentation pointue et que c'est financièrement possible pour vous.

Le LEM avait introduit, autour de 2015, une toute petite quantité de NIAGEN Nicotinamide Riboside. Comme nous l'avons expliqué dans notre page sur la B3, c'est une forme de vitamine B3 très stable, identifiée récemment à petite dose dans le lait de vache. Bien que ce ne soit pas une coenzyme, c'est un précurseur direct du NAD+ , ce qui permet des apports en cette coenzyme, métaboliquement très utile et dont les effets miment les effets positifs de la restriction calorique. L'intérêt de cette formulation est qu'elle est parfaitement stable et n'est pas dégradée lors de la digestion. Le dosage de 2mg est tout à fait symbolique et pour nous il s'agissait plutôt d'un produit d'appel que d'un ingrédient significatif. Un dosage utile et des effets métaboliques intéressants apparaissent à partir de 100mg par jour et le produit doit donc être pris séparément (Thorne Research, Niacel, Nicotinamide riboside, 60 Capsules), pour 32€ environ. C'est un produit intéressant dans le cadre d'une complémentation pointue. Important : depuis 2017, le NIAGEN a retiré du LEM. compte tenu des dosages très faibles c'est une modification mineure.

La Nicotinamide mononucleotide (NMN) est un précurseur mais aussi un cofacteur important de la nicotinamide riboside (NAD+). Elle améliorerait de nombreux paramètres cellulaires dans le sens d'une réjuvénation, indépendamment du NAD+. Des recherches récentes semblent également indiquer qu'il s'agit d'un puissant réparateur de l'ADN (lire : UNSW-Harvard scientists unveil a giant leap for anti-ageing). Pour l'instant la molécule est vendue à prix d'or, car ces recherches sont toutes récentes. Par contre, comme la biosynthèse de la NMN implique le D-Ribose et la niacine, la prise de quelques grammes de D-Ribose (un produit peu coûteux) répartis sur la journée peut être une option intéressante de complémentation pour optimiser le niveau endogène de NMN par la biotransformation de la B3 du LEM.

La vitamine B5 (lire B5 sur Gestion Santé) est une vitamine très sure qui permet des dosages élevés en toute sécurité. La B5 du LEM est apportée sous forme de d-calcium pantothenate avec en plus 5 mg de pantethine (forme coenzymée) pour un total de 600mg. A partir de l'acide pantothénique et de la cystéine, l'organisme fabrique la pantéthéine puis la pantéthine, une combinaison de deux molécules de pantéthéine. La pantéthine est le précurseur du coenzyme A (co-A) qui joue un rôle essentiel au début du cycle de Krebs et dans le métabolisme des acides gras, ce qui explique le rôle utile de la pantéthéine dans la régulation du cholestérol. La pantethine est environ 6 fois plus chère que l'acide pantothénique (la B5 non biotransformée). La biotransformation de la B5 en pantethine nécessite notamment de la cystéine (présente dans le LEM sous forme de NAC, voir autres ingrédients). Il semble que la biotransformation ne pose pas de problème particulier et même si le puriste pourrait souhaiter que 50% à 100% des apports de B5 du LEM soient faits sous forme de pantéthine, la formulation actuelle reste tout à fait satisfaisante

La vitamine B6 (lire B6 sur Gestion Santé) du LEM est amenée à 100 mg sous forme coenzymée de pyridoxal 5'-phosphate (coenzyme P5P) avec 5 mg de B6 non coenzymée (pyridoxine HCI), soit en quasi totalité sous forme coenzymée P5P. Ce fait important (le P5P est un produit relativement coûteux) n'est pas mentionné dans l'évaluation du LEM par LaNutrition, alors que la vitamine B6 sous forme de P5P permet d'apporter des doses élevées de B6 en toute sécurité. La B6 non coenzymée présente une toxicité à des doses supérieures à 100mg. Les doses limites inférieures de sécurité où cet effet se manifeste ont toutefois fait débat (lire Dosages et sécurité de la vitamine B6). L'apport sous forme coenzymée élimine le risque de toxicité aux dosages utilisés.

Dans notre section sur la B6, nous indiquons que la " P5P est également un remarquable agent anti-glycation, nettement supérieur même à la pyridoxamine [une autre forme de B6] dans certaines expériences (mais les deux produits sont très probablement complémentaires). L'autre est que le P5P serait finalement d'après les dernières recherches tout à fait assimilable par voir orale contrairement à ce qu'on croyait précédemment et serait également nettement moins à risque de surdosage et de toxicité à dose élevée que la B6 pyridoxine."
La formulation du LEM est donc, vis à vis de la B6, particulièrement intéressante.

La vitamine B8 (biotine) (lire biotine sur Gestion Santé) La biotine est le coenzyme de toute une famille d'enzymes, les carboxylases, chargées d'incorporer le gaz carbonique dans d'autres molécules dans deux réactions qui alimentent le cycle de Krebs (production d'oxaloacétate et de succinate). La biotine est donc directement un coenzyme contrairement aux autres vitamines B qui ont besoin d'être modifiées pour participer au métabolisme cellulaire. En thérapeutique humaine, l'action de la biotine a été évaluée, à ma connaissance, pour des doses allant jusqu'à dix à vingt milligrammes par jour, doses pour lesquelles aucun effet secondaire négatif n'a été mis en évidence. La biotine est un ingrédient essentiel pour la formation des cheveux, de la peau et des ongles (en synergie avec la vitamine B5 en particulier). La biotine semble avoir également des effets très intéressants sur la régulation de la glycémie et de l'insuline, notamment lorsqu'elle est prise avec du chrome (dont le LEM contient une forme avancée) ce qui fait que des doses élevéesde 3000 mcg sont incluses dans le LEM, malgré le coût relativement élevé de cette vitamine (lire notre billet de janvier 2007). Ce fait n'est pas mentionné dans l'évaluation du LEM par LaNutrition. Gestion Santé est favorable à ce dosage élevé et considère qu'il constitue un critère différentiel positif important pour l'évaluation du LEM.  

La vitamine B12 (lire B12 sur Gestion Santé) du LEM est amenée à 600 mcg (42% cyanocobalamin, 42% hydroxylcobalamin, 16% ion exchange resin). Bien qu'il existe 2 formes coenzymées de la B12 en complémentation, les nombreuses études menées sur la B12 n'ont pas montré d'avantage évident pour les formes coenzymées, qui sont probablement utiles seulement dans certaines pathologies de la coenzymation. Gestion Santé a notamment souligné les dosages très élevés souvent nécessaires chez la personne âgée. Cela montre l'intérêt d'apport élevés et la sécurité d'emploi de la vitamine B12.

Les différentes formes de vitamine E : Ainsi que nous l'avons expliqué dans notre page sur la vitamine E, il existe 8 formes naturelles de la vitamine E (que l'on obtient par extraction d'huiles de plantes contenant les formes de vitamine E souhaitées) et une forme synthétique réalisée chimiquement à partir de l'isophytol, dont le résultat est que " huit isomères sont synthétisés en quantité égale, et un seul correspond à une forme naturelle de vitamine E (alpha tocophérol) les sept autres isomères ont des modes de liaison entre le noyau et la queue phytyl inconnus dans la nature. C'est donc ... 12,5% seulement de vitamine E physiologique qui est apportée par la complémentation avec de la vitamine E de synthèse."

On voit donc à quel point le problème de la vitamine E de synthèse est une question sérieuse qui n'a rien de commun avec la question des vitamines B de "synthèse" qu'agite LaNutrition en inquiétant inutilement ses lecteurs. A ma connaissance la vitamine E de synthèse n'est quasiment plus utilisée aux USA, et de longue date, dans les compléments alimentaires, mais LaNutrition en a encore trouvé dans quelques produits distribués en France. Personnellement nous estimons que c'est une situation proprement inacceptable et (contrairement à la Nutrition) nous n'aurions pas hésité à donner la note minimum à tous les produits concernés, histoire de faire le ménage !

La vitamine E peut être stabilisée sous forme d'ester, comme dans le d-alpha tocopheryl succinate du LEM. Cela évite que la vitamine E ne s'oxyde. La forme active est facilement libérée lors de la digestion. Cela permet de stabiliser la forme la plus courante de la vitamine E, mais je n'ai jamais vu d'autres formes naturelles stabilisées de cette façon. J'ignore pourquoi et si une raison technique s'oppose à l'estérisation des 7 autres formes naturelles de la vitamine E. Les rares multicompléments du marché comprenant plusieurs formes de la vitamine E semblent indiquer (d'après la notice) que, au mieux, seul le d-alpha tocopherol y est estérisé.

En tout cas, l'absence d'estérisation pourrait poser des problèmes d'oxydation dans des multicompléments contenant une multitude de constituants susceptibles de réagir entre eux et qui est en contact avec l'oxygène de l'air ambiant. C'est d'ailleurs pourquoi dans ces produits, on utilise classiquement du d-alpha tocopheryl pour disposer d'un sel neutre et éviter toute réaction chimique inopportune. En général, on préfère que les vitamine E non estérisées soient mélangées dans un corps gras, ce qui leur donne une excellente stabilité, solution qui ne peut être retenue dans un multicomplément qui se présente en poudre ou sous forme solide.

Dans ces conditions, et au vu des informations dont je dispose, je ne suis pas en mesure d'indiquer au lecteur si les multicompléments comprenant les 4 formes de tocophérols ou les 4 formes de tocotriénols sous des formes non estérisées sont sous une forme stable satisfaisante au regard du critère de conservation et de non réactivité chimique. Notons aussi  que le produit désigné meilleur multicomplément du marché par LaNutrition, notamment du fait du "mélange de tocophérols, [de] la présence des tocotriénols." ne contient pas, selon nous, suffisamment de tocotriénols (3mg).

Quoi qu'il en soit, Gestion Santé conseille vivement, comme LaNutrition, aux utilisateurs de multicompléments d'avoir un apport dans les 8 formes de vitamine E naturelles. Dans ma page sur la vitamine E, j'ai proposé des stratégies de complémentation et de dosage lorsque l'on prend un multicomplément qui n'apporte que de l'alpha tocopherol.

[MAJ 05/13 : Le LEM a été mis à jour depuis que nous avons écrit cet article, avec adjonction aux 100UI d'alpha-tocopherol déjà présents de 60 mg de "Natural mixed tocopherols (gamma, delta, alpha, beta tocopherols)", une dose qui nous semble intéressante des 4 formes de tocopherols qui nécessite toutefois toujours la prise des 4 toctriénols ou par souci de simplicité une complémentation en delta tocotriénol, le plus puissant et efficace.

Pour Gestion Santé cette modification est utile pour ceux qui n'utilise que le LEM, mais qui nécessite toujours des apports complémentaires en tocotrienols. Nous conseillons Nutricology, Delta-Fraction Tocotrienols, 125 mg, 90 Softgels, qui apporte pour 34€ environ, une forte dose de la fraction la plus intéressante des tocotriénols.

Gestion Santé conseille des apports adéquats dans les 8 formes de vitamine E naturelle. Suite à la reformulation du LEM intervenue en 2013 qui amène maintenant les 4 tocophérols nous conseillons de poursuivre la prise des tocotriénols dans des dosages adaptés soit dans les 4 formes, soit sous la forme d'un produit apportant seulement du delta-tocotrienol, la forme la plus utile et puissante des 4 toctriénols.

La vitamine A (acetate ou bétacarotène) et autres caroténoïdes

Ainsi que nous l'avons expliqué dans une section de notre page sur la vitamine D, "y a deux formes de vitamine A, les caroténoïdes d'origine végétale, dont fait partie le beta-carotène des fruits et légumes et la vitamine A retinol, dont les formes physiologiquement actives sont le rétinol, le rétinal et l'acide retinoïque, que l'on trouve dans le foie des animaux terrestre et marins. Le retinol a une toxicité en cas de surdosage (notamment chez la femme enceinte) et c'est le seul qui ait un effet inhibiteur par rapport à la vitamine D. "Le surdosage par prise de très fortes doses de rétinol est bien documenté : hypertension intracrânienne, vertiges, alopécie, arthralgies, hépatomégalie et splénomégalie. Le surdosage de rétinol peut engendrer une hypovitaminose C et surtout un risque fracturaire. En effet de fortes doses de vitamine A peuvent stimuler la résorption osseuse et inhiber les ostéoblastes, contribuant ainsi au risque d'ostéoporose et de fracture du col du fémur" (Dr Catherine De Goursac) Il faut savoir que 6 mg de béta-carotène ont la même activité que 1 mg de rétinol. "Lorsqu'on consomme 5 fruits et légumes par jour, on reçoit 5 à 6 mg de bêta-carotène. Les caroténoïdes sont absorbés à moins de 50% et ont ensuite une activité rétinol like qu'à 1/12°"

Suite à des remarques de Gestion Santé et d'autres personnes intéressées par les compléments, le Dr Cannell, spécialiste de la vitamine D, a convaincu la Life Extension Foundation de reformuler le LEM en diminuant la dose de rétinol (trop élévée par rapport à la vitamine D) au bénéfice du Betatene® qui est un extrait breveté de l'algue verte Dunaliella salina réputée pour la qualité de son beta-carotène et de ses caroténoïdes.

LaNutrition ne définit pas de position de principe par rapport à la question de la vitamine A. Lorsque l'on consulte le détail des notations par multivitamine, on s'aperçoit que LaNutrition déconseille les multivitamines ayant une teneur élevée en vitamine A, sans faire de distinction entre rétinol et béta-carotène (ni donner la répartition), ni donner de précision sur le béta-carotène utilisé. Gestion Santé estime au contraire que ce critère d'évaluation des multicompléments est important.

Le LEM contient 500UI de rétinol et 4500UI de betacarotène naturel (100% des AJR au total), une répartition que Gestion Santé  juge satisfaisante même si du coup le rétinol a été un peu trop réduit (nous préconiserions plutôt 50% des AJR sous forme de rétinol, soit 2500UI).

Le LEM contient d'autres caroténoïdes, une quantité satisfaisante le lycopène que l'on trouve notamment dans l'extrait de tomate et surtout une dose élevée de lutéine (15mg) un dosage apprécié tant par LaNutrition que par Gestion Santé, avec 465 mcg de trans-zeaxanthin qui sont des protecteurs rétiniens (ils protègent aussi les lipides de la peau). La lutéine permet de synthétiser la zéaxanthine et la mésozéaxanthine, mais l'apport direct de zéaxanthine est également très utile. Les formulations les plus pointues apportent un peu plus de zéaxanthine que le LEM (plutôt 1mg) mais le dosage du LEM avec 50% de cette dose est déjà très utile et très peu de multicompléments ont de tels dosages.

Le LEM contient aussi du C3G (Cyanidin-3-gluco-side) qui n'est pas un caroténoïde, mais un extrait du groseiller noir (Ribes nigrum), que nous évoquons ici compte tenu de son effet rétinien car il favorise la régénération de la rhodopsine (pourpre rétinienne), un pigment protéique photosensible qui facilite notamment la vision nocturne. Il contient aussi du MirtoSelect® un extrait de myrtille standardisé en anthocyanines dont l'efficacité sur la vision nocturne est aussi bien connu.

Le LEM peut donc aussi être considéré comme un multinutriment formulé pour la prévention des problèmes de vision (santé rétinienne).

La vitamine D

Gestion Santé a consacré une longue page de son site à l'intérêt de la vitamine D et LaNutrition a consacré de nombreux articles, souvent excellents, à la même question. LaNutrition indique dans "Comment lire ce comparatif ?" que le niveau de vitamine D d'un multicomplément est un critère important de bonne notation, alors que pour Gestion Santé, s'est un critère d'évaluation relativement secondaire. Pourquoi ?

L'un de nos critère d'évaluation d'un multicomplément, donné dans une section en début de notre page est (souligné ajouté) :
- dosages adéquats : pas de sous dosage (efficacité), ce qui oblige à reprendre le constituant via un autre complément, ni de surdosage (respect des limites de sécurité).

Le dosage adéquat de vitamine D vise à atteindre des taux plasmatiques dans une fenêtre idéale de 50 à 70ng/ml, inatteignable avec le mode de vie occidentale et sous nos latitudes sans complémentation. Les dosages nécessaires pour un homme de 70kg sont d'environ 5000UI (cinq mille) journalier de vitamine D en hiver. La prise de vitamine D doit être ajustée au poids. Il peut y avoir des variations individuelles importantes entre prise effectuée et dose plasmatique atteinte, et pour les mois d'été la vitamine D résultant de la synthèse endogène, via l'épiderme, dépend  beaucoup de l'âge, du mode de vie, de la région et de son ensoleillement.

Dans ces conditions même si un multicomplément comporte 1000 ou même 2000UI de vitamine D comme le LEM, cela n'empêchera pas que 9 ou 10 mois sur 12, il faudra prendre un complément de vitamine D. Mais pour des raisons de sécurité, notamment pour éviter le risque de surdosage en été, on ne peut guère envisager de dépasser des apports de 2000UI/jour dans un multicomplément.

Pour une personne qui utilise un multicomplément sans s'intéresser à sa composition et à l'efficacité de ses constituants, et qui n'utilisera que celui-ci, cela fera une différence importante qu'il reçoive 1000 ou 2000UI de vitamine D, plutôt que 200 ou 400UI, ou même rien du tout, mais pour un utilisateur qui cherche à comprendre ce qu'il fait, et une approche éclairée est déjà nécessaire ne serait ce que pour savoir choisir un multicomplément dans une offre très hétérogène, il faudra de toute façon qu'il prenne une dose de vitamine D en plus de son multicomplément une bonne partie de l'année.
C'est pourquoi j'estime que le dosage du multicomplément en vitamine D est finalement peu important. Il faut que l'utilisateur calcule soigneusement ses besoins et ses apports via le LEM et en gélule indiciduelle et prenne la précaution de faire un dosage de vitamine D de temps à autre pour vérifier que son taux n'est ni trop bas, ni trop élevé. En outre la vitamine D et un des compléments les moins chers du marché et les capsules sont très petites, quel que soit le dosage, rendant la prise peu contraignante.

Le dosage du LEM en vitamine D est satisfaisant mais pour les raisons expliquées ci-dessus ce n'est pas un critère d'évaluation déterminant pour Gestion Santé.

La vitamine K

La prise d'anticoagulants  (pris par 400 à 600 000 personnes en France) est une contre-indication absolue à la prise d'un complément alimentaire contenant de la vitamine K. Mettre de la vitamine K dans un tel produit prive les personnes concernées de la prise d'un complément qui pourrait être utile à leur santé (ces personnes doivent toutefois impérativement examiner la constitution du produit avec leur médecin traitant ou leur cardiologue et définir les dosages de sécurité avant de l'utiliser). Mettre de la vitamine K nécessite aussi un étiquetage particulier pour éviter tout accident.

Par ailleurs, dans notre page sur la vitamine K, nous avons expliqué les débats et les incertitudes entourant l'intérêt respectif des 3 formes de la vitamine K (la K1 et deux formes principales de K2) disponibles et les dosages envisageables. Nous avons mené une réflexion approfondie sur la question qui nous a amené à conseiller l'utilisation exclusive de vitamine K2 sous forme de ménatetrénone. Mais il n'y a pas encore de consensus sur la question dans le monde de la complémentation alimentaire et des experts qualifiés font des préconisations différentes des notres.

LaNutrition dans "Comment lire ce comparatif ?" indique qu'elle note positivement la présence de vitamine K dans les multivitamines. Les considérations précédentes amènent au contraire Gestion Santé à déconseiller formellement l'intégration de vitamine K dans les multicompléments. En outre, les compléments en vitamine K sont de taille très réduite et facile à prendre en plus d'un muilticomplément dans la forme et dosage souhaité par l'utilisateur.

Au vu de la contre-indication de la vitamine K pour les personnes sous anticoagulants et des incertitudes sur la forme et le dosage de vitamine K à privilégier, Gestion Santé déconseille l'intégration de vitamine K dans les multicompléments et une approche individualisée de prise d'un complément de vitamine K.  Le LEM ne contient pas de vitamine K.
 
Autres ingrédients

TMG
: Le LEM contient de la Trimethylglycine (TMG). Le TMG est apporté à 100mg. Le TMG est facile à trouver en tablettes fractionnables pour un coût modique et à des dosages supérieurs plus adaptés. Ce produit pourrait être abandonné pour des nutriments plus utiles.

PABA : le PABA est un ingrédient dont l"intérêt n'est pas évident et qui occupe 200mg. De plus, le PABA est plutôt à prendre en dehors des repas.[ MAJ : Le LEM a été mis à jour depuis que nous avons écrit cet article avec la suppression du PABA. Cette suppression à sans doute permis d'introduite les 60 mg de "Natural mixed tocopherols (providing gamma, delta, alpha, beta tocopherols)" (voir section sur la vitamine E). Cette suppression correspond aux préconisations faites par Gestion Santé]

Taurine : Le LEM contient 200mg de taurine. La taurine est un dérivé d'acide aminé soufré. Son effet détoxiquant en fait un ingrédient plutôt logique du LEM où la taurine peut combiner ses effets à de nombreux autres nutriments. Le dosage est modéré sans être négligeable. C'est un nutriment que l'on peut prendre à des dosages supérieurs en le prenant en poudre pour un coup modique, le goût étant neutre. Le Life Extension Magazine a publié un article sur les effets santé possibles, lequels nécessitent probablement des dosages plus élevés. Gestion Santé conseille une complémentation complémentaire de 1g par jour (Now Foods, Taurine, Pure Powder, 8 oz (227 g)).

NAC : Le LEM contient aussi de N-acetyl-L-cysteine au dosage adéquat de 600mg, point sur lequel Gestion Santéet LaNutrition sont d'accord. Le NAC participe de façon très importante, en synergie avec les autres ingrédients du LEM à la synthèse d'un antioxydant majeur, le glutathion.

Inositol :  L'inositol est un précurseur direct des phospholipides qui sont un constituant majeur des membranes cellulaires qu'il stabilise. A ce titre il peut agir en synergie avec les dérivés de la choline en particulier pour des effets neuroprotecteurs. Il aide au transfert des nutriments à travers la membrane cellulaire et a des propriétés antioxydantes. Dans les muscles il se comporte comme un sucre, mais sans stimuler la libération d'insuline. Le dosage de 250mg est adéquat. Lire "Inositol – Clinical Applications for Exogenous Use"

Phosphatidylcholine et choline : Il sagit d'un dérivé de la lécithine du soja.  Elle est bénéfique pour l'ensemble des cellules, notamment pour les membranes cellulaires des cellules du foie et du cerveau. Ledosage est de 150 mg.

Choline : La choline est amenée sous forme de 120 mg de choline bitartrate.

Bien que ces 2 derniers nutiments à basse de choline soient utiles, Gestion Santé estime qu'il serait préférable d'apporter soit de la phosphatidylserine soit de la cytidine-5'-diphosphate choline (citicoline, Healthy Origins, Cognizin Citicoline, 250 mg, 150 Gélules pour 32€ environ) dont les effets neuroprotecteurs nous semblent mieux documentés.

Un riche éventail d'extraits végétaux

LaNutrition note positivement "Le mélange d’extraits végétaux. (...). La quantité de lutéine." mais n'en tire guère de conséquence en terme de notation du produit, alors qu'il s'agit d'un critère majeur d'évaluation pour Gestion Santé.

Le LEM contient un riche éventail d'extraits végétaux particulièrement bien étudiés dans leur composition et leurs concentrations et d'une grande utilité nutritionnelle. Dans ce dernier domaine, le LEM est le produit le mieux conçu et dosé de sa catégorie.

Sans être exhaustif, on peut noter la présence d'un extrait sophistiqué à haute dose de pousses de brocoli germés apportant du calcium d-glucarate, un détoxicant hépathique important facilitant l'élimination de produits chimiques carcinogènes, des hormones stéroïdes et certaines toxines liposolubles dans la phase II de la détoxication (pour la distinction phase I et II lire la section "Le foie : L'organe de détoxication par excellence" dans cette page de Karen Vago).
Cet extrait de brocoli est également titré en glucosinolates, sulforaphane, D-3T, PEITC. Le sulforaphane inhibe certaines voies de la cancérisation et stimule de nombreux systèmes enzymatiques détoxicants et antioxydants. Les glucosinolates et le D-3T sont des composés organosoufrés qui ont de nombreuses propriétés bénéfiques dont une action antioxydante, antimutagénique et de détoxification. Le PEITC que l'on trouve aussi dans le cresson est antimutagénique en particulier pour le cancer de la prostate. Le dosage élevé de l'extrait de brocoli du LEM est particulièrement intéressant.
Les puristes souhaitant profiter au maximum d'effets anticancéreux aurait souhaité trouver un extrait de cresson de fontaine (watercress) et d'Indole-3-Carbinol (I3C) qui ne figurent pas dans le produit. Pour le cresson, on ne le trouve malheureusement pas encore en extrait isolé mais en combinaisons avec des produits déjà présent dans le LEM ou alors il faut se tourner vers des plantes séchées d'harboristerie ou des graines germées. Pour l'I3C, je conseille celui de Advance Physician Formulas, Inc., Indole-3-Carbinol, 200 mg, 60 gélules pour 13$ environ. C'est un modulateur hormonal très efficace, notamment chez l'homme des dérivés de la testostérone.

Le LEM contient aussi des doses élevées d'extraits combinés de fruits rouges et noirs les plus efficaces titrés en produits actifs.

Comme indiqué dans la section caroténoïdes on note la présence de C3G (Cyanidin-3-gluco-side), un extrait du groseiller noir (Blackcurrant, Ribes nigrum), protecteur de la rétine car il favorise la régénération de la rhodopsine (pourpre rétinienne), un pigment protéique photosensible qui facilite notamment la vision nocturne. Il aurait de nombreuses autres propriétés biochimiques très intéressantes (lire ici), bien que l'effet exact des doses contenues dans le LEM (1.25 mg) reste à déterminer. Les puristes souhaitant une protection accrue de la rétine pourront ajouter le Jarrow Formulas, Blackcurrant, 200 mg, 60 gélules (12€ environ).

Il contient aussi du MirtoSelect® un extrait de myrtille standardisé en anthocyanines dont l'efficacité sur la vision nocturne est aussi bien connu et qui est également intéressant comme protecteur neurologique et pour son efficacité sur la microcirculation.

Extrait de citron apportant 100 mg d'hesperidin, qui accroît la résistance des veines et des capillaires.

Extrait de thé vert titré en EGCG à des dosages correspondant aux études de référence sur les effets bénéfiques.

Chardon-Marie (Silybum marianum), 100mg titrés à 85% de silymarin. Le chardon-marie un puissant hépatoprotecteur présentant très peu d'effets secondaires. La silymarine est le principe actif, mais des recherches récentes ont montré que les sous-fractions silybine (isosilybine A et isosilybine B) sont les plus intéressantes. Le produit n'est pas titré en ces sous-fractions et il faut se tourner vers un autre produit de Life Extension pour avoir cette qualité. Le produit correspondant s'appelle Life Extension, European Milk Thistle et il a été reformulé récemment pour être présenté dans une base de phospholipides qui améliore encore l'assimilabilité. Le chardon-marie du LEM ne comporte malheureusement pas cette améliorations ni le titrage garanti en silybine.

Deux formes d'extrait de raisins aux effets complémentaires (Leucoselect et BioVin).

Extrait de feuille d'olivier apportant polyphenols, hydroxytyrosol, tyrosol and oleuropein (oleuropéine) ce dernier élément ayant un effet régulateur sur la tension artérielle.

Extrait de pomegranate qui a acquis une solide réputation ces dernières années pour ses effets dans le domaines des pathologies cardiovasculaires et comme antimutagénique.

De la luteolin, un antiinflammatoire puissant, qui aurait une activité neurologique spécifique régulatrice sur les cellules gliales, les cellules nerveuses de soutien.

Du trans-Pterostilbene produit intéresssant, mais malheureusement à dose trop faible pour avoir un effet significatif. Ce dérivé du resveratrol a, selon des études animales, des effets spécifiques, notamment un effet inhibiteur sur le cancer du colon, un des cancers les plus fréquents. Nous conseillons Source Naturals, Pterostilbene, 50 mg, 120 Capsules pour environ 27€ chez iherb pour ceux qui sont intéressés par ce produit.

De la bromélaïne une enzyme protéolytique aux effets anti-inflammatoires bien connus.

Des lignanes de sésame qui limitent la vitesse de dégradation des tocotrienols et favorisent leur accumulation cellulaire.

Dans la dernière reformulation du LEM, fin 2016, 5 mg d'apigénine ont été ajoutés. C'est un agent anticancer potentiel, un régulateur hormonal et un neuromodulateur. La dose proposée est suffisante pour un effet modéré mais intéressant. Par comparaison une capsule de camomille standardisée pour avoir une teneur élevée en camomille de Nature's Way apporte seulement 1,5mg d'apigénine par comprimé.

Le LEM est le meilleur produit de sa catégorie pour la composition et le dosage de ces phytonutriments.

Le pourquoi de l'avertissement sur le LEM : "This product contains a chemical known to the State of California to cause birth defects or other reproduction harm."

Pour faire bref, cet avertissement, dont certains lecteurs m'ont demandé la raison, est lié au fait que le dosage journalier d'un complément en Californie (California’s Proposition 65 (the Safe Drinking Water and Toxics Enforcement Act)) ne doit pas dépasser 0,5 mcg de plomb, par rapport à sa dose journalière recommandée, sans comporter l'avertissement ci-dessus mentionné. C'est un niveau qui est beaucoup trop bas et vu la composition complexe du produit qui inclu un grand nombre d'ingrédients et et la présence ubiquitaire de plomb dans l'environnement et notamment dans les plantes, cela a contraint le fabriquant du LEM, comme d'autres qui ne peuvent être sûrs de toujours arriver à respecter ce seuil, à afficher cet avertissement bien peu commercial.

C'est typique des excès de la réglementation californienne, qui, sous prétexte de protéger le consommateur, introduit régulièrement des législations abusives, souvent sous la pression de cabinets d'avocats, qui ensuite font la course aux affaires pour rançonner les entreprises.

C'est dommage car la lutte contre le plomb mériterait d'être une grande cause nationale, le plomb étant effectivement toxique dès les faibles doses (lire ici pour les enfants), mais comme toujours l'excès et la caricature nuisent aux meilleures causes. Par ailleurs quand on sait à quel point l'organisme des êtres humains est actuellement saturé de toxiques divers qui se retrouvent dans le sang (ou le lait maternel) et passent de la mère à l'enfant, il faudrait avoir une démarche de protection beaucoup plus globale.

Par ailleurs le réseau d'eau américain est dans un état de délabrement avancé et des millions d'américains sont empoisonnés par des taux faramineux de plomb et d'autres toxiques dans l'eau. On ne sait trop que dire devant tant d'inconséquence...

Gestion Santé s'interroge et s'inquiète de la qualité du travail d'évaluation de LaNutrition.fr

On est bien obligé de constater que les critères d'évaluation des multicompléments par LaNutrition présentent des lacunes, des imprécisions et des inconsistances qui font que, pour Gestion Santé, on ne peut pas s'appuyer sur cette évaluation pour éclairer le choix d'un multicomplément.

Après lecture de tout ce que j'ai expliqué en détail dans les sections précédentes, je pense qu'on ne peut qu'être frappé par le grand nombre de points de désaccord entre notre évaluation et celle de LaNutrition. LaNutrition a en outre fait le choix (si nous avons bien décrypté ses procédures) de donner des notes très pénalisantes à des produits comme le LEM sur la base de critères dont nous espérons avoir réussi à montrer qu'ils étaient largement arbitraires. Toutefois, on sait très peu de choses de la pondération effectuée sur les différents critères, par les 5 "spécialistes" retenus pour l'évaluation  (relire section "Les critères d'évaluation d'un multicomplément et du Life Extension Mix selon LaNutrition"). On ne sait d'ailleurs pas si les "spécialistes" concernés sont censés s'être pliés à la "doctrine" d'évaluation de LaNutrition dont nous avons fait un examen détaillé, ou s'ils avaient une plus grande liberté d'évaluation.

LaNutrition a finalement fait assez largement faire abstraction de ses propres critères d'évaluation pour désigner son lauréat : "Par ailleurs, le dosage recommandé par le fabricant de ce produit conduit à un apport excessif en zinc et sélénium, et LaNutrition.fr conseille si l'on choisit cette formule de se limiter à 1 ou 2 comprimés par jour au lieu des 3 conseillés mais cela diminue aussi l'apport des autres nutriments. Les 4 piments attribués au Daily 3 sont donc obtenus de justesse." LaNutrition a ainsi pu accorder sa meilleure note, soit 4/5 à Daily 3, et nous ne nous en plaindrons pas car c'est effectivement un bon produit. Mais le LEM aurait tout autant mérité de figurer en haut du palmarès. Par contre on ne comprend pas la notation à 3/5 de NuVitamin' produit que nous avons trouvé plus que minimaliste et même du NuPower (un peu mieux conçu), en particulier quand on compare ces notations au 2/5 du LEM !

Bref la formule qui me vient à l'esprit après avoir examiné l'évaluation du comparatif de LaNutrition.fr c'est : "tout ça pour ça !" En effet on peut supposer que le site à quand même du faires un gros travail de rassemblement des données pour aboutir à ce résultat qui me semble malheureusement inexploitable tant pour le profane que pour la personne mieux informée ou pour le spécialiste. En effet aucun ne s'y retrouve, le profane parce que le travail pédagogique sur les critères d'évaluation n'est pas fait sérieusement ou est mal fait et que l'évaluation des produits est incohérente, la personne mieux informée parce qu'il ne va rien apprendre ou même partir sur de fausses pistes et le spécialiste parce qu'il ne peut même pas recueillir des informations techniques utiles, sur tel ou tel aspect de la composition des produits, par exemple.

Remarque sur le  prix annoncé du LEM :

Un mot enfin sur le rapport qualité - prix, un critère important, on s'en doute, pour l'acheteur soucieux d'obtenir un bon produit sans subir un martyr financier.  Le prix moyen par jour de complémentation pour le lauréat, le Daily 3 annoncé par LaNutrition est de 1,533 €. Le LEM qui, selon nous, devrait être au moins aussi bien noté, est annoncé à un prix moyen par jour de ...5,22 € (et excusez du peu, à 182 € la boite de 490 comprimés!!!). Un prix dissuasif qui a priori élimine le LEM quelles que soient les qualités que nous pourrions lui attribuer... sauf que le prix ne correspond pas du tout à celui constaté sur le marché US où est implanté le fournisseur.

En fait, si j'ai bien compris comment cela était possible (mais il faut bien connaître le marché pour le deviner!), LaNutrition a utilisé le prix de vente du LEM que propose le  fabricant du  Daily 3 (Supersmart.com) . Le LEM est, d'après ce que j'ai compris de la politique commerciale de Supersmart, un produit de niche vendu fort cher à un segment limité de leur clientèle. Cette société vend depuis plusieurs années l'essentiel de ses produits sous sa propre marque, ce qui lui permet de proposer une offre de prix compétitive et de définir librement une gamme de produits innovants (lire quelques explications sur ce point dans la présentation du fournisseur faite en 2006 par Gestion Santé). Quel est le justificatif du choix de ce fournisseur qui biaise complètement l'évaluation du rapport qualité - prix du LEM ?

Cela n'est pas formulé explicitement, mais il semble que LaNutrition a uniquement examiné sous la dénomination "le marché" les produits disponibles à la vente en Europe et en langue française. Encore qu'il soit possible de commander les produits LEF en Europe à la branche Europe de LEF et en langue française (cf. notre rubrique fournisseur) et d'acheter le LEM en Europe pour 104€ si on est pas membre et pour 78€ pour les membres (moyennant une adhésion annuelle, ouvrant droit à divers avantages). On peut aussi acheter le LEM chez iherb ou d'autres fournisseurs américains de compléments.

Par ailleurs, le marché s'étant internationalisé, il est relativement facile pour un acheteur français balbutiant l'anglais de de procurer le LEM aux USA, soit après une consultation rapide sur internet ... pour 64$ sur le marché des USA pour la formule en capsules mentionnée (nous conseillons la formule en tablette encore moins chère à 58€ environ et de prendre seulement les 2/3 de la dose), sachant que le dollar US est moins cher que l'euro. La différence donne le vertige puisque l'on peut trouver le produit pour... trois fois moins cher que ce qu'annonce LaNutrition ! Tout ça n'est pas, comme on voit, très sérieux...

Le lecteur souhaitant approfondir la question trouvera plus d'informations sur notre page "Fournisseurs".

Nous n'épiloguerons pas, le but de cette page étant surtout centré sur la qualité des constituants des multicompléments, mais nous voulions tout de même faire cette mise au point indispensable en matière de prix. 

Les différents conditionnements et les formulations du LEM, les dosages conseillés, les reformulations régulières du produit, quelques effets particuliers liés à la prise

Voici la réponse à des questions que j’ai régulièrement par courriel et il me semble donc utile de faire un petit récapitulatif.
Certaines de ces informations ont déjà été évoquées ici et là dans ce qui précède mais je les regroupe ici pour plus de clarté.

Le LEM existe dans les trois conditionnements suivants : en tablettes, en gélules ou en poudre.
Je vous conseille d’opter pour la formule en tablettes (créées par compression), la plus pratique. Je déconseille la forme en gélules à cause des enveloppes.
Les tablettes peuvent être fragmentées très facilement si nécessaire. La forme en poudre est très bien aussi, mais je ne l’utilise pas car ce n’est pas pratique quand on se déplace.
Éventuellement on peut mixer entre poudre à la maison et tablettes en déplacement.

Par ailleurs il existe trois formulations spécifiques du LEM en termes d’ingrédients :
1) une forme "classique" 2) une forme "sans cuivre" par rapport à la précédente et 3) une forme « avec extra niacine » par rapport à la classique.

1) La forme "classique" est la formulation que je recommande.

2) Je suppose que la Life Extension à créé la forme "sans cuivre" à cause des personnes qui s’inquiètent de la toxicité du cuivre. En réalité la forme du cuivre du LEM est une formulation non oxydante TRAACS très sure et elle est apportée à un dosage modéré (50% des AJR). De plus le LEM contient un dosage relativement élevé de zinc qui a tendance à inhiber l’assimilation du cuivre. Dans ces conditions je déconseille d’utiliser le LEM sans cuivre.

3) La forme « avec extra niacine » apporte une quantité nettement plus importante de B3 sous la forme de niacine pour des effets cardiovasculaires supposés bénéfiques. Cette formulation me semble un peu trop dosée en niacine et ces apports pourraient être proches de la toxicité hépatique pour certaines personnes présentant une faiblesse du foie. La niacine provoque aussi chez pas mal de personnes un rougissement assez intense de la peau, sorte d’effet « coup de soleil » ou « bouffée de chaleur », inoffensif en soi, mais très désagréable. Bien que cet effet s’estompe progressivement puis disparait chez la plupart des utilisateurs au bout de quelques semaines, cela peut être dissuasif pour les plus sensibles à l’effet. Enfin, depuis quelques années est apparu sur le marché un dérivé nettement plus bénéfique de la B3, le nicotinamide riboside (NR), vers lequel je conseille de se tourner en complément du LEM pour maximiser ses effets, bien qu’il reste encore assez couteux. Je déconseille donc (que l’on se complémente ou pas en NR) de ne pas utiliser le LEM « avec extra niacine » et d’utiliser la formule « classique ».

Je rappelle que quelque soit le type de formulation utilisée, un dosage aux 2/3 de la dose me semble suffisant pour une prise régulière et au long cours.

Dans la suite je raisonne à partir de la forme en tablette.

Pour les personnes qui n’ont pas l’habitude des compléments, commencer par une tablette par repas (1/3 de la dose recommandée par le fabriquant), puis monter à 2 tablettes par repas (2/3 de la dose) après une semaine ou deux de complémentation.

Ces dosages des 2/3 seulement de la dose recommandée par le fabriquant, me semblent suffisant en terme de rapport concentration - efficacité - prix.
Pour les personnes ayant un budget vraiment serré une complémentation, même limitée au 1/3 de la dose, avec une alimentation équilibrée, me semble utile et intéressante, notamment pour les plus jeunes.

Le LEM est à prendre au cours d’un repas de façon à ce qu’il se mélange au bol alimentaire. Ne le prenez pas si vous sautez un repas. Vous pouvez prendre, le cas échéant, une tablette de plus au repas suivant et / ou précédent.

Le LEM contient une dose importante de vitamine B2 qui augmente la couleur jaune des urines (effet « fluo »). C’est tout à fait anodin.

Le LEM est composé de très nombreux ingrédients et la Life Extension qui le fabrique essaie de rester « au top » en ce qui concerne sa formulation, ce qui amène assez régulièrement à des reformulations du produit. Celles-ci sont parfois minimes, mais peuvent aussi être plus importantes. Gestion Santé met à jour la présente page en tenant compte de la dernière version du produit.

Si vous achetez chez iherb, comme je le recommande pour ses prix et frais de livraisons très compétitifs, vous pourrez être un peu surpris de voir apparaître à l’occasion le LEM en « discontinued » (déréférencé) car iherb crée une nouvelle référence dans leur base produit lorsque le produit change de formulation et il faut alors retrouver le produit que l’on cherche.

Aussi je vous donne les deux formulations les plus utiles en lien, en tablette Life Extension Mix et en poudre Life Extension Mix.

En conclusion

Notre but en écrivant cette page de mise au point n'était pas de croiser le fer avec LaNutrition, même si la logique d'une contre-expertise nous à amené à lui porter la contradiction sur bien des points, trop nombreux à notre goût, et à noter de trop rares points d'accord.

On sait que les  rivalités de personne et l'esprit de  chapelle ont déjà fait et continueront à faire beaucoup de dégâts dans le monde de la complémentation nutritionnelle (et des médecines complémentaires en général). J'espère que ce travail ne sera pas l'occasion de nouvelles inimitiés mais invitera plutôt à une salutaire réflexion en terme de méthodologie d'évaluation.

Comme nous l'avons expliqué au début de ce document, si l'on estime, après examen sérieux de la question, que la complémentation alimentaire à un quelconque intérêt en matière de santé, en complément d'une bonne alimentation et hygiène de vie, le multicomplément est un enjeu stratégique absolument fondamental. Il est donc indispensable de l'aborder avec rigueur et sérieux et pour ce qu'il doit être, comme un centre d'organisation d'une complémentation alimentaire bien pensée, qui est susceptible d'utiliser également d'autres produits, en cohérence avec ce produit de base.

Il est donc indispensable que l'évaluation soit faite selon des critères vraiment rigoureux. Si l'on tombe dans une approche impressionniste et subjective, on ira d'une approximation à la suivante, pour aboutir à une évaluation sans queue ni tête et qui se révélera être au final un travail inutile et même nuisible.

C'est pourquoi nous avons examiné avec tant de soin les hypothèses implicites et explicites de l'évaluation de LaNutrition, et proposé les notres en contrepoint, après un travail d'investigation approfondi. Cela nous a amené à réutiliser mais aussi à compléter, vérifier et actualiser les nombreux documents déjà disponibles sur Gestion Santé.  J'ai voulu que le lecteur puisse s'appuyer sur la lecture de cette page pour construire sa propre expertise, apprendre à se poser les bonnes questions et pouvoir compléter et approfondir ensuite ses connaissances au fil de ses autres lectures. 

J'ignore évidemment ce qu'il en sera de l'évolution à venir de LaNutrition en général et de son évaluation des multicompléments en particulier. Il y a pas mal de signes d'une évolution qui ne me semble guère rassurante. Dans ce contexte et en attendant que la situation du côté de LaNutrition se clarifie, dans un sens ou un autre, j'ai voulu apporter un outil de pilotage indépendant et sérieux aux lecteurs de Gestion Santé.

Les efforts pour définir ce que doit être un multicomplément alimentaire de qualité sont à la fois importants, comme un appel à une réflexion sérieuse et indépendante au service de la santé, et en même temps un peu dérisoire au vu du petit nombre de privilégiés pouvant utiliser utilement ces produits en pratique et organiser une complémentation adaptée à partir de celui-ci, ceci pour des raisons de prix et d'accès à l'information, en particulier en France. Il n'y a pas si longtemps, il était impossible de se procurer le Life Extension Mix en France pour un prix raisonnable, compte tenu des entraves administratives à la libre circulation des compléments alimentaires. Cela peut très bien être à nouveau être le cas demain ou après-demain, pour ce produit comme pour beaucoup d'autres, compte tenu des normes abhérentes qui se mettent en place en Europe pour étrangler le marché des compléments (limitation des nutriments autorisés et dosages faméliques). Nous pourrions bien nous retrouver demain à nouveau livrés pieds et mains liés aux diktats de la DGCCRF avec des multicompléments transformés en poudre de perlimpinpin.

Le combat pour la lucidité et l'indépendance d'esprit, l'entousiasme mis à défendre ce qu'il y a de plus utile et novateur dans le domaine de la santé et dans bien d'autres domaines restera toujours indispensable. Je remercie les lecteurs de Gestion Santé qui nous ont toujours remercié pour l'utilité concrète de nos articles et soutenu et encouragé dans la démarche et les perspectives que nous défendons sur le site.

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Créé le 11/12/12. Dernière modification le 24/02/17.