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Journal de bord de septembre 2013

La rubrique "Journal de bord" est le point d'entrée sous forme de billets de longueurs variées du site Gestion Santé depuis fin  2005.  Les billets sont éventuellement repris,  regroupés et actualisés sous forme d'article spécifique accessible depuis la page d'accueil lorsque le sujet le justifie. Comme pour les autres dossiers traités ailleurs sur le site j'espère pouvoir apporter des informations intéressantes et souvent difficilement accessibles au non spécialiste et tout cela d'une façon accessible et plaisante si possible ! Bonne lecture...

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25/09/13 - Théorie du vieillissement et recherches sur l'extension de la longévité, perspectives sociales sur le vieillissement de la population et l'accroissement de la longévité, la barrière des 115 ans

25/09/13 - Théorie du vieillissement et recherches sur l'extension de la longévité, perspectives sociales sur le vieillissement de la population et l'accroissement de la longévité, la barrière des 115 ans

Théorie du vieillissement et recherches sur l'extension de la longévité
La sénescence cellulaire
Perspectives sociales sur le vieillissement de la population et l'accroissement de la longévité
La barrière des 115 ans
L’amyloïdose systémique à TTR : l’étrange pathologie qui tue en masse au très grand âge
Complémentation nutritionnelle et amyloïdose systémique à TTR
Conclusion
Quelques conseils actualisés pour la complémentation en curcuma

Théorie du vieillissement et recherches sur l'extension de la longévité

Il sort beaucoup de choses sur le vieillissement en ce moment. On peut vraiment parler de grandes avancées théoriques, mais qui vont dans de très nombreuses directions. On est cependant loin de pouvoir dire que se dégagent des pistes pour des stratégies cohérentes pour rallonger la vie humaine tant ces résultats sont préliminaires et partent dans des directions différentes, sans véritable cohérence entre les approches. On fait des progrès décisifs sur les cellules souches, la création de nouveaux organes en culture, la compréhension des gènes de la longévité, on comprend mieux les mécanismes qui expliquent la longévité exceptionnelle de certaines espèces, etc. mais les applications pratiques sont encore lointaines.

Sur Gestion Santé, nous évoquons régulièrement la possibilité d’approches plus concrètes avec des compléments alimentaires susceptibles de maintenir un bon état de santé et de rallonger la vie. Par exemple nous sommes persuadés qu'une complémentation sur plusieurs décennies avec des cocktails bien dosés d'un multicomplément, des dosages élevés de vitamine C, de vitamine D, des acides aminés pour éviter la fonte musculaire, de la vitamine K2 pour la santé osseuse et neurocérébrale, des cocktails pour la protection des mitochondries, certains médicaments comme la metformine, des hormones comme la mélatonine, ont à la fois des profils de sécurité d'utilisation très élevés et des effets santé avérés pour un prix accessible. Nous donnons au fil de nos pages des conseils d'utilisation et des conseils d'achat, aussi judicieux que possible, des ces différents nutriments.

Il s'agit pour nous de résultats avérés... mais qui sont encore balayés d'un revers de la main par une bonne partie de la communauté médicale qui par ailleurs prétend nous informer en toute objectivité des découvertes concernant les mécanismes de la longévité. Cela montre surtout, à notre avis, dans quelle incohérence interdisciplinaire se réalisent les progrès en cours.

Les protocoles de complémentation sont à intégrer à une alimentation équilibrée et à une pratique sportive bien étudiée. L'articulation alimentation + complémentation avec le sport est en particulier absolument décisive pour atteindre un vieillissement en bonne santé. C’est pourquoi une des rubriques de Gestion Santé s’intitule « Nouvelles perspectives en biologie, physiologie et anthropologie de la santé ».

La recherche sur le sport pour maintenir la santé générale connait un développement marqué ces dernières années. Par exemple Sciences et Vie de septembre 2013 proposait un dossier de quelques pages sur le sport et la santé et le Géo Hors série de septembre - octobre 2013 sur "Le Bien être et le Sport", en tout point remarquable proposait un travail de vulgarisation scientifique et un tour d’horizon très complet sur la question (nous avons évoqué la revue dans notre page sur L'homme meilleur coureur du monde animal).

Les conditions de vie, sur lesquelles nous reviendrons dans la section suivante sont tout à fait décisives également. L’homme vit dans une société concrète avec d’énormes inégalités entre les pays et à l’intérieur même des différents pays, lesquelles ont un impact décisif sur la santé et la longévité.

La sénescence cellulaire

Le vieillissement pose par ailleurs dans le domaine biologique et physiologique des problèmes fondamentaux concernant la sénescence cellulaire. Nous avons publié un billet important sur cette question, "Les cellules sénescentes éléments clé du vieillissement".

Les cellules sénescentes s'accumulent de façon croissante dans les tissus et les organes contribuant de façon décisive au vieillissement. Cela me semble un élément clé dans la lutte contre le vieillissement que de pouvoir mettre en place des protocoles pour se débarrasser sans danger et de façon sélective des cellules sénescentes. Il faudrait développer des marqueurs quantitatifs et qualitatifs de la quantité de cellules sénescentes présentes à un moment donné chez l'animal et chez l'homme et tester des molécules ou des cocktails de molécules susceptibles de les éliminer de façon progressive, sans endommager les cellules saines.

La question de la sénescence conditionne l'efficacité de beaucoup d'autres interventions contre le vieillissement. On peut ainsi évoquer le rôle très important du jeune pour obtenir la destruction sélective des cellules sénescentes.

J'insiste sur cette question parce que l'élimination des cellules sénescentes est une modalité du fonctionnement tissulaire normal qui perd en efficacité avec le vieillissement. Cela pourrait donc être une approche qui serait en situation de continuité avec ce que fait déjà spontanément l'organisme et avec ce que l'on sait déjà faire en pratique médicale courante et qui pourrait avoir un impact majeur sur le vieillissement. Or il faut absolument procéder par étapes en intégrant les approches de façon cohérente dans la lutte contre le vieillissement chaque fois que c'est possible.

A défaut on est dans le domaine de la science fiction et pas dans celui d'une anthropologie médicale réaliste et raisonnée du vieillir lentement et en bonne santé. Or, sur ce sujet comme sur d'autres, la recherche va dans tous les sens, les équipes travaillent chacune de leur côté, obtiennent des résultats, passent à autre chose... la déperdition du savoir est phénoménale et le savoir n’est pas organisé dans la perspective d’une véritable anthropologie de la santé.

De ce point de vue je me sens très éloigné du « transhumanisme » et de sa recherche frénétique de la survie quel qu’en soit le prix et même si cela passe par une déshumanisation accélérée de l’être humain sous prétexte de le « dépasser ». Ce mouvement me semble très en phase avec le chacun pour soi du capitalisme décadent contemporain et avec le développement accéléré des inégalités sociales.

Pour moi et c’est l’optique de Gestion Santé, le bien vieillir est une composante du bien vivre ensemble et d’une société démocratique, solidaire et égalitaire. Cette approche vise à un développement et un épanouissement humain plus complet et à un prolongement de la durée de vie adulte en bonne santé.

Perspectives sociales sur le vieillissement de la population et l'accroissement de la longévité

Les approches impressionnistes et décousues qui prévalent actuellement posent le problème d'une accumulation raisonnée du savoir dans le cadre d'une véritable anthropologie de la santé s'intéressant au maintien de la santé et à la lutte contre le vieillissement.

La société capitaliste mondialisée est dans un tel état de décomposition politique que le développement scientifique et économique ne peut s’y organiser de façon cohérente autour de la satisfaction de besoins humains fondamentaux comme le vieillissement en bonne santé. Le monde de la santé est gangréné par le pouvoir de l'argent. La recherche du profit domine de plus en plus exclusivement dans tous les domaines et les pouvoirs politiques en place dans tous les pays ne pensent qu'à démanteler les systèmes de protections sociales qui sont à l'origine de l'allongement de la longévité au niveau mondial au 20e siècle.

Ce phénomène qui prend les dimensions d'une véritable contre-révolution politique et sociale, va entrainer rapidement une terrible dégradation des conditions de vie de la majorité des personnes âgées au niveau mondial. En Allemagne par exemple, le pays le plus prospère de l’Union européenne, les chercheurs prévoient une baisse dramatique des revenus des retraités avec des millions de personnes âgées qui vont basculer dans les prochaines années dans la grande pauvreté dès qu’ils seront à la retraite. Le même phénomène se développe, à des rythmes différents, partout en Europe et dans le monde, en particulier aux USA.

Le phénomène se conjugue à une dégradation des conditions et modes de vie de l'ensemble de la population. Cela va d'ici peu d'années mettre fin à l'allongement de la durée de vie en bonne santé puis de la longévité générale. Aux USA l’espérance de vie de la population blanche a diminué en 2014 du fait du décès précoce d’un nombre croissant de jeunes adultes confrontés à des conditions sociales de plus en plus désespérantes. Ce phénomène se conjugue dans le même pays avec une augmentation marquée des écarts de longévité entre riches et pauvres et avec une augmentation spectaculaire des taux de suicide chez les femmes.

Le démantèlement des programmes sociaux US démarré suite à la crise de 2008 s’amplifie sans cesse. Dans le pays le plus développé de la planète, on supprime les coupons alimentaires qui permettent à des millions de familles pauvres de boucler leur budget et de nourrir leurs enfants ! Un récent scandale a montré que des milliers d’enfants avaient été sévèrement intoxiqués au plomb et d’autres produits toxiques à Flint suite à des magouilles des élus municipaux et de ceux de l’État du Michigan pour favoriser, en toute connaissance des résultats désastreux qui allaient suivre sur la qualité de l’eau, des opérateurs privés au détriment du service public de l’eau. De nombreuses autres villes des USA présentent aussi de sérieux problèmes de qualité du réseau d’eau potable. C’est le résultat de décennies de coupes sombres dans tous les services publics.

Si ce projet politique s'impose définitivement aux USA, il s'imposera rapidement également dans tous les pays développés pour des raisons de compétition économique où la vie humaine et la variable d’ajustement.

Avec le gangstérisme politique qui règne actuellement sur notre planète et avec l'augmentation croissante des inégalités sociales qui atteint des proportions inédites, tout gain majeur de la longévité que pourrait amener un succès de hasard de la recherche scientifique, sera aussitôt compensé par une augmentation de la mortalité de la population générale par la guerre ou par tout autre moyen aboutissant aux mêmes résultats.

C’est aussi dans ce contexte que de plus en plus de programmes de recherche sur la longévité aux USA sont financés par des dons de milliardaires... soucieux de leur avenir. On voit aussi se développer depuis quelques années une nouvelle forme de marketing sur les compléments alimentaires, du genre vivre 100 ans de plus, ou pourquoi pas mille ans, ou même atteindre l'immortalité. C'est le grand n'importe quoi ! Tout cela est significatif du développement du chacun pour soi et du chacun contre tous, avec son cortège de fantasmes ou l'on prend ses désirs pour des réalités. Tout cela est évidemment très défavorable à une recherche scientifique cohérente et de qualité.

Il faut être conscient que le développement de la longévité et du bien vieillir a atteint ses limites pour la population générale dans le cadre de l'ordre social existant et qu'une révolution politique et sociale majeure sera nécessaire pour de nouveaux développements de la satisfaction des besoins humains fondamentaux dans le domaine de la santé et dans tous les secteurs de la vie humaine.

L'augmentation du nombre d'années de vie en bonne santé par rapport au nombre d'années de vie totale, est un indicateur majeur de la qualité de la vie sur le plan individuel et social et cela permet aussi d'évaluer le succès ou l'échec des politiques de santé publique en terme de coût et d'efficacité. Les évolutions dans ce domaine sont contradictoires, mais montrent des facteurs de risques très inquiétants qui vont rapidement se traduite par une évolution désastreuse dans les années à venir si les politiques de régression sociales en œuvre au niveau international se poursuivent.

L’épidémiologiste anglais Richard Wilkinson a montré de façon détaillée et très démonstrative dans son livre L'égalité c'est la santé ainsi que dans d'autres travaux que les inégalités sociales ont un effet néfaste sur toute les couches sociales de la population y compris les plus aisées. Lire son interview sur rue89.

Tous ces points me semblent important à poser, si on veut que l'intérêt légitime que l'on peut porter au vieillissement en bonne santé et à l'allongement de la vie, ne prenne pas un caractère franchement obscène et dérisoire à force d'égoïsme et de courte vue.

Ceci étant dit, dans le cadre actuel, les personnes, relativement privilégiées, sans être nécessairement aisées, qui s'intéressent à la question pratiquent, dans le meilleur des cas, une intégration raisonnée de pratiques alimentaires saines, d'une bonne hygiène de vie générale, de pratiques sportives adaptées, avec une complémentation nutritionnelle pointue et un suivi médical adapté de leurs problèmes de santé par les approches traditionnelles et / ou complémentaires.

Cette approche mérite d'être défendue au niveau individuel et sociétal car elle est tout à fait éthique. Elle est très bénéfique au niveau individuel et elle est susceptible de permettre au niveau collectif une meilleure santé pour tous à coût constant, car les dépenses supplémentaires qu'elle engendre à titre préventif sont largement compensées par les économies substantielles dans les dépenses lourdes liées aux maladies chroniques et dégénératives évitées. Par ailleurs elle participe à la diffusion d’un « style de vie » et même d’un « art de vivre » bénéfique à tous.

Mais sa mise en œuvre demande de la discipline et de l'organisation car cette approche se fait en luttant contre les tendances lourdes à l'œuvre dans le monde social, car si l'intérêt de telle ou telle composante de ces nouveaux styles de vie est parfois reconnu en parole (mais Gestion Santé évoque aussi régulièrement l'incroyable dévalorisation dans laquelle est tenue la complémentation ou certaines techniques de santé complémentaires de qualité), très peu est fait pour faciliter leur mise en œuvre en pratique de façon cohérente.

La barrière des 115 ans

L’approche intégrative de la santé, telle que nous la défendons ici, en y intégrant des approches originales comme la complémentation nutritionnelle, permet une augmentation très importante des années vécues en bonne santé. Par exemple elle augmente la qualité de la mobilité lors du vieillissement, elle ralentit fortement le vieillissement cérébral et les maladies neurodégénératives. Elle diminue aussi la mortalité précoce liée aux chutes de la vieillesse, aux accidents cardiaques et vasculaires cérébraux, aux cancers, elle améliore l'humeur et lutte contre la dépression, etc.

Certains produits comme la mélatonine, le  coQ10, la metformine, surtout pris avec les coktails de compléments alimentaires sus évoqués et en combinaison avec les bonnes pratiques de santé mentionnées, sont susceptibles d'augmenter également la durée de vie maximum. Mais il est difficile de généraliser les quelques études animales qui le démontrent à l'homme, qui a une durée de vie particulièrement longue pour un mammifère, et de se faire une idée précise des effets que l’on peut en attendre en terme de longévité.

En l'état actuel, le record de longévité humaine prouvé est détenu par la française Jeanne Calment, qui a vécu jusqu'à l'âge de 122 ans et 164 jours. Mais les doyens successifs de l'humanité, c'est-à-dire la personne, il faudrait d’ailleurs préciser, la femme (!!!) qui, à un moment donné, est la personne la plus âgée connue de l'humanité, se heurte à une barrière, presque infranchissable, vers 115 ans. On parle de supercentenaire quand une personne dépasse ses 110 ans.

Cela reste un évènement très rare, à l'échelle de la population humaine. Wikipedia fournit et met à jour régulièrement la très utile "Liste des supercentenaires vivants (vérifiés)" qui ne comporte qu'une cinquantaine de noms et où les hommes constituent moins de 5% de l'effectif (gloubs!).

Sarah Knauss qui est la femme ayant vécu le plus longtemps après Jeanne Calment n'a vécu que jusqu'à 119 ans et seulement trois personnes ont vécu jusqu'à 117. On a ensuite dix personnes ayant atteint 116 ans. Selon wikipedia, qui fournit et met à jour régulièrement la « Liste des personnes ayant vécu plus de 115 ans de façon avérée », "2 % des supercentenaires arrivent à fêter leurs 115 ans, seulement 0,7 % des supercentenaires fêtent leurs 116 ans et 0,4 % des supercentenaires fêtent leurs 117 ans." Quand on consulte la liste de temps en temps, on constate que n’y figurent, le plus souvent, pas plus de cinq personnes vivantes et presque exclusivement des femmes, car il est très rare qu'un homme atteigne 115 ans.

Cet article " Why are there so few people over 115 years of age ?" se pose la même question que nous. Pourquoi alors que Jeanne Calment est décédée en 1997 et que le nombre de centenaires augmente régulièrement et de façon importante, son record n'a-t-il jamais été à nouveau atteint ou même approché ? L'auteur rappelle (traduction G.S. dans la suite) que "Selon le Pr. Stephen Coles, du Gerontology Research Group de l'University de Californie à Los Angeles, la probabilité de mourir une année donnée augmente fortement pour atteindre 50% une fois atteint l'âge de 110 ans et monte à 70% après 115."

Au lieu d'une augmentation des cas de personnes dépassant 120 ans comme cela devrait être statistiquement le cas, "On a à la place une énorme augmentation du nombre de centenaires et peu de changement dans le nombre de ceux qui ont 110 ans ou plus."

Ce phénomène de blocage juste avant le passage à 115 ans explique que la liste des plus de 115 ans ne contienne que 39 noms dont 4 personnes vivantes (au 22/04/16 où j’effectue cette dernière MAJ). Certains auteurs parlent maintenant de « rectangularisation de la courbe de mortalité ». Cela signifie qu’il y a de moins en moins de mortalité jusqu’à un grand âge, puis que les personnes se mettent à mourir en masse, d’où la « rectangularisation » de ladite courbe.

Lire à ce sujet, avec une illustration de la courbe, « While Average Lifespans Increase, 114 Remains A Stubborn And Mysterious Upper Bound. Why? (Alors que la durée de vie moyenne augmente, 114 ans reste une limite supérieure tenace et mystérieuse. Pourquoi ?) ».

Cet article date de 2012 et le phénomène a tendance à se confirmer, comme le confirme cet autre article récent, « Why The Oldest Person In The World Keeps Dying ». Autrement dit le fait d’être centenaire a cessé d’être exceptionnel et on a de plus en plus de supercentenaires, mais ils ont une très forte tendance à mourir au plus tard avant d’atteindre 115 ans.

L’amyloïdose systémique à TTR : l’étrange pathologie qui tue en masse au grand âge

Il est probable que se produisent des effets de seuil, autour de 110 et de 115 ans, en relation avec l'accumulation des effets de la sénescence cellulaire. L'article précité Why are… va toutefois nous ouvrir une importante piste de réflexion sur les mécanismes de dégénérescence qui expliqueraient le phénomène de la barrière des 115 ans :
"Le Pr. Coles a effectué 11 autopsies de supercentenaires et trouver que la plupart décède d'une insuffisance cardiaque congestive secondaire à une “amyloïdose systémique à TTR”, un épaississement du sang. Les autres tendent à inhaler des particules alimentaires et à attraper une pneumonie."

L’auteur qui site le travail du Pr. Coles n’a toutefois pas bien saisi de quoi il s’agissait. En fait, l'insuffisance cardiaque congestive est liée à ce que le cœur n'arrive plus à pomper le sang normalement. Ici se serait une amyloïdose à transthyrétine systémique qui en serait à l'origine. Il ne s'agit pas vraiment d'un épaississement du sang. L'amylose à transthyrétine ( A TTR) est liée à un dysfonctionnement de la transthyrétine (TTR), une protéine très présente dans le plasma et le liquide cérébro-spinal qui constitue le principal transporteur de la thyroxine (T4), une hormone thyroïdienne, et de la vitamine A. Selon wikipedia "L'amylose cardiaque sénile est due aux dépôts de fibrilles dérivées de transthyrétine normale [qui] est spécifiquement observée chez des sujets âgés."

Selon le Pr. Coles, les supercentenaires qu'il a autopsié avaient des organes en relativement bon état mais présentaient tous des amyloses à transthyrétine systémique, avec des débris protéiques envahissant les cellules des parois du système cardiovasculaire. Cela crée un gros stress par occlusion et inflammation sur le système cardiovasculaire qui est à l'origine de l'insuffisance cardiaque congestive puis du décès. Une autre source consultée indique que cette pathologie se retrouve chez 25% des personnes de 85 ans ou plus ayant été autopsiées dans une recherche finnoise sur l'étude des causes de mortalité. Cette pathologie se développe donc très rapidement probablement autour de 80 ans.

Cette pathologie connaît aussi une déclinaison neurologique, et selon la Fondation pour la recherche sur les AVC, «  L’angiopathie amyloïde cérébrale est une autre cause fréquente d’hémorragie cérébrale du sujet âgé. Cette maladie est liée au dépôt d’un peptide (sorte de protéine) dans la paroi des petites artères, notamment celles vascularisant les couches superficielles du cerveau. La rupture de la paroi artérielle fragilisée par cette maladie provoque des hémorragies cérébrales dont la particularité est d’atteindre les régions superficielles du cerveau et de récidiver fréquemment. »

Ces différentes formes d'amylose sont proches des maladies à prion et des plaques de bêta-amyloïdes de la maladie d'Alzheimer. Il s’agit de pathologies qui une fois installée ont tendance à faire boule de neige et à devenir incontrôlables.

Complémentation nutritionnelle et amyloïdose systémique à TTR

Il se trouve que les protocoles de complémentation nutritionnelle actuels sont efficaces pour prévenir ce processus.

Dans un billet de 2007, " Le curcuma et les plaques neuronales dans la maladie d'Alzeimer ", nous avions déjà évoqué les formes non neurologiques d'amyloïdoses systémiques : "Un point intéressant à connaitre et que les dérivés protéiques toxiques en cause ne concernent pas que le cerveau, bien qu'en France on ne parle quasiment jamais des autres formes d'amyloïdose. Un aspect particulièrement insidieux du vieillissement est l’amyloïdose [anglais amyloidosis] un processus lent dans lequel un matériel toxique d'origine protéique se dépose dans des parties variées du corps, en particulier dans le système nerveux, le cœur et le pancréas. Dans le cœur l'amyloïdose peut conduire à une forme non soignable de déficience cardiaque congestive [CHF : Congestive Heart Failure]."

L'extrait de curcuma et bien d’autres produits de bases de la complémentation sont efficaces pour éviter l’enclenchement du processus dévastateur que constitue l’amyloïdose systémique. C'est donc une autre cause du vieillissement systémique qui peut être retardée par ce moyen.

Tout cela conforte, à mon sens, la place de la complémentation même si l'on voit bien que la course contre la dégradation du matériel cellulaire ne peut qu'être retardée par les moyens existants.

Conclusion

Les supercentenaires constituent une microscopique fraction de la population. Les personnes qui utilisent des protocoles cohérents de complémentation et d'optimisation de la santé peuvent légitimement espérer vieillir en meilleure santé que la moyenne de la population et dans une certaine mesure augmenter leur propre limite de longévité. Mais en l'état actuel des connaissances, cela veut probablement dire que nous pouvons espérer ajouter dix à quinze ans à notre durée de vie maximum. Par exemple pour un homme passer de 95 ans à 105 ou 110 ans serait déjà un beau succès surtout si le vieillissement se fait en relative bonne santé générale. Mais pour l'instant la limite des 115 ans restera probablement une barrière quasi infranchissable pour la quasi totalité de la population tant que nous n'aurons pas fait de percée décisive pour éliminer les cellules sénescentes, tout en stimulant suffisamment les cellules souches présentes, pour qu'elles arrivent à remplacer en quantité suffisante les cellules éliminées dans les tissus concernés.

Quelques conseils pour la complémentation en curcuma

De nombreux compléments sont certainement utiles pour lutter contre l’amyloïdose. Depuis 2007 je fais plus particulièrement des recommandations sur l’utilisation du curcuma (lire ici ou ici) C’est l’occasion de confirmer nos recommandations pour la complémentation en curcuma et produits associés. Si les curcumines de la marque MERIVA sur une base de phospholipides, dont j’ai déjà parlé initialement, sont intéressantes, de nouveaux produits plus actifs et efficaces ont fait plus récemment leur apparition que nous recommendons depuis la fin de 2007 et qui correspondent à l'extrait breuveté BCM-95® lequel est distribué par différentes marques, notamment par la Life Extension Foundation (LEF) et plus récemment par EuroPharma qui propose un prix plus attractif chez iherb à dosage quasi équivalent et avec en sus des huiles essentielles apportant des turmérones (voir supra) :

EuroPharma, Terry Naturally, Terry Natually, CuraMed, 375 mg, 120 Softgels pour environ 48$ - Il existe aussi un dosage à 750 mg pour 84€

Par ailleurs, la Life Extension Foundation (LEF) propose depuis quelque temps du curcuma BCM-95® combiné avec du gingembre. Il s’agit de :
Life Extension, Advanced Bio-Curcumin, with Ginger & Turmerones, 30 Softgels.
Le gingembre augmente encore l’activité anti-inflammatoire du curcuma, ce produit étant malheureusement coûteux, environ 21$ les 30 gélules.
En plus du gingembre elle comporte un apport supplémentaire très intéressant en turmérone par rapport aux produits précédemment cités et des phospholipides (pas forcément indispensable par contre) .

Nos prix indicatifs proviennent du site US de iherb, voir présentation du site par Gestion Santé.

Comme me l’a expliqué un médecin belge, qui a étudié la composition de ces produits, le dernier produit cité de la LEF est en fait proche d’une oléorésine de curcuma et de gingembre avec un peu de phospholipides en plus.
L'oléorésine est obtenue par extraction d’un mélange de poudre de curcuma avec de l'éthanol pur (d'autres extracteurs sont possibles), filtré puis évaporé. Il en résulte l'oléorésine, laquelle est constituée de 45% d'huiles essentielles, 35% de curcumine, et 20% de curcuminoïdes divers. Il s’avère que toutes les fractions sont complémentaires et ont une activité thérapeutique synergique. Les composants actifs du curcuma sont en fait très nombreux. Parmi ceux-ci les turmérones participent à l’activation de la curcumine et possèdent aussi des propriétés marquées d’activation des cellules souches neuronales particulièrement intéressantes.

L’article « Turmerone Induces Neural Stem Cell Proliferation » de la revue Life Enhancement apporte des informations très complètes sur la synergie des composants du curcuma et l’intérêt spécifique des turmérones.

La forme huileuse des oléorésines permet une assimilation très importante des principes actifs. Attention, les oléorésines ne sont pas des huiles essentielles. En effet, l'huile essentielle est extraite par distillation et ne contient donc que des principes volatils. Elle ne contient, par exemple, quasiment pas de curcuminoïdes qui ne sont pas volatils par contre l'huile essentielle contient les fameuses turmérones. Certains fabricants utilisent indifféremment les 2 termes (huile essentielle à la place d'oléorésine) ce qui entretient la confusion terminologique.

Un de mes correspondants a testé les oléorésines indiennes très économiques de lalaessentialoils (curcuma ) et gingembre (ginger) comme alternative super économique au produit de la LEF. Attention, le site propose aussi des huiles essentielles, nettement plus chères, ne pas confondre ! Prévoir toutefois les frais de port et éventuellement de dédouanement.

Pour pouvoir absorber sans trop de difficulté le mélange d'oléorésine de curcuma et gingembre, si on se tourne vers ces produits, on pourra envisager de diluer ces oléorésines dans de l'huile d'omega-3 en bouteille ("Fish Oil Liquid") et / ou des "Medium Chain Fatty Acids" d'huile de coco,, également bénéfiques pour la santé.

Merci à F.H., jeune médecin bruxellois, qui m'a apporté, il y a quelques temps déjà, de précieuses informations sur l'intérêt et les spécificités de l'oléorésine du curcuma.

Pour être précis le produit de LEF ci-dessus mentionné n'est pas une oléorésine, mais un produit composite, qui semble être un extrait de curcumine auquel a été ajouté des turmérones et les fractions associées provenant d'une huile essentielle + du gingembre et des phospholipides. Le résultat est un dosage plus élevé en curcumine par rapport à une oléorésine simple, mais pour le reste il s’agit d'un produit relativement proche.

Le produit précité d'Europharma est aussi excellent puisqu'"il contient des curcumines + des turmérones, mais ne contient pas de gingembre

Dommage qu'aucun fabricant n'ait pensé pour l'instant à proposer un sofgel d'oléorésine de curcuma et de gingembre qui pourrait être très bon marché et facile à prendre comme complément. En effet l'utilisation des oléorésines si elle est très économique reste un peu compliqué sous forme d'huile en vrac pour une complémentation journalière.

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Créé le 26/09/13. Dernière modification le 30/04/16.