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Journal de bord de Mars 2006

 

Faute de temps pour écrire des pages bien structurées, je laisse souvent passer sans commenter ou citer une multitude d'excellents articles sur Internet ou dans des revues, ou sans évoquer des livres que j'ai lu et sur lesquels je souhaiterais attirer l'attention ou faire quelques commentaires utiles pour le lecteur. D'où cette nouvelle rubrique "Journal de bord" que je commence à la fin de novembre 2005. La santé ne sera pas le seul sujet traité ici, mes intérêts dépassant largement ce domaine. J'espère échapper aux platitudes que l'on retrouve parfois dans la blogosphère et apporter des informations intéressantes au lecteur de passage et sur un ton plaisant si possible.

Journal de bord de Jacques Valentin Archives : - 12/16 - 04/16- 07/14 - 05/14 - 04/14 - 01/14 - 12/13 - 11/13 - 10/13 - 09/13 - 08/13 - 07/13 - 05/13 - 12/12 au 0313 - 08/12 - 06/12 - 04/12 - 03/12 - 02/12 - 01/12 - 11/11 - 10/11 - 09/11 - 08 et 06/11 - 02/11 - 12/10 - 10/10 - 09/10 - 05/10 - 03 et 04/10 - 02/10 - 01/10 - 12/09 - 11/09 - 04/09 - 01/09 - 10/08 - 08/08 - 04/08 - 11/07 - 09/07 - 05 et 06/07 - 04/07 - 03/07 - 02/07 - 01/07 - 12/06 - 11/06 - 10/06 - 09/06 - 08/06 -07/06 - 06/06 - 05/06 - 04/06 - 03/06 -02/06 - 01/06 - 12/05 - 11/05 -

Mars 2006 : - 29/03 - Cochons, thons et saumons sont dans un bateau - 28/03 - UFC Que Choisir assigne la MAAF en justice - 15/03 - L'huile de Krill versus l'huile de poisson - 05/03 - Le Monde évoque la possible toxicité des OGM (suite) - 03/03 - 1) Strontium et santé de l'os (suite) - 2) Cancérologie ton univers impitoyable -

29 mars 2006 :

Cochons, thons et saumons sont dans un bateau

A les sujets bateaux ! Les médias dominants qui ont pourtant de tout autres moyens financiers et humains que l'internaute de base se contentent pourtant bien trop souvent de reprendre et d'habiller les dépêches des agences de presse. C'est particulièrement flagrant pour les articles scientifiques. Ainsi de celui qui sort ces jours ci sur le cochon transgénique enrichi en omega-3, sujet facile repris dans de nombreux médias.

Je m'en suis aperçu en lisant un article de Jean-Yves Nau du journal Le Monde qui traite du sujet bateau du jour dans un article intitulé "Aux Etats-Unis, des cochons riches en oméga 3 ont été créés par clonage". L'auteur rappelle que "Jusqu'à présent, les promoteurs zélés des oméga 3 recommandaient la consommation de poisson, dont la chair est riche de ces éléments. En particulier des poissons gras comme les thons et les saumons." Ce début d'article annonce le "coup de théâtre" qui arrive à la fin de l'article : les omega-3 ne sont bons à rien, se croit autorisé à écrire le journaliste.

La fin de l'article abandonne en effet les cochons clonés pour faire un rappel assez incongru d'une étude négative sur les omega-3 récemment parue dans le British Medical Journal. Le journaliste lie alors les deux sujets pour conclure que puisque l'étude du BMJ dit que les omega-3 ce n'est pas utile pour la santé, voir dangereux dans certains cas, les cochons enrichis en omega-3, c'est une fausse bonne idée. Quelle puissance démonstrative !

En creusant le sujet je tombe par hasard sur la rubrique scientifique du nouvelobs.com où je trouve un article de Cécile Dumas "Faut-il manger du bacon enrichi en oméga-3?" où il est écrit que "Les bénéfices des oméga-3 sont en effet très discutés. Les études sont contradictoires.
D’après une méta-analyse publiée dans la dernière édition du British Medical Journal, les bénéfices des oméga-3 n’ont pas été clairement démontrés."

Encore le BMJ mélangé au cochon cloné ! Là je suis fort intrigué car j'ai du mal à croire que les deux journalistes aient fait le même rapprochement incongru. Je me dis qu'ils recopient une source commune (pardon, je voulais dire : s'inspirent avec talent). Et en effet je tombe rapidement sur la dépêche de l'AFP "Les cochons transgéniques clonés sont riches en oméga-3" qui a inspirée nos talentueux journalistes, avec la même relation téléphonée entre cochon et BMJ !

Il n'y a pas grand chose à ajouter sur le sujet du cochon transgénique, mais qu'en est-il des omega-3 et de l'article du BMJ ? Il s'agit d'une méta-analyse qui fait la synthèse de très nombreuses études. Ce genre d'étude tendent à se faire passer pour des études de référence. Bien à tort malheureusement pour nombre d'entre elles. En effet ces méta-analyses mélangent et font souvent la moyenne d'études complètement hétérogènes, sélectionnent ou excluent plus où moins arbitrairement certaines études, diluent certains résultats bien établis et en font apparaître d'autres souvent imaginaires. Le résultat est qu'au lieu de faire avancer la recherche elles plongent le monde de la recherche et le public dans la confusion et la perplexité et sont à l'origine de controverses aussi fatigantes que stériles. Par ailleurs ce genre d'étude à la facheuse tendance à correspondre à des agendas très politiques et sont notamment utilisées par l'establishment médical pour attaquer la nutrition et les suppléments nutritionnels. Il y a eu par exemple la controverse récente sur la vitamine E suite à la méta-analyse de Dr. Edgar R. Miller et coll. dans les Annals of international medecine, publiée début 2005. Elle prétend toujours faire référence bien qu'elle ait été éreintée par les meilleurs spécialistes du sujet (cf. ma synthèse des infos sur le sujet). Il y avait eu dans la même veine quelques temps avant, en 2004, la méta-analyse du Lancet selon laquelle les antioxydants raccourcissent la durée de vie ! Thierry Souccar avait à l'époque écrit un article solidement argumenté démontrant le ridicule de ces pseudo résultats. Qu'importe, ces études plus que douteuses sont toujours citées régulièrement ! C'est que nous ne sommes pas ici dans le domaine de l'accumulation raisonnée, ouverte et prudente du savoir scientifique au service de l'intérêt général et de la santé (s'agissant de médecine) mais dans celui du contrôle et de la manipulation du discours scientifique par des réseaux de pouvoir et d'argent et des idéologues.

Nous sommes donc allé y voir de plus près car cette nouvelle méta-analyse est pour le moins surprenante et elle contredit tout ce que j'ai pu lire jusqu'à présent sur le sujet. Selon les conclusions de l'étude de Hoover et de son équipe [texte intégral de l'article], les graisses omega-3 n'ont pas d'effet clair sur la mortalité totale, les accidents cardio-vasculaires ou le cancer.

Je conseille de lire (p. 3 sur 9) de l'article, la section "Intervention or exposure" qui montre l'impressionnante hétérogénéité des études rassemblées pour la méta-analyse. Lorsque l'on a des doutes sur une étude il est aussi utile d'aller lire les réponses en ligne des lecteurs de la revue. C'est une volée de bois vert fortement argumentée !

Dans notre dernier billet du 28 mars nous citions l'étude célèbre de Michel de Lorgeril et Serge Renaud sur les omega-3. Une des qualités de cette étude tenait au fait que, avec la méthode de supplémentation choisie, les chercheurs pouvaient faire une comparaison efficace et démonstrative entre le groupe traité par des omega-3 et le groupe témoin concernant les apports totaux de l'alimentation en différents corps gras. En effet un régime n'est démonstratif dans ce domaine que si on maîtrise vraiment dans sa quasi totalité la nature de la consommation en corps gras du groupe traité et que le groupe témoin à une consommation qu'on peut identifier et différencier du groupe traité. Pour illustrer le problème si vous donnez des gélules de poisson à un groupe qui oublie souvent de les prendre et que vous le comparez à un groupe dans lequel de nombreux participants mangent du poisson et que vous n'avez par ailleurs aucune idée des huiles végétales consommées dans les deux groupes, votre étude risque de ne rien pouvoir vous apprendre de valable. Je décris pourtant ici quasiment le design de certaines études incluses dans cette méta-analyse !

C'est ainsi qu'une étude a été retenue par Hoover et coll., la très douteuse Burr 2003, avec une interruption de 12 mois de l'étude, une modification du nombre de participants et un très mauvais contrôle de la consommation en omega-3 dans le groupe traité et dans le groupe témoin. Les auteurs semblent d'ailleurs ne pas avoir respecté les règles d'inclusion des études qu'ils s'étaient fixés pour la prendre en compte et cette seul étude du fait de ses nombreux participants a suffit à annuler tous les résultats positifs des autres études rassemblées ! C'est aussi elle qui justifie la mise en garde qu'on lit dans les commentaires sur internet (par ex. chez Jean-Yves Nau pour Le Monde) à propos du danger des omega-3 pour les patients atteints d'angine de poitrine...

D'autres études n'ont pas été incluses parce qu'elles mesuraient les taux d'omega-3 sanguin ou le stock d'omega-3 dans les graisses. Ces études sont pourtant très intéressantes car plus précises et plus fiables que les études de consommation alimentaire d'omega-3 où il est souvent très difficile, comme nous venons de l'expliquer, de connaître la consommation réelle du groupe supplémenté en acide gras et du groupe témoin. Malheureusement cette catégorie d'étude ne permet pas de faire la part entre les apports alimentaires d'une part et l'efficacité des systèmes enzymatiques des individus et leur capacité à transformer et à stocker efficacement bonnes ou mauvaises graisses (cf. notre commentaire d'une étude de ce type dans notre billet du 16/02/06). On ne peut donc pas les inclure dans une méta-analyse prenant en compte des études de supplémentation, même si elles sont très favorables aux omega-3 tout comme l'est la recherche des mécanismes biochimiques de l'inflammation qui permettent de comprendre via les apports en différents corps gras les mécanismes clés à l'origine d'innombrables pathologies.

Ainsi nous avons trois exemples de méta-analyses récentes menées suivant des méthodologies douteuses. Tout cela n'est guère rassurant pour la qualité de la recherche scientifique contemporaine dans ce domaine, où le laisser aller scientifique, la tendance à l'approximation, voir des violations flagrantes des bonnes pratiques scientifiques semblent devenir monnaie courante. Au point où l'on se demande s'il ne faudrait pas abandonner complètement l'exercice sceintifique des méta-analyses pour en revenir à la monographie, exercice où l'intelligence du chercheur manie l'interdisciplinarité des savoirs scientifiques pour donner à ses collègues et au public un état actualisé des connaissances sur une question scientifique donnée. Cet exercice passe pour plus subjectif que des méta-analyses "rigoureuses" ou la statistique se substitue à l'intelligence synthétique du chercheur. On voit le résultat...

On constate sur cet exemple et une fois de plus avec quelle prudence il faut lire les médias officiels et leurs avis autorisés et pontifiants, donnés par de pseudo experts, qui prétendent nous éclairer sur notre alimentation et notre santé, à partir de sources indirectes et souvent douteuses.

Rappel : Gestion Santé recommande les huiles omega 3 de poisson stabilisées sur triglycérides très résistantes à l'oxydation. Ce n'est pas de loin la formulation la plus courante en complémentation. On les trouve chez Nutrimuscle ou chez les fournisseurs américains sous la marque Nordic Naturals, Ultimate Omega.

Mettre un lien vers ce billet :
http://gestionsante.free.fr/journal_de_bord_0306.htm#29_03_06

28 mars 2006 :

UFC Que Choisir assigne la MAAF en justice

Dans un billet du 30/11/05 "Les assurés des grosses mutuelles privées vont financer les "alicaments" des multinationales de l'agro-business !" nous dressions le constat détaillé, accablant et accablé des méthodes de promotion des "alicaments". Il s'agit dans le cas d'espèce de produits alimentaires enrichis en phytostérols de deux multinationales, Danone pour ses yaourts et Unilever pour ses margarines. Les pubs de Danone à la télé présentées par un acteur bien connu me faisait déjà bondir, mais ces multinationales ont réussi à aggraver encore leur cas en s'associant avec de gros assureurs privés proposant des assurances santé complémentaires. La campagne la plus visible actuellement est celle de la MAAF qui fait la promotion de margarines enrichies en phytostérols d'Unilever, en les remboursant partiellement dans certaines conditions. J'aimais bien la communication institutionnelle de MAAF à la télé, plutôt sympa et amusante, mais là je ne ris plus du tout.

C'est quand même incroyable de voir que l'on rembourse ne serait-ce que partiellement de tels produits à l'heure où tant de médicaments utiles sont considérés comme des "médicaments de confort" et ne sont plus remboursés ni par la sécu ni par les mutuelles ou par ces mêmes assurances de santé privées (Cf. nos billet du 2/02/06 et du 12/12/05).

A propos des margarines enrichis en phytostérols j'écrivais dans mon billet du 30/11 que "Les produits contenant des stérols n'ont en général pas des teneurs satisfaisantes en omega 3 et comme ils sont pris à des doses élevées ils risquent de détourner les consommateurs d'huiles apportant une protection maximum et démontrée vis à vis du risque cardio-vasculaires et d'autres problèmes de santé". Je m'appuyais sur les résultats des recherches intiées dans les années 90 par Michel de Lorgeril et Serge Renaud. Rappelons que dans cette étude basée principalement sur une alimentation enrichie en omega-3 provenant d'huile de colza et donnée à des malades coronariens venant d'avoir un infarctus, la baisse spectaculaire des accidents cardiaques et de la mortalité n'était pas liée à la baisse du cholestérol. En effet selon le résumé de l'étude "Ces effets protecteurs n'étaient pas corrélés à la concentration totale du serum en cholestérol total, en lipoprotéine de faible densité (LDL) ou en lipoprotéine de haute densité (HDL)" [le LDL correspond à ce qu'on appelle communément et de façon ultrasimplificatrice le "mauvais" cholestérol et le HDL au "bon" cholestérol. Le cholestérol total étant la somme du LDL + HDL].

J'ai trouvé depuis une précision intéressante au sujet de la margarine utilisée dans l'essai dont je savais qu'elle n'avait jamais été mise sur le marché par le partenaire industriel sans savoir exactement pourquoi. L'excellent livre de Thierry Souccar et Isabelle Robard "Santé, mensonge et propagande" (Seuil, 2004) me l'a expliqué. On lit en effet (p. 148) dans la section "Privés de margarine" que "La margarine à base de colza utilisée dans l'étude avait été réalisée à la demande de Serge Renaud par un spécialiste des corps gras : Astra Calvé, filiale d'Unilever et producteur des huiles et margarines... Fruit d'Or.
La réaction du fabricant aux bonnes nouvelles apportées par sa margarine expérimentale sur les cardiaques fut immédiate et passablement déconcertante : plutôt que de promouvoir ce nouveau corps gras qui bénéficiait, lui, d'une étude clinique positive, Astra-Calvé choisit l'enterrement de première classe. Massivement engagée dans le tournesol et le lancement d'une margarine contre le cholestérol à base de stérols végétaux, la filiale d'Unilever a donc verrouillé l'innovation."

Nous retrouvons donc nos stérols dix ans plus tard et dans un contexte toujours aussi affligeant ! L'ouvrage que nous citons contient d'ailleurs une multitude de renseignements utiles sur la façon dont la politique nutritionnelle de notre pays est abandonnée à des lobbyes pour lesquels la santé publique est le cadet des soucis. L'ouvrage permet par exemple de comprendre l'évolution des habitudes alimentaires dans le domaine de la consommation des huiles alimentaires dans notre pays sur le long terme des années 60 à nos jours (lire de la p. 140 à 153). Cette évolution résulte en fait largement des choix fait par les multinationales et imposés aux consommateurs et aux pouvoirs publics. Cela n'est évidemment possible que parce qu'il existe une extrordinaire intrication de l'expertise publique et des intérêts privés qui rend quasiment impossible la définition des enjeux et la prise de décisions correctement informées par les pouvoirs publics.

Ainsi pour ces stérols dont l'efficacité n'a pas été démontrée sur l'état de santé on assiste à une dérive qui grandit tous les jours vers des allégations santé de plus en plus explicites normalement réservée au médicament. Les pouvoirs publics de notre pays jouent volontiers (et d'ailleurs souvent abusivement) sur la notion de "médicament par présentation" pour faire retirer du marché tout une série de produits plus ou moins utiles à la santé qui se présentent comme des médicaments. Or ce qui est frappant ici c'est la paralysie de la DGCCRF (répression des fraudes) habituellement très (trop) réactive dans ce domaine. D'autres intervenants auraient aussi matière à se plaindre, comme les mutuelles qui subissent là une forte concurrence reposant sur le matracage publicitaire d'un message scientifiquement douteux. Mais rien ne se produit de ce côté non plus, si ce n'est peut-être des protestation de pure forme. Rien non plus du côté de l'AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) peut-être parce qu'elle n'a pas été saisie d'une demande d'avis des pouvoirs publics étrangement inactifs...

Il existe une autre agence intéressée à l'affaire c'est l'AFSSAPS (agence du médicament) dotée de pouvoirs de police importants et qui peut en particulier suspendre, interdire ou faire de sévères mise en garde pour tout médicament et dont le pouvoir s'étend au "médicament par présentation". Selon un titre de Que Choisir du 8/02/06 "Fruit d'Or - Maaf -- L'Afssaps se fâche" L'AFSSAPS se serait "fâchée" au sujet de la communication Maaf - Unilever. La lecture de l'article montre que le titrage s'il reflète probablement le désir de Que Choisir n'a que peu de rapports avec la réalité et qu'il s'agit en fait du service minimum du côté de l'AFSSAPS qui ne souhaite visiblement pas intervenir dans l'affaire et se contente de dire que Maaf et Unilever auraient utilisé et exagérés un bref passage d'une communication scientifique de l'AFSSAPS. Le communiqué de l'AFSSAPS semble d'ailleurs particulièrement précautionneux et il va même jusqu'à créditer les deux compères d'une part de vérité dans leur communication puisque l'AFSSAPS indique "que la limitation du cholestérol alimentaire, voire l'utilisation d'aliments enrichis en stérols végétaux, ne constitue qu'un des aspects de cette démarche" [de réduction du risque cardio-vasculaire par une alimentation adaptée]. Or nous avons vu dans notre billet du 30/11/05que les études cliniques relatives aux effets d'apports élevés en phytostérols sur des périodes prolongées sont rares et ne portent que sur des populations dont les effectifs sont trop faibles. Mais comme l'AFSSAPS autorise par ailleurs des médicaments hors de prix sur la seule base de leur capacité à faire baisser le cholestérol sans autre efficacité démontrée, elle se trouve une fois de plus prisonnière de ses propres errements dans ce domaine (lire notre article "Les statines en prévention primaire ?").

Finalement il semble que ce soit UFC Que Choisir qui s'empare du dossier et saisisse la justice (communiqué). Que Choisir estime que "S'agissant d'un problème de santé publique grave, l'UFC-Que Choisir dénonce cette publicité simpliste et dangereuse risquant d'encourager une consommation non contrôlée de ces produits en l'absence de tout suivi médical et nutritionnel."

On ne peut que regretter que l'association doive se substituer dans cette affaire aux pouvoirs publics démissionnaires.

Il serait aussi souhaitable que toute cette affaire soit l'occasion de préciser et de mettre à plat ce que les mutuelles et les assurances privées peuvent et veulent rembourser en matière de médicaments par rapport aux différents taux de remboursement (en particulier ceux à 15% et à 0%). Il serait également souhaitable que ces décisions se fondent sur des données sérieuses et équilibrées et ne s'alignent pas unilatéralement comme c'est le cas actuellement sur la campagne de propagande d'origine gouvernementale visant à justifier les déremboursements. Il est désastreux que les mutuelles ne proposent aucune contre expertise indépendante des pouvoirs publics dans le domaine du médicament que ce soit pour les nouveaux médicaments, pour les médicaments remboursés ou pour les médicaments dont le taux est modifié ou qui sont déremboursés.

Mettre un lien vers ce billet :
http://gestionsante.free.fr/journal_de_bord_0306.htm#28_03_06

15 mars 2006 :

L'huile de Krill versus l'huile de poisson

Le choix des nutriments est un arbitrage permanent et parfois complexe et délicat entre l'efficacité et le prix dès que l'on a recours à un spectre de nutriments relativement large car le prix des suppléments nutritionnels est élevé et l'addition devient vite "salée" même si l'on a recours à des fournisseurs pratiquant les meilleurs prix du marché et que l'on s'approvisionne à l'étranger. A cet égard je rappelle au lecteur que je me réfère généralement aux prix en $ du marché des USA, le plus mature au niveau du marché des suppléments. A circuit de distribution équivalent les prix français sont couramment trois fois plus élevés !

Depuis deux à trois ans on nous présente l'huile de Krill comme une nouvelle panacée. Le produit est présenté comme une super huile de poisson et pourrait se substituer de façon avantageuse à ces produits. Qu'en est-il exactement ?

L'huile de Krill est un lipide extrait du krill, qui sont de minuscules crustacés translucides qui servent de nourriture à de nombreuses espèces marines et constituent avec le plancton et les algues un des premiers éléments de la chaîne alimentaire marine.

L'intérêt essentiel de l'huile de krill est d'apporter les omega 3 EPA et DHA sous forme de phospholipides intégrés aux acides gras oméga 3. Cela correspond d'avantage à la forme que l'on trouve dans les cellules. Par ailleurs l'huile de krill apporte de la vitamine A en quantité raisonnable (100 UI pour 1g d'huile ce qui n'est pas excessif) et plus intéressant de l'astaxanthine. L'astaxanthine est un caroténoïde d'origine marine que l'on trouve dans des algues et des planctons et qui se retouve en abondance dans la chair de certains poissons comme le saumon.

Voyons ce qu'il en est des prix. Chez les meilleurs fournisseurs US les 60 gélules de Krill coutent 25$. Il faut un minimum de 2 gélules par jour (selon le dosage conseillé) pour avoir 150 mg d'EPA et 90mg de DHA. Donc 25$ pour 1 mois de supplémentation.

Par comparaison le prix d'un supplément (Super EPA de Now) apportant (pour 2 gélules) 720 mg d'EPA et 480 mg de DHA est de 14$ environ pour une boîte de 120 gélules. Soit 14$ pour 2 mois de supplémentation. De plus comme le lecteur peut le constater ce produit à ce dosage apporte près de 5 fois plus de DHA + EPA (240mg contre 1200mg). Or ce dosages de 1200mg est considéré comme un dosage journalier efficace. Même apporté sous forme de phospholipides, peut-être plus assimilables, le dosage de 2 gélules de Krill par jour paraît très insuffisant. Il en faudrait 6 au minimum par jour pour avoir seulement 720mg de DHA + EPA soit 75$ par mois. Bon courage !

En résumé le prix de l'huile de krill est environ 8 fois plus cher que celui d'un complément standard d'huile de poisson pour avoir la même quantité de DHA et EPA.

Voyons maintenant ce qu'il en est de l'astaxanthine. On trouve se produit de façon isolé pour environ 12$ les 120 tablettes de 2 mg soit à peu près la quantité contenu dans 2 gélules (soit 1 g) d'huile de krill. On peut donc obtenir cet antioxydant de façon indépendante pour un coût modique. Ce n'est donc pas du tout un argument valable en faveur de l'huile de krill.

Reste la question des phospholipides qui demeurent le seul argument de vente véritable du krill. La pricipale forme de phospholipide de l'huile de krill c'est la phosphatidyl choline, ce qui en fait une riche source de choline. La choline joue un rôle important dans le développement du système nerveux, l'apprentissage et la mémoire. La choline est aussi un précurseur de l'acetylcholine un neurotransmetteur lié aux états de relaxation et au sommeil et la choline participe aussi à la synthèse de la trimethylglycine un protecteur hépatique. La phosphatidyl choline coûte environ 16$ les 180 softgel pour avoir le même dosage pendant 6 mois que dans 2 softgel journalier d'huile de krill. L'huile de krill est donc un moyen très coûteux d'obtenir de la choline. On peut aussi obtenir de la choline par d'autres moyens comme la lécithine de soja pour environ 17$ le kg. Il existe toutes sorte de formes de choline plus ou moins assimilables par les cellules, notamment nerveuses, mais c'est un sujet trop complexe pour être examiné en détail dans ce billet. Le TMG, un nutriment dont la synthèse est facilitée par la la choline, est aussi disponible en complément pour un coût modique (240 tablettes de 750mg pour 23$ environ).

Ainsi l'huile de krill nous paraît à l'heure actuelle un produit fort coûteux et dont le prix risque d'amener les utilisateurs à prendre des dosages insuffisantes de DHA et EPA. Son pricipal argument de vente véritable, le fait que l'EPA et la DHA soit sous forme de phospholipides, est tout à fait réel mais ne me semble pas suffisant pour le substituer aux huiles de poisson ni surtout ne doit pas amener à diminuer les dosages d'EPA et de DHA. La seule indication vraiment intéressante serait pour les personnes qui ne digèrent pas les huiles de poisson classiques en gélules et qui pourraient tester leur réaction à ce produit. Par ailleurs la choline peut être apportée par différents suppléments peu coûteux ce qui peut compenser l'essentiel du manque des huiles de poisson sur ce point. Le même argument est encore plus évident pour l'astaxanthine.

A l'heure actuelle je conseille donc au lecteur de Gestion Santé de continuer à utiliser des huiles de poisson bon marché riches en EPA et DHA à des dosages légèrement supérieur à 1g (1000mg) par jour.

Je rappelle au lecteur intéressé que j'ai déjà traité des omega 3 et des EPA et DHA dans différents billets :

- 16/02 - Nouvelle étude sur l'acide gras DHA et la dépression - 07/02 - Lipides efficaces contre l'inflammation et les troubles ostéoarthritique : omega 3 (EPA/DHA), Celadrin et lyprinol - 01/02 - 2) Psychiatrie orthomoléculaire : effet des huiles de poisson sur l'agressivité et sur différents paramètres psycho-biologiques des jeunes enfants en fonction de la nutrition des mères pendant la grossesse - 13/01 : Complémentation en omega 3 - Etude sur la transformation de l'acide alphalinolénique ( ALA) de l'huile de lin dans l'organisme -

Mettre un lien vers ce billet :
http://gestionsante.free.fr/journal_de_bord_0306.htm#15_03_06

5 mars 2006 :

Le Monde évoque la possible toxicité des OGM (suite)

Le 16/12/05 j'avais évoqué les études récentes sur le danger des OGM. Le 11/02 j'étais revenu sur le sujet suite à deux articles du Monde par Hervé Kempf sortis dans l'édition du Monde du 9/02/06. Malheureusement une erreur de manip m'a fait malencontreusement écraser le billet correspondant que je vais tenter de reconstituer de mémoire en y ajoutant quelques infos issues de l'article du 3/03/06 par le même journaliste "L'OMC n'a pas condamné l'Europe pour ses mesures sur les OGM".

Les articles que je commentais s'intitulaient "Nouveaux soupçons sur les OGM" et "Les tests toxicologiques ? Silence, secret industriel...". Par ailleurs Hervé Kempf a donné un chat en libre consultation pour le Monde, "OGM : enjeux et dangers". Je n'avais pas fait ces recherches sur Hervé Kempf avant de rédiger mon billet du 11/02 et je ne savais pas que c'était un bon expert de la question puisqu'il a notamment écrit l'ouvrage "La Guerre Secrète Des OGM" (Seuil, 2003).

L'article "Nouveaux soupçons sur les OGM" m'avait irrité par ses précautions de langage. Néanmoins on y trouvait l'information importante que j'avais exploitée dans mon billet du 16/12, car elle m'avait semblé fondamentale, à savoir que dans une étude australienne sur Pisum sativum "le transfert d'un gène exprimant une protéine à effet insecticide d'un haricot vers un pois avait suscité des problèmes inattendus : chez les souris nourries du pois transgénique, les chercheurs du Csiro (l'équivalent australien du CNRS français) ont constaté la production d'anticorps, qui sont des marqueurs d'une réaction allergénique. L'affaire, qui a fait les gros titres de la presse australienne et anglaise, a conduit le Csiro à arrêter le développement de ce pois transgénique, tandis que le ministre de l'agriculture de l'Etat d'Australie de l'Ouest, Kim Chance, annonçait que son gouvernement financerait une étude indépendante sur l'alimentation d'animaux par des OGM."

Il est intéressant de constater que la presse française grand public intarissable sur les affaires de chiens écrasés n'ait pas trouvé le temps, avant l'article de Hervé Kempf, de nous tenir informé de cette question qui avait fait les gros titres de la presse australienne et anglaise. Seuls les médias alternatifs ont développé le sujet. On trouvera ainsi sous la plume de Jacques Hallard une des meilleures synthèses que j'ai trouvé en français sur cette affaire "OGM : De sérieuses réactions immunitaires à une protéine transgénique".

Il faut savoir que cette affaire de toxicité d'OGM n'est sortie que parce que l'OGM a été développée par un laboratoire de recherche publique et qu'un des chercheurs, spécialiste en toxicologie, à monté un dispositif expérimental astucieux qui a permis de mettre en évidence une réaction inflammatoire inattendue. C'est cette conjonction inédite d'indépendance et d'expertise qui a seule permis de mettre en évidence ce problème. Menée par le privé ou dans un laboratoire public plus conventionnel, il est très probable que le même OGM serait aujourd'hui sur le marché compte tenu de la légèreté des études de toxicité qui s'imposent actuellement aux fabricants. Or les études de toxicologie théoriques et pratiques menées par la recherche publique sont rarissimes alors que la recherche publique mène de nombreuse recherche sur le développement des OGM. C'est une situation paradoxale qui montre l'entrisme des intérêts privés dans le monde de la recherche privée et publique et la façon dont cela provoque une distorsion gravissime dans l'accumulation du savoir scientifique.

Dans son article Hervé Kempf rapportait toutes les études de toxicité inquiétantes qui sortent actuellement sur les OGM et le comportement suspect des autorités de contrôle comme la Commission du génie biomoléculaire (CGB) mise en cause en 2004 par les associations à propos d'un maïs de Monsanto, le MON 863.

Dans son autre article "Les tests toxicologiques ? Silence, secret industriel..." Hervé Kempf rappelle la brièveté des études de toxicité (90 jours) menées sur les rongeurs. Selon lui "L'étude représente un travail important et très coûteux, réalisé par la firme demandeuse". Je suis assez septique sur l'importance de ce coût, mais l'info importante est qu'il soit mené par les fabricants, ce qui expose à des pressions des employeurs sur les chercheurs et des manipulations dans la formulation des résultats.

Par ailleurs, incroyable mais vrai, les dossiers de toxicologie des OGM sont secrets et "A plusieurs reprises, en France, la Commission d'accès aux documents administratifs, saisie par le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique, a enjoint à l'administration de publier les dossiers toxicologiques dont elle avait connaissance. Le gouvernement français s'y est refusé. (...) Pourtant, la directive européenne 2001-18 spécifie que les données concernant la santé ne peuvent être considérées comme confidentielles." Il semble que la transparence ne soit pas d'avantage appliquée non plus ailleurs en Europe (l'article de Hervé Kempf n'est pas complètement clair sur ce point) et que les fabricants en l'absence de réelle volonté de transparence des autorités nationales et européennes face preuve d'une extraordinaire mauvaise volonté tout en jurant évidemment la main sur le coeur qu'ils sont partisans de la plus complète transparence, surtout depuis que la pression des associations commence à porter ses fruits sur ce point ! On retrouve là encore l'incroyable collusion entre pouvoirs publics et multinationales. La discrétion de la presse est également édifiante et elle est pour beaucoup dans la difficulté des associations à faire valoir les intérêts et les droits des citoyens et des consommateurs.

On en revient donc, avec sept ans de perdus, à la situation de 1998 lorsque le chercheur anglais Arpad Pusztai a fait l'objet d'une véritable mise à mort institutionnelle pour avoir mis en évidence le même type de phénomène dont on discute abondamment à nouveau aujourd'hui.

Enfin le 3/03/06 dans "L'OMC n'a pas condamné l'Europe pour ses mesures sur les OGM" Hervé Kempf met en évidence la campagne de désinformation internationale menée sur la pseudo victoire des USA concernant leur contentieux avec l'Union Européenne sur les autorisations des OGM. Ainsi, "Le rapport intermédiaire du panel d'experts désigné par l'OMC a été rendu le 7 février aux parties impliquées dans le conflit. Confidentiel, le document de 1 040 pages n'a pu alors être consulté par aucun organe de presse." La désinformation est partie d'un responsable anonyme américain relayé par divers lobbies pro-OGM et "Le 8 février, les journaux anglo-saxons et français titraient sur la victoire des Etats-Unis, précisant cependant, mais pas toujours, qu'ils n'avaient pas eu accès au document de l'OMC." Le Monde avait par contre utilisé le conditionnel en citant la source américaine de l'information.

Espérons que tout cela traduit un changement d'orientation du Monde et que le titre va traiter avec d'avantage de réactivité et d'objectivité l'important problème de santé publique que constituent les OGM.

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http://gestionsante.free.fr/journal_de_bord_0306.htm#05_03_06

3 mars 2006 :

Strontium et santé de l'os (suite)

Dans notre billet du 26/02) nous nous sommes intéressés au strontium. Ce mois de mars le site vrp.com qui publie une excellente lettre d'information, à laquelle je conseille ceux qui lisent l'anglais de s'abonner, propose un bon article de synthèse sur la question "Strontium : Breakthrough in Bone Health" de Ward Dean, un spécialiste réputé de la supplémentation nutritionnelle aux USA. Ward Dean, rappelle que ce produit présent dans la pharmacopée depuis le XIXeS et a été victime d'un oubli injustifié après les années 1950 et il expose d'autres propriétés possibles et intéressantes du strontium, en sus des données déjà évoquées sur l'ostéoporose dans mon billet précédent. Il rappelle les recherches préliminaires fort intéressantes du Dr. Skoryna (1981) sur les métastases osseuses de cancer (très destructrice pour la structure de l'os) où le strontium semble un intéressant agent protecteur possible. Une recherche sur Pubmed montre que cette recherche ne semble avoir malheureusement fait l'objet d'aucune investigation complémentaire. Des recherches sur les caries montrent que le strontium pourrait jouer un rôle protecteur. Outre son effet bénéfique sur l'os le strontium jouerait aussi un rôle positif intéressant en stimulant sur la synthèse des glycosaminoglycans (cf. billet du 6/12/05) et donc en agissant favorablement sur la santé du cartilage et des articulations.

Cancérologie ton univers impitoyable

Le Figaro dans un article de Jean-Michel Bader du 3/03/06 "Polémique autour de l'Institut national du cancer" évoque de violentes luttes de pouvoir qui se dérouleraient dans le monde de la cancérologie autour du rôle de l'Institut national du cancer (INCA) chargé de coordonner le plan cancer. On sait que selon les régions et les services hospitaliers la qualité des soins en cancérologie et donc la survie des patients varie dans des proportions proprement incroyables. En effet, "la mortalité du cancer varie encore de 1 à 4 d'une région à l'autre" (Source INCA : Institut national du cancer). Le niveau régional ayant un effet de moyennage qui diminue les écarts cela veut dire qu'entre un médiocre service de province et un bon service de la capitale les écarts doivent être encore bien supérieurs !

Tout cela a été mis en évidence dans divers rapports et c'était une des raisons de la volonté de Jacques Chirac de lancer un plan cancer en 2002. Tout cela a abouti (avec beaucoup de retard) à 7 cancéropôles régionaux et un INCA national, architecture qui selon le Figaro "devait permettre la prise en charge globale des soins, créer une masse critique, articuler la recherche et les soins". L'INCA devait avoir un rôle de coordination et d'expertise avec des structure légères (rôle de l'INCA). Apparemment cela ne va pas dans ce sens et la révolte gronde au niveau régional car selon le Figaro l'INCA mettrait en cause l'autonomie prévue des structures régionales et on lui prêterait une volonté hégémonique dans la planification de la recherche et dans l'encadrement des équipes spécialisées dans ce domaine.

L'idée de rationaliser les soins des cancers n'était pas mauvaise en soi mais le risque était de fermer encore plus sur lui-même un monde déjà très replié sur son expertise et sa spécialisation dans un domaine ou n'existe aucun contre expertise citoyenne et démocratique et où la pression des multinationales pharmaceutiques atteint des sommets. Le site de Mercola donne l'exemple de l'Avastin (bévacizumab) un traitement pour le cancer du colon dont le prix pour un an de traitement est de .... 100 000 $ !!!

Les conditions d'évaluation des nouveaux médicaments restent confinées entre une poignée de spécialistes. La gravité du cancer "autorise" les prix les plus délirants imposés par les fabricants et cette dérive fait que les médicaments pour le cancer devraient constituer une des pricipales vache à lait financière des labos de ces prochaines années d'autant que l'innovation pharmaceutique dans les autres secteurs est déclinante.

Le mode de recherche en cancérologie, ultraspécialisé et centré sur la tumeur permet d'oublier la personne souffrante et d'autoriser des nouveaux médicaments qui vont par exemple améliorer de quelques % la régression de telle ou telle tumeur sur des durées très variables. La survie à long terme et la qualité glabale de la prise en charge des personnes est-elle correctement assurée par ailleurs dans ce système hyper technicien, entièrement organisé autour du symptôme tumoral et absolument pas autour de la prévention et de la prise en charge santé globale de la personne sur le long terme ? Bien sûr dira le super spécialiste retranché dans son cancéropôle auquel personne n'est bien sûr plus en mesure d'apporter une quelconque contradiction.

Tout cela aboutit par ailleurs à une privatisation de la recherche et il est quasiment devenu impossible d'évaluer dans des conditions correctes des médicaments anciens, des suppléments nutritionnels et de façon générale tous les traitements non brevetables susceptibles de contribuer à la prévention ou de prolonger la survie des populations traitées pour le cancer. Il faut savoir que des centaines d'études de prévention humaines ou d'intervention animales et humaines sortent en réalité tous les ans sur différents nutriments et elles sont extrêmement suggestives et intéressantes, mais elles ne débouchent quasiment sur aucun protocole de soin compte tenu de la quasi totale privatisation de la pharmacopée qui sert de base à la structure des soins apportés au malade cancéreux.

Dans notre article sur le livre de Phulippe Pignarre "Comment sauver (vraiment) la Sécu" nous avions présenté, en développant un encart de cet auteur, l'exemple de l'EPO (Erythropoïtéine) traitement hors de prix sensé être est un traitement de référence pour les anémies cancéreuses. C'est typiquement un domaine ou l'on devrait étudier de façon systématique la place de la nutrition et des suppléments nutritionnels susceptibles de faire beaucoup mieux pour une toute petite fraction du prix de ce type de traitement. Mais ce n'était là qu'un exemple entre mille.

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http://gestionsante.free.fr/journal_de_bord_0306.htm#03_03_06

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Créé le 01/03/06. Dernière modification le 29/03/06.